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Archives

Le pissenlit, un trésor méprisé qui pousse chaque printemps

Quelques pissenlits poussent dans un champ.

Le pissenlit, plante mal-aimée, possède beaucoup de qualités surprenantes.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Chaque printemps, l’apparition des pissenlits fait rager celles et ceux qui désirent avoir une pelouse impeccable pour border leur maison. Pourtant, comme le montrent nos archives, cette plante détestée possède de multiples vertus surprenantes.

Une plante alimentaire et médicinale…

« Ils poussent partout, envahissent nos parterres. On les considère comme des mauvaises herbes et on ne sait plus quoi faire avec. Une solution? Les récolter pour y goûter. »

— Une citation de  Andrée Langlois, 2006

Saviez-vous qu’il existe 1500 variétés de pissenlits dans le monde?

Reportage de la journaliste Andrée Langlois sur les vertus alimentaires et médicinales du pissenlit.

Le 14 juin 2006, la journaliste Andrée Langlois, de l’émission L’épicerie, nous propose d’explorer les qualités alimentaires de cette plante mal-aimée.

C’est la botaniste Edith Smeesters qui nous fait découvrir les multiples qualités culinaires du pissenlit.

Il faut comprendre que le pissenlit appartient à la même famille que la chicorée ou les laitues. C’est donc un légume-feuille qui, comme ses parentes, est excellent en salade.

Les feuilles de pissenlit sont moins amères quand elles sont cueillies avant la floraison.

On peut les cuisiner pour les intégrer dans des potages ou dans des quiches, par exemple.

Quant aux boutons des fleurs, ils peuvent être marinés pour être transformés en câpres.

Les feuilles de pissenlit sont très nutritives.

Elles contiennent, à poids égal, autant de vitamine C qu’un citron, plus de fer que les épinards et presque le double de vitamine A que la carotte.

Edith Smeesters souligne par ailleurs les vertus médicinales du pissenlit.

Une décoction de la racine de cette plante est très diurétique et dépurative.

Elle est notamment utilisée pour éliminer l’excès d’eau partiellement responsable de l'excès de poids et pour nettoyer les foies et les vésicules biliaires encrassés.

Saviez-vous que le pissenlit est aussi cultivé? C’est notamment le cas à Saint-Hyacinthe, au Québec.

Le pissenlit exploité par les maraîchers résulte d’un croisement, ne produit pas de fleurs, et ses feuilles ont un goût plus doux que celles des variétés sauvages.

… qui pourrait contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique

« Il y a longtemps qu’on ne reconnaît plus de vertus aux pissenlits. Pour se convaincre du contraire, il faut voir ce champ à Notre-Dame-de-Lourdes, dans le Centre-du-Québec. »

— Une citation de  Rachel Brillant, 2013

Reportage de la journaliste Rachel Brillant et du réalisateur Michel Dumontier sur la fabrication de caoutchouc naturel avec des racines de pissenlits russes.

Le 9 mars 2013, la journaliste Rachel Brillant et le réalisateur Michel Dumontier nous proposent un reportage à La semaine verte qui nous fait voir le pissenlit sous un tout autre jour.

Errol Duchaine anime l’émission.

À Notre-Dame-de-Lourdes, Martin Trépanier, chercheur à l’Université Laval, fait pousser des pissenlits dans un champ.

Mais pas n’importe quels pissenlits. Les protégés de Martin Trépanier sont des pissenlits russes.

Le pissenlit russe possède une caractéristique intéressante : ses racines peuvent contenir jusqu’à 10 % de latex.

La moitié du caoutchouc utilisé est fabriquée à partir d’une plante appelée l’hévéa.

À l’époque, une maladie décimait les hévéas dans les pays producteurs d'Asie du Sud-Est. On la combattait avec beaucoup d’insecticides et de pesticides.

L’autre moitié de la production de caoutchouc est fabriquée avec des énergies fossiles, notamment du pétrole. Ce pétrole synthétique est coûteux et polluant.

Durant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs pays, dont l’Union soviétique et le Canada, coupés de l’approvisionnement de caoutchouc naturel provenant d’Asie du Sud-Est, s’étaient tournés vers le pissenlit russe pour combler leurs besoins en caoutchouc.

Martin Trépanier souhaite remettre sur le marché un caoutchouc naturel produit avec les racines de cette plante.

En plus de constituer un produit durable, le caoutchouc fabriqué avec des racines de pissenlit russe est plus élastique, plus résistant et moins allergène que le caoutchouc synthétique.

Plusieurs laboratoires aux États-Unis et en Europe s’intéressent aussi au pissenlit russe.

Mais en 2013, produire du caoutchouc avec cette plante coûtait plus cher que de le faire avec du pétrole.

L’idée a donc été quelque peu abandonnée.

Cependant, dans le contexte de la lutte pour réduire l’utilisation des énergies fossiles et de la hausse du prix du pétrole, le caoutchouc produit grâce aux racines de pissenlit pourrait trouver preneur.

C’est notamment le cas de l’industrie aéronautique, qui s’intéresserait de nouveau aux propriétés de cette plante.

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