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Difficile, l’école à la maison pour une famille de nouveaux arrivants

Sophie Wazilondeala devant sa maison, un bébé dans les bras.

Durant la journée, Sophie Wazilondeala s'occupe habituellement de ses deux plus jeunes enfants, dont Jael, 1 an. À partir de mercredi, elle devra aider ses six autres enfants à faire l'école à la maison.

Photo : CBC / Walther Bernal

Radio-Canada

Les écoles de Winnipeg et de Brandon passeront à l’enseignement à distance mercredi. Si plusieurs parents jonglent avec leurs horaires depuis l’annonce des autorités sanitaires dimanche, une nouvelle arrivante demande de l’aide alors qu’elle se prépare à rester à la maison avec ses huit enfants.

Sophie Wazilondeala, 36 ans, passe habituellement ses journées avec ses deux plus jeunes enfants. Mais, à partir de mercredi, elle devra en plus s’occuper de l’école à distance de ses six autres enfants, âgés de 5 à 19 ans.

Je réalise que les enfants trouvent l’apprentissage en ligne difficile, déclare Mme Wazilondeala, en faisant remarquer que ses enfants, qui sont peu familiers avec l’anglais, ont besoin d’un contact rapproché avec les professeurs.

Originaire de la République démocratique du Congo, la famille de Sophie Wazilondeala est arrivée au Canada en ayant le statut de réfugié il y a près de cinq ans.

Comme sa langue maternelle est le swahili et qu’elle apprend elle-même toujours l’anglais, Mme Wazilondeala n’est pas en mesure d’aider ses enfants. C’est un très gros défi, explique-t-elle

Sophie Wazilondeala avec son bébé, devant Elodie Furaha, de part et d'autre d'une clôture.

Sophie Wazilondeala parle en swahili, avec des traductions d'Elodie Furaha, qui travaille avec l'organisme d'aide aux réfugiés Hospitality House.

Photo : CBC / Walther Bernal

À cela viennent s’ajouter des problèmes avec la technologie, qui compliquent l’accès aux liens que les enseignants ont déjà commencé à envoyer pour diriger les parents et les élèves vers le matériel pédagogique.

Seulement deux des six enfants ayant reçu un ordinateur portable pour les cours, il faudra partager, précise Mme Wazilondeala.

J’ai l’impression qu’ils n’apprennent pas comme ils le devraient, poursuit-elle.

Mme Wazilondeala aimerait que les enseignants donnent les leçons plus lentement, ainsi que les explications pour trouver le matériel.

La pandémie entraîne d’autres difficultés pour la famille. Le mari de Mme Wazilondeala travaille moins d’heures en tant qu’aide-soignant, et comme tout est fermé, les enfants sont enfermés dans la maison la plupart du temps et mangent beaucoup, affirme la mère de famille.

Les écoles mieux préparées que la dernière fois

Entre-temps, à la Division scolaire Seven Oaks, l’École communautaire Elwick, qui accueille des élèves de la maternelle à la 8e année, se dit mieux préparée qu’au printemps 2020 à passer à l’enseignement à distance.

La directrice, Lorelei Bunkowsky, affirme que les parents n’étaient pas nécessairement surpris par la fermeture des écoles aux élèves, mais qu’ils ont quand même des questions sur le fonctionnement de l’enseignement à distance, le matériel pédagogique et l’équipement requis.

Nous voulons rencontrer les familles où elles sont, affirme-t-elle. Si une famille a besoin d'un traitement particulier et de pouvoir venir en personne, nous ferons notre possible pour combler ses besoins. Si une famille dépend de notre école pour se nourrir, nous pouvons aider, explique-t-elle.

À l’heure actuelle, l’enseignement à distance doit seulement durer trois semaines. Toutefois, vu le nombre de jours d’école restants, Lorelei Bunkowsky se demande où les élèves finiront leur année scolaire.

De son côté, Justine Lamorena, une élève d'Elwick, est plutôt contente de ne pas avoir à aller à l’école. Cependant, elle restera à la maison et se concentrera surtout sur ses devoirs, sans appeler régulièrement ses amis pour les voir une fois les classes terminées, comme elle l’aurait fait la dernière fois qu’elle faisait l’école à la maison.

Quant à Vaaman Sethi, 12 ans, il reconnaît que l’enseignement à distance est plus sécuritaire, mais il dit que cela lui manquera de ne pas voir ses amis à Elwick.

La province envisage d’ouvrir la vaccination aux plus de 12 ans d’ici la fin du mois. Si ses parents le lui permettent, Vaamen Sethi aimerait se faire vacciner.

Les autorités sanitaires espèrent que les élèves retourneront en classe en juin. Mme Wazilondeala cultive cet espoir. Les résultats scolaires de sa fille aînée, dit-elle, qui veut devenir infirmière, ont déjà commencé à baisser.

Avec les informations d’Erin Brohman

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