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Levée de boucliers aux États-Unis contre une version d'Instagram pour enfants

Des enfants portant des sacs d'école utilisent des téléphones cellulaires.

De nombreuses voix s'élèvent contre Facebook et son projet d'Instagram pour enfants.

Photo : getty images/istockphoto / dolgachov

Agence France-Presse

La plupart des États américains ont appelé lundi le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, à abandonner le projet de créer une version d'Instagram pour les moins de 13 ans, invoquant les risques pour la santé mentale des plus jeunes.

La recherche montre une corrélation entre l'utilisation des réseaux sociaux et la hausse de la détresse psychologique et des comportements suicidaires au sein de la jeunesse, argumentent les procureures et procureurs généraux de 44 États dans une lettre adressée au fondateur du géant californien.

Les juristes citent des études montrant les torts causés par la comparaison permanente avec ses pairs, comme les troubles de l'alimentation telles l’anorexie et la boulimie.

On mentionne aussi les dangers du harcèlement en ligne par d'autres ados ou des adultes aux intentions criminelles, et assure que les enfants ne maîtrisent pas suffisamment les codes numériques – quelles photos et quels messages peuvent être publiés en ligne, qui risque de les voir, le caractère permanent de ces contenus, etc.

« Les réseaux sociaux ne sont pas seulement des outils puissants qui peuvent nuire aux plus jeunes, ce réseau social pourrait en plus faciliter la tâche aux prédateurs. »

— Une citation de  Letitia James, procureure de l'État de New York

Facebook a un passif négatif en matière de protection de la sécurité et de la vie privée des enfants sur sa plateforme, poursuivent les juristes.

Des voix s’élèvent

À la mi-avril, une coalition internationale de spécialistes des droits de l'enfant avait déjà envoyé une lettre en ce sens à Mark Zuckerberg.

Si la collecte de précieuses données familiales et la fidélisation d'une nouvelle génération d'utilisateurs et utilisatrices d'Instagram sont sans doute bonnes pour le bilan financier de Facebook, cela va probablement augmenter l'utilisation d'Instagram par de jeunes enfants particulièrement vulnérables aux fonctions de la plateforme favorisant la manipulation et l'exploitation, expliquait la Campagne pour une enfance sans publicité (Campaign for a Commercial-Free Childhood, CCFC), un collectif qui milite contre le marketing ciblant les enfants.

Instagram requiert actuellement un âge minimum légal de 13 ans pour s'inscrire, tout comme Snapchat et TikTok.

Nous avons tout juste commencé à explorer une version d'Instagram pour les ados et les plus jeunes, avait confirmé en avril Stephanie Otway, une porte-parole de Facebook.

La réalité, c'est que les enfants sont déjà en ligne, remarquait-elle, avant de préciser qu'il n'y aurait pas de publicité dans cette application, et que la sécurité et le respect de la vie privée des jeunes internautes seraient la priorité.

L'application, qui compte plus de 1 milliard d'adeptes dans le monde, a récemment présenté une technologie visant à empêcher les moins de 13 ans de créer un compte et à bloquer les adultes qui tentent de contacter des enfants qu'ils et elles ne connaissent pas.

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