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L'aripiprazole stimule le jeu problématique, affirment des chercheurs québécois

Un tapis de jeu de casino avec des jetons, et des mains en train de se saisir de tous les jetons

Un jeu de table dans un casino

Photo : iStock

La Presse canadienne

Un médicament souvent prescrit à des jeunes en proie à un premier épisode de trouble psychotique augmente fortement le risque de développer des comportements de jeu problématiques, estiment des chercheurs de l'Université Laval.

Le chercheur Olivier Corbeil, de la Faculté de pharmacie, signale que l'aripiprazole est très fréquemment prescrit parce qu'il est bien toléré et parce qu'il est administré par injection mensuelle. Ses effets sont durables et l'adhésion au traitement est meilleure, précise-t-il.

Or, les Facultés de pharmacie et de médecine, de même que l'École de psychologie de l'Université Laval, ont étudié le lien entre ce médicament et le jeu problématique chez des jeunes de 18 à 30 ans inscrits à un programme de suivi après un premier épisode de trouble psychotique.

Ils ont observé que parmi les 14 patients qui ont développé des comportements de jeu problématique après leur recrutement dans le programme, 12 prenaient de l'aripiprazole.

Dans un groupe témoin comparable, mais où aucun problème de jeu n'a été détecté, 34 % des 56 patients prenaient ce médicament.

En éliminant l'effet de certains facteurs favorisant le jeu problématique, les chercheurs arrivent au constat que la prise d'aripiprazole augmenterait d'environ 8,6 fois le risque de jeu problématique.

Dans un article publié par l'Université Laval, Olivier Corbeil explique que l'aripiprazole agirait sur la dopamine et la sérotonine qui interviennent dans le système de récompense et dans les comportements impulsifs et compulsifs. À son avis, c'est particulièrement problématique pour les jeunes qui ont un premier épisode de trouble psychotique parce qu'ils sont enclins à développer des dépendances.

M. Corbeil rappelle que la dépendance au jeu n'est pas un effet secondaire comme les maux de tête ou d'estomac. Les patients n'associent pas spontanément ce comportement avec la prise du médicament.

Le chercheur prévient toutefois que davantage d'études sont nécessaires pour bien identifier les patients les plus à risque de développer l'effet indésirable et ainsi ne pas priver des jeunes d'une option pharmacologique fort utile.

L'étude des huit chercheurs de Québec est publiée par la revue médicale CNS Drugs.

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