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Trop tôt pour un plan de déconfinement basé sur la vaccination, estiment les experts

Une dame reçoit une injection dans le bras.

Le plan de réouverture de la Saskatchewan doit agir comme un incitatif pour la population à respecter les mesures sanitaires et à se faire vacciner. Le Manitoba dit travailler à un plan similaire.

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Radio-Canada

Les autorités sanitaires du Manitoba disent qu'elles suivent l'exemple de l’approche de la Saskatchewan pour un éventuel plan de déconfinement basé sur des cibles de vaccination. Cependant, des experts affirment qu’il est trop tôt pour envisager une telle stratégie, trop ambitieuse pour le moment.

La semaine dernière, la Saskatchewan a publié un plan de réouverture graduelle en trois étapes, qui prévoit la levée de certaines restrictions dès la fin du mois de mai, si les cibles de vaccination fixées par le gouvernement sont atteintes.

Lundi, le premier ministre manitobain, Brian Pallister, a indiqué que la province travaille sur un plan similaire, afin de donner une lueur d’espoir à la population.

Je veux en voir un [plan] pour que les Manitobains comprennent ce qu’ils doivent faire pour arriver là où nous devons aller. Quand pourrons-nous souper avec notre mère? Quand pourrons-nous recevoir un couple d’amis dans notre cour?, a-t-il dit en conférence de presse.

C’est ainsi que nous motiverons les Manitobains à se faire vacciner et c’est ainsi que nous créerons de l’espoir à un moment où les gens en ont besoin, a ajouté le premier ministre.

Brian Pallister assis à un bureau de conférence de presse.

Brian Pallister croit que la vaccination donne de l'espoir aux personnes déçues par un troisième confinement.

Photo : La Presse canadienne / David Lipnowski

Le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin, a précisé que le plan serait similaire à celui de la Saskatchewan, mais qu'il prendra aussi en compte la capacité hospitalière et la situation épidémiologique de la province.

Pour la phase 1, 70 % de la population âgée de plus de 40 ans devront avoir reçu une première dose de vaccin. Une proportion de 70 % des personnes de plus de 30 ans devra avoir reçu une première dose pour la deuxième étape. Pour la dernière étape, 70 % des personnes de 18 ans et plus devront avoir été vaccinés.

Le plan prévoit des assouplissements spécifiques à chaque étape.

Un plan prématuré

Toutefois, des médecins de la Saskatchewan critiquent le plan de leur province, du moins pour le moment.

Je crois que c’est prématuré. En fait, je crois que c’est un pari, déclare Nazeem Muhajarine, professeur au Collège de médecine de l’Université de la Saskatchewan.

Les données ne montrent pas qu’une cible de 70 % des gens qui ont reçu la première dose d’un vaccin à deux doses est un bon critère pour soutenir un plan de réouverture dans n’importe quelle province

Selon le professeur de santé communautaire et d’épidémiologie, un plan de réouverture serait envisageable une fois que la population aurait reçu la deuxième dose, bien qu’il reconnaisse l’importance de susciter de l’espoir chez cette dernière, qui éprouve la fatigue de la pandémie.

La priorité reste d’accélérer la campagne de vaccination et de maintenir le confinement tant que le nombre de cas ne baisse pas de façon durable, particulièrement avec l’inconnue que représentent les variants du coronavirus, signale-t-il.

Alex Wong, spécialiste des maladies infectieuses à Regina, croit lui aussi que le plan de réouverture est prématuré, tout en se réjouissant que sa province crée des incitatifs à la vaccination.

Cela donne un objectif concret, reconnaît-il. Le problème, c’est qu’il est très difficile de savoir avec certitude à quoi ressemblera exactement l’échéancier.

Dangereux de faire des promesses

Les communications de la santé publique, et en particulier celles qui donnent du contexte et des preuves, sont d’une importance capitale dans la lutte contre la COVID-19, selon Michelle Driedger, professeure de l’Université du Manitoba et experte en communication du risque en santé publique.

Or, les communications n’ont pas été très convaincantes jusqu’à maintenant au Manitoba, déplore-t-elle.

Michelle Driedger donne l’exemple des informations des autorités sanitaires concernant la transmission dans les écoles, qu’elles disaient peu fréquentes. Comment la province pouvait-elle faire cette estimation? Il est important de donner ce genre d’information pour que la communauté adhère aux recommandations, explique-t-elle.

Si elle convient que l’espoir serait utile aux Manitobains pour traverser le confinement actuel, elle craint que le modèle de la Saskatchewan ne soit trop ambitieux.

Il est un peu dangereux de faire des promesses [...] si nous n’avons même pas le portrait complet de la situation dans notre pays, conclut-elle.

Avec les informations de Rachel Bergen

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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