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Une fusillade fait neuf morts dans une école en Russie

Un policier monte la garde devant l'école.

Un jeune homme a ouvert le feu vers 9 h 30, heure locale.

Photo : Getty Images / AFP / Roman Kruchinin

Radio-Canada

Au moins sept élèves, une enseignante et une seconde adulte ont été tués mardi matin lors d'une fusillade dans une école de Kazan, grande ville du centre de la Russie, où un tireur âgé de 19 ans a été appréhendé, ont indiqué les autorités locales.

Nous avons perdu sept jeunes, des élèves, soit quatre garçons et trois filles. De plus, nous avons perdu une enseignante. Et nous avons perdu une autre femme. Au total, nous avons perdu neuf personnes, a déclaré Roustam Minnikhanov, président du Tatarstan, république russe à majorité musulmane, dont Kazan est la capitale.

Les services de secours cités par les agences de presse russes avaient précédemment affirmé qu'il y aurait eu jusqu'à 11 morts.

Plusieurs autres personnes, en majorité des mineurs, ont été blessées. Les autorités régionales ont précisé que 20 personnes, dont 18 mineurs, avaient été hospitalisées. Parmi elles, six mineurs sont dans un état grave et aux soins intensifs, a déclaré leur porte-parole Lazzat Khaïdarov.

Les victimes hospitalisées ont entre 7 et 62 ans, a indiqué l'agence de presse locale Tatar-inform.

Des agents des forces de l'ordre et des ambulances dans une école en Russie.

Le déroulement du drame

Un jeune homme a ouvert le feu vers 9 h 30, heure locale, sur ses camarades de l'école numéro 175, qui compte 1049 élèves du primaire et du secondaire, ainsi que 57 employés, selon le ministère local de l'Enseignement.

On ignore pour l'heure le mobile du tireur. Il semble qu'il ait eu des explosifs avec lui, en plus d'une arme de chasse – un fusil Hatsan Escort de fabrication turque. Sur une photo, on le voit en tenue paramilitaire noire, avec un cache-cou sur lequel est écrit Dieu en russe en lettres rouges.

Nous avons entendu une explosion dans le bâtiment de l'école, nous voyons une forte fumée, a raconté un témoin, non identifié, cité par l'agence Ria Novosti.

J'étais en classe, j'ai d'abord entendu une explosion, puis des coups de feu, a confirmé à l'agence TASS une élève de l'école.

Tout le monde s'est mis à paniquer et à crier : "fermez les portes!" Environ une minute plus tard, c'est le professeur qui a crié : "Nous fermons les portes!" a relaté un élève au site russe Mediazona. Nous sommes sortis environ 15 minutes plus tard, pas par les fenêtres. Je voulais le faire, mais le professeur a immédiatement fermé la fenêtre et a dit non, a-t-il dit.

Certains élèves ont pu s'échapper du bâtiment pendant l'attaque, tandis que d'autres sont restés coincés à l'intérieur.

Des images vidéo diffusées par des témoins sur les réseaux sociaux montrent des enfants ou des adolescents sautant des fenêtres du bâtiment de trois étages pour s'enfuir, pendant que retentissent des coups de feu. La télévision russe a affirmé que deux élèves étaient morts en sautant du deuxième étage.

D'autres images montrent des blessés ensanglantés, allongés dans l'herbe, en train de recevoir de l'aide.

Des vidéos montrent également un jeune homme plaqué au sol par un policier à l'extérieur de l'établissement scolaire, ainsi que des véhicules de services d'urgence et des personnes courant vers le bâtiment.

Des dizaines d'ambulances se sont alignées à l'entrée de l'école après l'attaque, et l'accès au bâtiment a été clôturé par la police.

Les élèves ont finalement été évacués et ils ont pu retrouver leur famille.

Roustam Minnikhanov au téléphone devant l'école.

Le président Roustam Minnikhanov s'est rendu sur place.

Photo : Reuters / Présidence du Tatarstan

En possession légale d'une arme à feu

Un assaillant a été arrêté et son identité a été déterminée. Il s'agit d'un habitant de la région, a révélé le Comité d'enquête de Russie dans un communiqué, disant avoir ouvert une enquête pour meurtre, ce qui semble exclure dans l'immédiat un mobile d'ordre terroriste.

Selon le dirigeant du Tatarstan, le suspect arrêté était âgé de 19 ans. Il avait un permis de port d'armes, a dit Roustam Minnikhanov à la télévision publique, en évoquant une catastrophe.

La police russe a diffusé une vidéo d'une partie de son interrogatoire. On le voit torse nu, couvert de sang, menotté et allongé dans une cellule, se livrant à un monologue haineux. Il y clame avoir prémédité son acte, car il déteste tout le monde, et affirme être Dieu, mais évoque aussi Satan.

Le jeune homme avait lui-même fréquenté l'école numéro 175 dans le passé. Une école où il faisait des études d'informatique a déclaré aux agences russes que ce garçon calme et pas agressif venait d'être expulsé pour ne pas s'être présenté aux examens.

Il avait publié sur les réseaux sociaux des messages laisser présager son geste.

D'après, Lilia Galamova, la porte-parole de la présidence du Tatarstan, il y avait un seul assaillant, les informations faisant état de deux sont fausses.

En réponse à la fusillade, le président Vladimir Poutine a ordonné un passage en revue des règles autorisant le port d'armes en Russie. Néanmoins, le contrôle des armes y est déjà considéré comme plutôt strict.

Le président a ordonné que soit élaboré d'urgence un nouveau cadre concernant le type d'armes autorisé à la circulation au sein de la population civile en tenant compte du type utilisé lors de la fusillade à Kazan.

Une citation de :Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin

M. Poutine a également présenté ses condoléances aux familles des victimes

Le Kremlin a annoncé l'envoi de Moscou à Kazan d'un avion spécial avec des médecins, des psychologues et du matériel médical. Il a aussi promis un examen de la sécurité dans les écoles.

Les autorités du Tatarstan ont annoncé pour leur part le renforcement des mesures de sécurité dans les autres écoles de la ville, de même que l'instauration d'un régime antiterroriste qui permet un déploiement de forces plus important.

Une journée de deuil a par ailleurs été décrétée pour mercredi dans la petite république.

Une minute de silence a été observée par le gouvernement mardi, et les prochains matchs de la Coupe de soccer de Russie, dimanche, dont sa finale, commenceront également par un tel moment de recueillement.

Kazan, ville de plus de 1,2 million d'habitants, est située environ 700 kilomètres à l'est de Moscou.

Une escouade entre dans le bâtiment.

Des équipes spéciales de la police sont rapidement intervenues.

Photo : Associated Press / Présidence du Tatarstan

Fusillade la plus meurtrière en 3 ans

Ce genre de drame est relativement rare en Russie, bien que les incidents violents impliquant des élèves y soient en augmentation depuis quelques années.

Il s'agit de la plus grave fusillade dans une école russe depuis 2018, lorsqu'un élève âgé de 18 ans avait tué 19 personnes avant de se donner la mort dans une école de Kertch, ville de la péninsule ukrainienne de Crimée que la Russie a annexée en 2014.

Là aussi, le tireur avait été armé d'un fusil Hatsan Escort.

Le président russe Vladimir Poutine avait blâmé la mondialisation pour cette tuerie, estimant que le phénomène des fusillades dans les écoles provenait des États-Unis.

En novembre 2019, un élève a été tué et trois autres ont été blessés par un camarade, qui s'est ensuite donné la mort dans un lycée technique à Blagovechtchensk, petite ville d'Extrême-Orient russe à la frontière chinoise.

Les autorités ont aussi affirmé avoir déjoué ces dernières années des dizaines de projets d'attaques d'établissements scolaires, des affaires impliquant souvent des adolescents.

En février 2020, les services de sécurité (FSB) ont ainsi arrêté deux jeunes, nés en 2005 et de nationalité russe, qui étaient actifs sur divers sites Internet où ils faisaient l'apologie de meurtres et du suicide. Selon les enquêteurs, ils prévoyaient d'attaquer un établissement scolaire à Saratov, sur la Volga.

D'autres fusillades ont endeuillé la Russie, bien souvent sur des installations militaires et le fait de conscrits ayant subi le bizutage de pairs.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, Associated Press, et BBC

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