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Québec solidaire demande à la CAQ d'interdire les « rénovictions »

Gros plan de Vincent Marissal.

Vincent Marissal, porte-parole de Québec solidaire en matière d'économie (archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Québec solidaire demande au gouvernement Legault d'interdire la pratique croissante des « rénovictions », ou à tout le moins d'émettre un moratoire, le temps de dresser un état des lieux.

Le député solidaire de Rosemont, Vincent Marissal, était en compagnie des locataires d'un immeuble de 24 logements dans sa circonscription montréalaise, lundi, pour dénoncer cette pratique.

Ces ménages doivent partir pour le 1er juillet, en pleine pandémie, en pleine crise du logement, a-t-il dit, faisant valoir que dans sa seule circonscription, les locataires de 18 immeubles vivent la même situation.

C'est la loi de la jungle.

Une citation de :Vincent Marissal, député solidaire de Rosemont

On prend des gens qui habitent un quartier, qui ont élevé leur famille ici et, du jour au lendemain, on fait une manœuvre comptable et légale pour acheter l'immeuble, on évince tout le monde, on rénove, souvent de façon assez cosmétique, et on loue après à deux fois le prix, a-t-il pesté en entrevue avec La Presse canadienne.

Avis d'éviction après 26 ans

Gladis Osorio habite le même immeuble depuis 26 ans avec son conjoint.

Le 22 mars, on a reçu un avis d'éviction. On nous disait qu'on devait partir de nos appartements pendant huit mois minimum et que le propriétaire devait faire des réparations majeures, mais dans la liste qu'on nous a donnée, ce sont juste des réparations à l'extérieur, le toit, changement des fenêtres, mais rien à l'intérieur de nos appartements, mentionne-t-elle.

Une affiche dénonçant les rénovictions placardée sur une fenêtre d'un immeuble.

Le député Vincent Marissal de Québec solidaire a participé à une conférence de presse lundi à l'immeuble au coin Saint-Zotique et Saint-Michel à Montréal afin de dénoncer le phénomène des rénovictions.

Photo : Facebook / Vincent Marissal

Les propriétaires lui ont d'abord offert un peu plus de 2600 $ de compensation. Devant son refus – et celui de tous les locataires – ils sont revenus à la charge une fois le délai expiré. Ils lui ont offert 4500 $ et un congé de loyer pour les mois de mai et juin, mais cette fois avec aucune possibilité de ravoir leur logement.

Gladis Osorio et ses voisins ont donc pris le taureau par les cornes, mais sont désormais dans l'incertitude la plus complète.

On s'est informés. On sait que le renouvellement de bail est automatique puisqu'il n'y a pas eu d'avis d'augmentation, affirme Mme Osorio.

Le 1er avril, les propriétaires ont fait la demande au tribunal administratif du logement et on est en attente d'une convocation.

Partout au Québec

C'est comme ça un peu partout au Québec, fait valoir Vincent Marissal, et les dernières données de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) lui donnent raison, notamment en ce qui a trait à la crise du logement.

Ces données montrent des taux d'inoccupation inférieurs à 3 % dans presque toutes les villes de la province, certaines affichant même des taux oscillant autour de zéro. Or, l'équilibre est considéré comme étant atteint lorsqu'il est à 3 %. Sous ce niveau, il manque de logements.

C'est complètement fou. Le marché est complètement éclaté et on laisse faire des propriétaires véreux qui n'ont absolument rien d'autre dans la tête que de faire le maximum de fric, dénonce le député.

La première demande de Québec solidaire n'est toutefois pas d'interdire les rénovictions.

La première des choses à faire, la plus simple, c'est de reconnaître qu'il y a une crise du logement.

Une citation de :Vincent Marissal, député solidaire de Rosemont

On ne fait pas cette joute politique avec la CAQ juste pour le plaisir de la joute politique. Si on n'est pas capable de reconnaître qu'il y a un problème, on ne sera jamais capable d'amener des solutions, mais ça prend de la volonté politique, lance le député de Rosemont.

Autres mesures

Outre le moratoire sur les rénovictions, Québec solidaire réclame aussi un contrôle des loyers sévère comprenant un gel des loyers pour cette année et l'année prochaine, en plus d'un registre des loyers et d'une taxe anti-flip, soit un fort taux d'imposition aux acheteurs qui prennent possession d'un logement juste pour rénover et revendre ou relouer plus cher.

Ces gens sortent du logement locatif du marché, rénovent souvent de façon superficielle, et après ils revendent l'année suivante deux, trois fois le prix.

Une citation de :Vincent Marissal, député solidaire de Rosemont

La formation politique estime qu'il faut également profiter de l'absence de touristes pour ramener des logements qui servent maintenant à engraisser leurs propriétaires encore plus rapidement avec des revenus de tourisme par le biais de plateformes de type Airbnb pour les retourner dans le marché locatif là où la crise du logement est la plus sévère.

Villes en situation de pénurie et taux d'inoccupation de plus de 10 000 habitants :

  • Montréal (RMR) : 2,7 %
  • Québec : 2,7 %
  • Gatineau/Ottawa : 1,6 %
  • Saguenay : 2,8 %
  • Sherbrooke : 1,3 %
  • Trois-Rivières : 1,3 %
  • Drummondville : 1,8 %
  • Granby : 0,2 %
  • Rimouski : 0,9 %
  • Saint-Hyacinthe : 0,6 %
  • Amos : 1,1 %
  • Gaspé : 1,5 %
  • Îles-de-la-Madeleine : 0 %
  • Marieville : 0,1 %
  • Montmagny : 2,4 %
  • Mont-Laurier : 0,7 %
  • Roberval : 1,7 %
  • Sainte-Adèle : 1,3 %
  • Sainte-Agathe-des-Monts : 1,3 %
  • Alma : 0,9 %
  • Cowansville : 1,8 %
  • Joliette : 0,5 %
  • Lachute : 1,5 %
  • Matane : 2,0 %
  • Rivière-du-Loup : 1,3 %
  • Rouyn-Noranda : 1,1 %
  • Saint-Georges : 0,6 %
  • Sainte-Marie : 0,4 %
  • Sorel-Tracy : 2,5 %
  • Val-d'Or : 0,9 %
  • Salaberry-de-Valleyfield : 1,7 %
  • Victoriaville : 1,8 %

 

Source : SCHL

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