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La direction de l'ITAQ s'installera à Saint-Hyacinthe plutôt qu'à La Pocatière

L'édifice de l'ITAQ à La Pocatière.

Le gouvernement a adopté un décret, en avril, déterminant que le siège social de l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ) était à Saint-Hyacinthe au grand dam des élus de La Pocatière.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Un décret publié le 28 avril dernier dans la Gazette officielle du Québec établit que le siège social du tout nouvel Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ) sera situé à Saint-Hyacinthe. Des élus du Kamouraska et de La Pocatière ne cachent pas leur déception.

Le projet de loi 77, adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale en mars dernier, rassemble les campus de Saint-Hyacinthe et de La Pocatière en une seule et même institution, l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ) qui offrira de la formation collégiale dans les domaines agricole et agroalimentaire techniques de niveau collégial.

Il sera aussi possible pour le nouvel ITAQ de développer des programmes universitaires ou de formation professionnelle de niveau secondaire.

L’ITAQ aura un statut similaire à celui, par exemple, de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec.

Auparavant, l’ITA de La Pocatière comme l’ITA de Saint-Hyacinthe étaient des entités administratives du ministère de l’Agriculture, dont le siège social est à Québec.

À partir du 1er juillet, la direction générale de l’ITA ainsi que le siège social seront centralisés à Saint-Hyacinthe. La direction pourra se déplacer, selon les besoins, au campus de La Pocatière.

La Pocatière sous l'égide de Saint-Hyacinthe

Au Kamouraska, bien que la nouvelle loi répond aux souhaits de plusieurs élus qui demandaient plus d’autonomie pour l’ITA de La Pocatière, le choix d'installer le siège social à Saint-Hyacinthe en déçoit plus d'un.

La nouvelle a notamment été accueillie avec consternation par le préfet Yvon Soucy, ainsi que par les maires de La Pocatière, Sylvain Hudon, et de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, Rosaire Ouellet.

La pancarte de l'Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière

L'Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière

Photo : Radio-Canada / Jérôme Lévesque-Boucher

Ces derniers indiquent que La Pocatière est le berceau de l’enseignement agricole au Canada et que la formation en agriculture y est offerte depuis 1859. Il me semble qu’on aurait pu maintenir le siège social où tout a commencé, commente Rosaire Ouellet, maire de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et ancien directeur de l’ITA.

Les trois élus y voient un affront pour la région, mais craignent surtout pour l’avenir du campus de La Pocatière.

D’évidence, puisque la loi a été adoptée et le décret publié, il n’y a plus grand-chose à faire, commente Rosaire Ouellet qui a déjà dirigé les deux campus de l’ITA.

Un C. A. aux couleurs régionales?

Sylvain Hudon admet qu’il souhaitait que le gouvernement en profite pour tenir ses promesses sur la décentralisation. Ça aurait été une occasion en or de nous dire que c’était un plus pour nous autres. Le monde agricole dans la Côte-du-Sud et dans le Bas-Saint-Laurent, c’est très fort, relève le maire de La Pocatière.

Les trois élus demandent maintenant au ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, de protéger l’enseignement de l’agriculture en garantissant que la présidence du conseil d’administration de l’ITA soit occupée par une personne, reconnue pour son leadership, qui réside dans la Côte-du-Sud.

Ils souhaitent de plus qu’il y ait autour de la table un plus grand nombre d’administrateurs en provenance de la région. Il y en a qui vont dire que c’est un prix de consolation, mais non, ça nous permettra d’avoir une vision provinciale de la production, souligne Rosaire Ouellet.

Une étable au campus de l'ITA à La Pocatière.

Une étable au campus de l'ITA à La Pocatière.

Photo : Radio-Canada / ICI Radio-Canada

L’ancien directeur de l’ITA fait valoir que l’agriculture des régions est bien différente de celles des basses terres du Saint-Laurent, où est située Saint-Hyacinthe, où dominent les cultures du maïs grains ou horticoles. On sait que l’agriculture régionale avec le fourrage, les petites céréales, ça se passe surtout en région. Ici, on serait plutôt en agroenvironnement, en agrotourisme.

Dissidence

Un autre ancien directeur des campus de La Pocatière et de Saint-Hyacinthe, André Simard, est d’un tout autre avis et félicite le ministre André Lamontagne d'avoir sorti l’ITA du carcan de la fonction publique .

L’institution, dit-il, aura plus de latitude pour se développer à son plein potentiel. Il a fait œuvre utile pour les prochaines années. Il a été audacieux, je salue son initiative, souligne M. Simard. Il rappelle que sous l’ancienne formule, il n’y avait pas de conseil d’administration et que le siège social était ni plus ni moins que le bureau du sous-ministre responsable.

Il ajoute qu’il est un peu tard d’ailleurs pour s’inquiéter du siège social de l'Institut de technologie agroalimentaire puisque le projet loi, déposé en novembre, a fait l’objet de consultations. Si les élus avaient des préoccupations, c’était le temps de le faire valoir, observe M. Simard. Il est normal, selon lui, que le campus où étudient les deux tiers de la clientèle soit celui de la direction générale.

Une école pour tout le Québec

Le ministre André Lamontagne soutient que cette loi ne vise qu’à donner des moyens et de la flexibilité à l’ITAQ pour garantir son développement et sa prospérité.

Il s’agit aussi, relève le ministre, de mettre fin aux incertitudes qui planaient sur l’avenir de l’institution. L’ITA aura tous les leviers pour prendre des décisions. On met l’avenir, les choix à faire de l’ITA dans les mains de l’ITA avec son conseil d’administration, sa commission des études. C’est ça le projet. Les gens de La Pocatière devraient être fiers et réconfortés par cette décision. C’est tout un univers qui vient de s’ouvrir pour l’ITA.

André Lamontagne, ministre de l'Agriculture.

André Lamontagne, ministre de l'Agriculture.

Photo : Radio-Canada

André Lamontagne refuse de s’engager à nommer de manière préférentielle des gens de la Côte-du-Sud comme membres du conseil d’administration de l’ITAQ. Ce n’est pas quatre personnes d’un bord et quatre autres de l’autre bord, dit-il.

Le Conseil d’administration sera formé de huit personnes indépendantes qui s’ajouteront aux sept membres du personnel et du corps étudiant de l’ITAQ. Mon premier critère, précise le ministre, c’est de m’assurer que ce sont des gens qui ont un intérêt pour la formation, des gens qui ont un intérêt pour l’agroalimentaire, des gens qui ont des compétences et qui vont avoir une chose à cœur, c’est de faire la meilleure [sic]ITA au monde.

Le ministre rappelle qu’il est spécifié, dans la nouvelle loi, que l’ITAQ doit nourrir la spécificité de chacun de ses campus.

L’ITA, ce n’est pas Saint-Hyacinthe, ce n’est pas La Pocatière. L’ITA, c’est notre école nationale qui se veut notre vaisseau amiral en formation bioalimentaire.

Une citation de :André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

Pour assurer la transition vers une école nationale, Québec versera 4 millions de dollars de plus à l’ITAQ. De plus, selon le ministre, des travaux évalués à plusieurs millions de dollars seront effectués dans les prochains mois pour consolider les installations du nouvel institut.

Avec la collaboration de Patrick Bergeron et de Maude Rivard

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