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Envoyé spécial

Inde : la fièvre du cricket malgré la pandémie

Pour de nombreux Indiens, le cricket est devenu un refuge afin d'échapper aux horreurs de la deuxième vague qui terrasse le pays.

Un homme de dos s'avance sur le terrain tandis qu'un autre joueur lance la balle.

De jeunes hommes disputent une partie de cricket à Lucknow, capitale de l'État indien de l'Uttar Pradesh.

Photo : Radio-Canada / Philippe Leblanc

LUCKNOW, Inde – L'Inde demeure l'épicentre mondial de la pandémie avec près de 400 000 nouveaux cas déclarés chaque jour depuis deux semaines. Cette deuxième vague mortelle a forcé la prestigieuse ligue professionnelle indienne de cricket (IPL) à suspendre ses activités en plein tournoi, la semaine dernière.

Des plages de Mumbai aux bidonvilles de Lucknow et de Bangalore, en passant par les rues de Delhi ou de Calcutta, on entend partout le même son distinctif : le contact du bâton avec la balle, suivi de cris de joie et d'admiration.

Lorsque l'étouffante chaleur indienne s'estompe en fin de journée, des milliers de jeunes sortent armés de bâtons et de balles pour jouer au cricket.

Inde : la fièvre du cricket, malgré la pandémie

Les écoles sont fermées en raison de la pandémie, explique Muhammad sur un terrain improvisé d'un bidonville de Lucknow, dans le nord du pays. J'en profite pour passer encore plus de temps que d'habitude ici.

Pour beaucoup de jeunes Indiens, le cricket est devenu un refuge afin d'échapper aux horreurs de la deuxième vague qui terrasse le pays.

Je suis heureux ici, affirme Imanchu en brandissant son bâton. J'aime retrouver mes amis ici chaque jour. J'aime faire un bon contact avec la balle.

Philippe Leblanc en Inde

Pendant six semaines, notre nouveau correspondant en Asie sillonne l'Inde pour nous parler du pays le plus peuplé de la planète après la Chine.

Retrouvez tous ses reportages dans notre dossier spécial.

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En Inde, où la foi et les dissensions religieuses façonnent la vie, on dit que le cricket est la religion officieuse du pays. Les jeunes passionnés les plus fortunés peuvent pratiquer leur sport favori dans des centres de formation comme la Cricket Academy of Pathans.

Shovani fait partie de cette académie de Lucknow depuis deux ans. Il a 14 ans et il a découvert le cricket lors d'un pique-nique avec des amis, il y a quelques années. Il ne vit maintenant que pour s'améliorer et il rêve de représenter son pays sur la scène internationale un jour.

Mon bâton est comme une épée, dit-il, des éclairs dans les yeux. Avec lui, je me sens invincible.

Une dizaine d'hommes sont éparpillés sur un terrain de cricket.

Pour bien des jeunes, percer au cricket serait une façon de sortir de la pauvreté. Les joueurs professionnels en Inde gagnent des millions de dollars.

Photo : Radio-Canada / Philippe Leblanc

Motivation ultime, un grand nombre de jeunes Indiens rêvent de sortir de la pauvreté grâce au cricket. L'Indian Premier League est la sixième ligue sportive la plus puissante de la planète, après la NFL et les grandes ligues de soccer en Europe.

Les joueurs sont aussi populaires que les grandes stars de Bollywood et gagnent des salaires de quelques millions de dollars, en plus des revenus publicitaires.

Je rêve moi aussi de jouer dans l'IPL, confie l'entraîneur de l'académie, Vivay. J'ai 22 ans et je continue de progresser.

L'Indian Premier League devait offrir une distraction, des moments quotidiens de répit pendant la pandémie dans un pays où les résidents de plusieurs grandes villes sont confinés. Les activités ont finalement été suspendues la semaine dernière, le 4 mai, après que des membres des équipes de Calcutta et d'Hyderabad eurent été infectés, même si la ligue avait créé une bulle sanitaire pour les joueurs.

Le cricket fait partie de la culture, mais de plus en plus d'Indiens s'opposaient à la tenue du tournoi et préféraient que les stades soient transformés en centres d'isolement pour les victimes de la pandémie.

La ligue reprendra plus tard, affirme un partisan au micro de la télévision indienne près de Lucknow. Il est plus important de sauver notre pays et nos citoyens en ce moment.

Dans les parcs et les terrains improvisés du pays, on continue à jouer au cricket, cependant. La ferveur demeure aussi forte, pandémie ou pas.

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