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Pénurie d’infirmières : « la langue ne compte plus », dit la PDG de Vitalité

France Desrosiers croit que les réseaux de santé devront collaborer davantage.

La PDG du Réseau de santé Vitalité, France Desrosiers.

La PDG du Réseau de santé Vitalité, France Desrosiers, en entrevue par vidéoconférence le 10 mai 2021.

Photo : Radio-Canada

La présidente-directrice générale du réseau de santé Vitalité, France Desrosiers, défend sa décision de faire appel aux hôpitaux anglophones pour assurer l’offre continue de services habituellement offerts dans les hôpitaux francophones du Nouveau-Brunswick.

Lors d’une entrevue sur les enjeux causés par la pénurie d’infirmières au Centre hospitalier universitaire Dr.-Georges-L.-Dumont à Moncton, France Desrosiers a affirmé que la situation était grave et que la sécurité des patients était plus importante que l’offre de soins en français.

Est-ce qu’on est en mesure d’offrir des soins? Tout à fait. Et on est en mesure de gérer le risque. Quand on parle de sécurité des patients et de capacité, la langue ne compte plus. Le plus important c’est la sécurité de nos patients , a dit France Desrosiers.

Il va falloir penser à nos soins de façon différente et va falloir continuer, plus que jamais, à collaborer entre nous.

Une citation de :France Desrosiers, PDG du Réseau de santé Vitalité

Selon elle, les deux réseaux de santé seront appelés à collaborer davantage pour être en mesure de continuer à offrir des services de qualité aux Néo-Brunswickois.

L’entraide elle est continue entre les deux réseaux. On souhaite que ça va toujours être comme ça. Il y a des communications régulières, pour ne pas dire journalières, entre les deux directions des deux hôpitaux. Dans le futur, mon opinion, c’est que tous les partenaires devront s’entraider avec la crise de ressources humaines qui est annoncée , explique-t-elle.

France Desrosiers ajoute que le recrutement de personnel est un enjeu partout au pays, mais qu’il est encore plus complexe au Nouveau-Brunswick.

On est doublement minoritaire : minoritaire au niveau de la langue et minoritaire parce qu’on est une région éloignée. Il faudrait définitivement, au niveau de la province, que ceci soit reconnu et qu’on ait des appuis supplémentaires pour reconnaître et notre ruralité et nos réels compétiteurs au niveau du recrutement francophone.

Des patients redirigés vers les hôpitaux anglophones

La fin de semaine dernière, dans la région de Moncton, les ambulances étaient redirigées vers l’Hôpital de Moncton (géré par le réseau anglophone Horizon) plutôt qu’au CHU Dumont (géré par le réseau francophone Vitalité).

Cette situation est une conséquence du manque d’infirmières au CHU Dumont. Des mesures exceptionnelles pour désengorger l’établissement ont été mises en place au cours du dernier mois.

Le service d'urgence du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, à Moncton

Le service d'urgence du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, à Moncton

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Au mois d'avril, des patients atteints de la COVID-19 à l’Hôpital régional d'Edmundston (géré par Vitalité) ont également été envoyés à l'Hôpital régional Dr Everett Chalmers à Fredericton (géré par Horizon), en raison du nombre trop élevé de malades aux soins intensifs du premier établissement.

France Desrosier croit cependant que ces deux scénarios sont très différents.

Il y a une différence sur ce qui s’est passé à Edmundston et ce qui s’est passé à Moncton en fin de semaine , dit-elle. 

À Edmundston on a eu une éclosion avec un niveau d’hospitalisation jamais vu dans la province - et qui avec le prorata de la population dépasse la situation à Montréal - et avec tout ça on a eu à transférer deux patients, précise-t-elle. On aurait pu les transférer à Bathurst, où les patients auraient reçu leurs soins en français, on a choisi de le faire à Fredericton, pour le bien des patients, c’était plus proche.

Elle ajoute que les hôpitaux des deux réseaux de santé ont l'obligation d'offrir des soins dans les deux langues officielles.

Vitalité prévient que la situation sera difficile au CHU Dumont au moins jusqu'en juillet.

D'après une entrevue de Marie-Hélène Lange

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