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Des installations temporaires pour les CPE oui, mais il faut trouver du personnel

Québec solidaire propose de créer des micro-CPE pour répondre aux besoins des régions. Des jouets et des enfants en arrière plan.

Québec solidaire avait proposé de créer des "micro-CPE " pour répondre aux besoins des régions.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’idée d’accueillir des enfants en attente de places en centres de la petite enfance (CPE) dans des installations temporaires est bien perçue dans l’Est-du-Québec. Toutefois, certains intervenants soulignent que la pénurie de personnel demeure criante et pourrait nuire à la réalisation de cette solution proposée par le ministère de la Famille.

Les CPE qui ont des projets de construction ou d’agrandissement en marche pourront utiliser des locaux temporaires en attendant la concrétisation de leur projet.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a profité de l’ouverture d’une première installation du genre au Québec, au CPE de la Baie, au Centre Bonne Aventure ce matin, pour en faire l’annonce officiellement.

Une salle avec des équipements pour enfants.

Les locaux du Centre Bonne Aventure convenaient aux besoins du CPE de la Baie.

Photo : collaboration CPE de la Baie

À Bonaventure, 32 places octroyées pourront être déployées dès la fin des travaux, mais en attendant, 26 enfants peuvent fréquenter des locaux temporaires, et ont donc leur place huit mois plus tôt que prévu.

Le maire de Bonaventure, Roch Audet, s’est dit fier de cette réalisation qu’il qualifie d’innovante. Il a rappelé au ministre que c'est une démarche parmi d'autres pour assurer le développement de sa ville.

Ici et dans toutes les régions du Québec, on vit deux problématiques majeures, les services de garde et l’hébergement. On travaille ces deux dossiers-là de front et on a des résultats ce matin. On a d’autres projets à vous proposer et j’espère que vous aurez la même écoute, a lancé le maire au ministre Lacombe.

Le ministre invite les autres CPE qui ont des projets en marche à profiter de cette opportunité.

Nombre de places en développement actuellement :

  • Bas-Saint-Laurent : 365 places
  • Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine : 152 places
  • Côte-Nord : 173 places

Source : Association québécoise des centres de la petite enfance

Pourquoi pas plus de responsables de services de garde?

Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, voit cette possibilité comme un plus mais se dit surtout préoccupé par le manque de personnel.

Réjean Porlier lors d'une entrevue à l'extérieur.

Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier

Photo : Radio-Canada

Il aurait aimé que le Ministère travaille sur le manque de ressources en milieu familial.

On parle de 180 places, dont les permis sont déjà octroyés, qu’on pourrait combler rapidement s’il y avait des responsables intéressées. On en a perdu beaucoup en raison de la COVID, rappelle-t-il.

Il manquerait donc une trentaine de responsables de services de garde en milieu familial à Sept-Îles.

Le gros point sur lequel le gouvernement doit bouger rapidement, c’est la valorisation de l’emploi dans les services de garde. C’est la première pénurie de main-d'œuvre dont on devrait se soucier.

Une citation de :Réjean Porlier, maire de Sept-Îles
Des pancartes avec des slogans pour la valorisation de la profession d'éducatrice derrière lesquelles se tiennent des femmes, des hommes et des enfants.

Des éducatrices et des parents ont manifesté dimanche, un peu partout au Québec, contre le manque de place en garderie et la dévalorisation de la profession.

Photo : Radio-Canada

Des projets annoncés mais pas encore retenus à Rimouski

Il faut trouver des solutions rapides au manque de place et de travailleurs, indique pour sa part le maire de Rimouski, Marc Parent.

Il rappelle que 166 places ont été annoncées il y a quelques mois, mais que les projets ne sont pas retenus. Ils ne pourraient donc profiter de ces installations temporaires.

Une centaine de places ont été annoncées en 2019 et il n’y a eu aucune pelletée de terre. Donc personne ne peut venir cogner à notre porte à l’heure actuelle.

Une citation de :Marc Parent, maire de Rimouski

Il ajoute que la Ville de Rimouski dispose de locaux qui pourraient convenir, mais que la décision de les offrir temporairement appartient au conseil municipal.

Comme Réjean Porlier, Marc Parent se demande où on trouverait le personnel pour ces installations.

Des enfants jouent dans la cour du CPE de Rivière-du-Loup.

Des enfants au CPE de Rivière-du-Loup.

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

Quant à la mairesse de Rivière-du-Loup, Sylvie Vignet, elle indique que les CPE de sa ville sont moins touchés par le manque de main-d'œuvre et de locaux pour le moment, mais que des recherches sont tout de même en cours, au cas où aurait des dossiers seraient acceptés. Mais ce n’est pas simple, dit-elle. Il y a des critères à respecter. C’est incertain, mais c’est une belle possibilité de donner un service aux parents plus rapidement.

Elle croit aussi que les candidatures pour les responsables de services de garde en milieu familial doivent être valorisées et favorisées.

Pour sa part, la directrice générale du CPE de Matane, Brigitte Desrosiers, ne voit que du bon dans cette solution pour soulager les parents.

Elle n’a pas encore fait de démarches, mais envisage de le faire si la Municipalité disposait de locaux répondant aux normes.

Le CPE matanais a deux installations. Une troisième, un projet de 80 places qui est dans les cartons depuis 10 ans, sera ouverte cet automne. Les enfants qui doivent fréquenter la quatrième installation, cette fois de 70 places dont l’ouverture est prévue en 2022, pourraient profiter d’une installation temporaire.

Toutefois, comme le maire de Sept-Îles, Brigitte Desrosiers souligne la rareté du personnel.

Québec répond ainsi à une suggestion de l’Association québécoise des CPE qui proposait cette solution pour faire face au manque criant de places en garderies.

Rappelons que 51 000 enfants sont en attente d’une place actuellement au Québec.

Une dizaine de projets d'installations temporaires seraient en élaboration ailleurs au Québec.

Avec la participation de Michaële Perron-Langlais

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