•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une nouvelle étude pour tenter de prévenir les naissances prématurées

L'an dernier, au Canada, plus de 8 % des bébés sont nés prématurément.

Des pieds de bébé avec un moniteur cardiaque.

Un des objectifs est de trouver un moyen de déterminer le plus tôt possible si une femme enceinte est à risque.

Photo : iStock

Émilie Javeri

Plus de 40 scientifiques et chercheurs de l’Université de Calgary s’associent pour étudier les facteurs à l’origine des naissances prématurées. Ils vont pour ce faire suivre 4000 femmes enceintes.

L'initiative est financée par la Calgary Health Foundation et la Fondation de l’Hôpital pour enfants de l’Alberta à hauteur de cinq millions de dollars sur cinq ans.

Notre objectif est d’essayer de prédire et de prévenir les naissances prématurées autant que possible, résume le PDG de la Calgary Health Foundation, Mike Meldrum.

Une naissance est dite prématurée lorsque l'enfant naît avant 37 semaines de grossesse.

Selon les données les plus récentes de l’Institut canadien d’information sur la santé, en 2019-2020, 8,1 % des naissances recensées au Canada étaient prématurées. L’Alberta faisait partie des provinces avec un taux au-dessus de la moyenne, soit 8,8 %.

Facteurs de risque

En janvier 2020, à Calgary, Molly Wilding a donné naissance à son premier enfant, Gianna, née à 23 semaines et 6 jours de grossesse.

Elle ne pesait que 600 grammes, se souvient la mère de famille. Je n’avais jamais vu un être humain si petit.

J'étais une jeune femme en bonne santé et qui ne présentait aucun facteur de risque [...] Ça a été un choc.

Une citation de :Molly Wilding, mère d'une petite fille née prématurément

Dans 50 % des cas, nous ne savons pas du tout pourquoi [il y a eu une naissance prématurée], souligne Donna Slater qui codirige l’étude. Elle est professeure agrégée à l’Université de Calgary et spécialiste de biologiste moléculaire.

Pour tenter de mieux cerner les facteurs causant un accouchement prématuré, les chercheurs vont suivre 4000 femmes enceintes à Calgary et dans le sud de la province. Nous les suivrons durant leur grossesse et jusqu’à un an après la naissance de leur enfant, précise M. Meldrum.

Ses femmes devront notamment faire des prises de sang et répondre à des questionnaires. Les pères ou partenaires sont eux aussi invités à participer.

Les chercheurs espèrent tout d’abord mettre au point un test sanguin qui permettra d’identifier plus rapidement les grossesses à risque.

Donna Slater.

Donna Slater, de l'Institut de recherche de l'Hôpital pour enfants de l'Alberta, espère que cette étude servira partout dans le monde.

Photo : Institut de recherche de l'Hôpital pour enfants de l'Alberta.

Une autre piste d’étude fait appel à l’intelligence artificielle afin de traiter toutes les données recueillies au travers des questionnaires. Grâce à ces informations, on espère pouvoir développer un algorithme qui permettra de donner un taux de risque personnalisé pour chaque femme enceinte, dit la Dre Slater.

En effet, plus tôt on s’aperçoit qu’une femme est à risque, plus on a de temps pour intervenir, souligne-t-elle.

Les chercheurs veulent là aussi expérimenter plusieurs pistes de solution. L’une d’elles est de proposer aux femmes enceintes à risque un soutien régulier par téléphone, car nous savons que le stress et la dépression font partie des facteurs qui peuvent causer une naissance prématurée.

Conséquences à long terme

Les enfants nés prématurément ont plus de chances d’avoir des problèmes de développement du cerveau ou un handicap physique par exemple, rappelle Donna Slater. Le risque de décès est également plus élevé.

Bien évidemment, cela dépend du stade auquel le bébé est né. Entre 25 semaines de grossesse et 36 semaines, il y a une grande différence au niveau du développement.

Rien qu’une ou deux semaines de plus dans l’utérus peuvent vraiment faire une énorme différence pour le bébé.

Une citation de :Donna Slater, professeur à l'Université de Calgary

Selon la Calgary Health Foundation, sur les 17 250 bébés qui naissent chaque année dans la métropole albertaine, environ 1550 sont prématurés et plus de 1200 sont admis dans une unité de soins intensifs néonatals.

Gianna par exemple y a passé cinq mois. Mais quand vous quittez les soins intensifs, vous ne laissez pas tous les problèmes de santé derrière vous comme par magie, tient à ajouter sa maman.

Si aujourd’hui Gianna n’est plus sous oxygène, n’a plus de sonde gastrique et marche à quatre pattes, ses parents viennent d’apprendre qu’elle va avoir besoin de lunettes.

Nous continuons de découvrir de nouvelles complications. Nous ne connaissons vraiment pas toutes les conséquences à long terme de sa naissance prématurée, déplore Molly Wilding.

Gianna et ses parents avec leur chien devant leur maison.

Aujourd'hui, Gianna va mieux, mais ses parents ne connaissent pas encore toutes les complications dont elle risque de souffrir à plus long terme.

Photo : Famille Wilding

C'est pour cela qu'elle est si reconnaissante que cette nouvelle étude ait été lancée. Elle espère que cela évitera à de nombreux enfants et parents de vivre la même chose. Cela a été les jours les plus terrifiants de notre vie, soupire-t-elle.

Je sais à quel point cela peut être stressant pour les familles, confirme Mike Meldrum. J'ai moi-même eu un fils il y a 23 ans qui a eu besoin de soins intensifs en unité néonatale.

Le PDG de la Calgary Health Foundation précise que cette initiative a pour but d’améliorer la santé des enfants, le bien-être des familles, mais également de réduire les coûts que ces naissances prématurées et leurs conséquences à long terme font peser sur la communauté.

Et tout cela pourrait servir bien au-delà de Calgary, espère Donna Slater, car les naissances prématurées sont un problème à l'échelle de la planète, pas seulement en Alberta.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !