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Kevin J. Johnston, le candidat à la mairie de Calgary qui inquiète

Avertissement : ce texte contient un langage qui pourrait choquer certains lecteurs.

Kevin J. Johnston.

Kevin J. Johnston, qui fait face à des accusations de crime haineux, pourrait bientôt recevoir la liste des adresses de tous les électeurs, car il est candidat à la mairie de Calgary.

Photo : Youtube

Radio-Canada

Kevin J. Johnston, qui cherche à publier les informations personnelles des employés de Services de santé Alberta, est sur le point d’avoir accès à une liste contenant les noms et adresses de toutes les personnes en âge de voter dans la ville.

M. Johnston, connu pour organiser et donner des discours lors de rassemblements d’extrême droite qui s’opposent aux restrictions sanitaires du gouvernement, va, en sa qualité de candidat à la mairie de Calgary, recevoir les informations personnelles de tous les électeurs le jour suivant la fermeture des nominations en septembre.

L’homme fait déjà face à des accusations d’agression en Colombie-Britannique et à des accusations de crime haineux en Ontario. À plusieurs reprises, il a menacé en ligne d’obtenir les adresses d’employés de Services de santé Alberta (AHS), dans le but de se présenter chez eux armé.

Contacté par CBC, M. Johnston affirme ne pas avoir formulé ces menaces. Ce que j’ai fait, c’est une promesse, corrige-t-il.

Sur ces réseaux sociaux, Kevin J. Johnston affirme clairement être antimasque, antivaccin, et nie l’existence de la COVID-19. Dans son collimateur : les employés d’AHS, le maire de Calgary, Naheed Nenshi, et les agents de la police municipale.

Il cible notamment une employée d’AHS et a demandé à ses milliers d’abonnés de trouver son adresse. Il a également publié des photos d’elle, en compagnie de son mari et de ses enfants, même s’il précise qu’il a flouté le visage de ces derniers.

Dans son balado diffusé sur Internet, samedi, il a dit aux employés d’AHS qu’ils allaient tous être arrêtés. Si l’escouade tactique SWAT ne vient pas, c’est simple, je vais me munir d’armes et je vais venir à vos portes, a-t-il lancé.

Il y a quelques semaines, M. Johnston a publié un message à l’attention des employés d'AHS affirmant avoir obtenu sept adresses de résidence personnelle. Il a affirmé qu’il souhaitait ajouter leur nom et adresse à une action en justice et qu’ensuite, il distribuerait les documents, tout en précisant que la divulgation de données personnelles, communément appelée doxxing, est légale.

La police de Calgary inquiète

La police de Calgary se dit extrêmement inquiète que les informations personnelles de ses membres et d’autres membres de la communauté soient bientôt en la possession de candidats aux élections municipales. Ils affirment travailler avec la Ville pour en limiter la diffusion.

Dans un courriel, elle reconnaît que ses membres, ainsi que ceux d’agences partenaires, courent de grands risques de se faire harceler et d’être la cible de représailles. Cela est particulièrement préoccupant si un candidat à la mairie a de mauvaises intentions et a exprimé le désir de causer du tort, ajoute-t-elle.

Un outil important, mais pas crucial

Le maire de Calgary, Naheed Nenshi, veut s’entretenir avec le directeur de scrutin.

Il a toutefois déclaré que le fait d’avoir une liste électorale est un outil important pour faire campagne, mais qu’on ne peut la qualifier de cruciale à l’ère des médias sociaux et des différents véhicules qui existent pour atteindre les gens .

Je ne l'ai jamais vraiment utilisée. Donc, ce sera une bonne question [à poser], à savoir s’il faut la fournir à n'importe quel candidat étant donné la tension accrue qui règne dans le débat politique en ce moment, dit-il.

Je dois moi-même examiner la loi, tout comme la Ville pour voir ce qui est possible.

Une citation de :Naheed Nenshi, maire de Calgary

Quand on a un candidat qui fait actuellement face à des accusations d'agressions franchement violentes et qu'on a un candidat qui a ouvertement menacé des gens, on se doit de veiller à la sécurité des citoyens et à la sécurité des autres candidats, conclut-il.

Pas de « soupape de sécurité »

Zain Velji, un stratège politique de Calgary, affirme également que la situation est inquiétante : Notre loi sur les autorités locales n'offre pas vraiment d'orientation ou de soupape de sécurité pour les personnes qui ne se présentent pas nécessairement à un poste public en toute bonne foi.

Il aura désormais des munitions supplémentaires pour poursuivre malheureusement certaines des activités peu recommandables et illégales pour lesquelles il a été accusé et inculpé par le passé, ajoute-t-il.

Kevin J. Johnston a plusieurs fois publié des commentaires racistes et haineux en ligne. En mars, il a vendu du café utilisant une publicité au phrasé (L’Autochtone paqueté) et au logo ouvertement irrespectueux envers les Premières Nations. Plus récemment, il a posté une vidéo suggérant de se prendre en photo devant une image du maire de Calgary pendu à une corde.

En 2019, un juge ontarien rendant une décision dans le cadre d'un procès en diffamation intenté contre M. Johnston a qualifié ses comportements d'exemple détestable de discours haineux à son pire, ciblant des personnes uniquement en raison de leur religion. Kevin J. Johnston avait accusé le fondateur et propriétaire d’une chaîne de restaurants du Moyen-Orient de financer des groupes terroristes et de permettre des entrées illégales sur le territoire.

Avec les informations de Meghan Grant

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