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Mieux ailleurs? Ces Canadiens qui ont quitté le pays en temps de COVID

Rencontre avec de jeunes Ontariens et Québécois qui ont choisi de passer la pandémie ailleurs.

Un homme, assis dans un chariot à bagages, attend à l'aéroport.

Face aux contrecoups économiques, au confinement et à la montée du nomadisme numérique, nombreux sont ceux qui ont choisi de passer la pandémie à l’étranger.

Photo : Reuters / Mohamed Azakir

Nicolas Haddad

Serait-on mieux ailleurs? Voilà la question que se posent bien des Canadiens, alors que certaines régions du pays composent avec une troisième vague de COVID-19 et des restrictions qui ont transformé les modes de vie.

Radio-Canada a rencontré trois jeunes qui ont choisi de passer la pandémie à l’international en réponse aux contrecoups économiques, au confinement et à la montée du nomadisme numérique.

La plupart des éléments qui rendaient les villes canadiennes super charmantes, comme les concerts, les expositions, les fêtes, les conférences, les restaurants, les brunchs, les cafés, toutes ces choses-là que j’adore dans une ville comme Toronto, comme Montréal, sont présentement en pause, explique Jozé Piranian.

Ce Torontois est parti visiter sa famille au Liban pour le temps des Fêtes et a décidé d’y rester pour être proche des siens après une année difficile au Canada, mais surtout [à la suite de] l’explosion du 4 août et de la crise économique.

Franchement, si ma famille vivait au Canada, je ne pense pas que je serais parti. Pour moi, c’était principalement une question de passer cette période difficile dans une ambiance familiale.

Cette proximité familiale, il la qualifie de très avantageuse pour son bien-être.

Ce conférencier, qui souffre de bégaiement depuis son enfance, gagne sa vie en donnant des discours et des ateliers sur l’inclusion et la résilience.

En tant que nomade numérique, il peut travailler de n’importe quel endroit où il a accès à Internet.

Loin de profiter de son séjour pour vivre de façon pré-COVID, il souligne qu’il passe surtout son temps dans la résidence familiale en banlieue de Beyrouth et qu’il utilise des outils de visioconférence pour ses rencontres sociales.

Quant au vaccin, sa volonté est claire : Mon intention est de me faire vacciner au Liban avant de rentrer à Toronto.

Dans l'état actuel des choses, Jozé Piranian devra néanmoins présenter un test négatif à son retour au pays.

Pour le moment, fournir une preuve de réception du vaccin ne remplace pas les exigences de test de dépistage avant et après l'arrivée ni les exigences de mise en quarantaine, précise un représentant d’Affaires mondiales Canada et de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).

Gagner sa vie en voyageant

Pour le Montréalais Patrick Aramouny, l’idée de voyager est venue quand il s’est retrouvé sans emploi peu après le début de la pandémie.

L’ancien professionnel de marketing s’est réinventé comme influenceur et créateur de contenus pour les réseaux sociaux TikTok et Instagram, où il fait la promotion d’un mode de vie athlétique et végane.

Le déclic, c’était vraiment : "Il n’y a rien qui m'en empêche et rien qui ne m'attache ici." Je n'ai aucune obligation par rapport à un employeur à Montréal, se rappelle celui qui séjourne au Mexique depuis environ quatre mois.

Qu'est-ce qui empêche de voyager, d'avoir du plaisir et de vivre en sécurité? On n'est pas jeune pour toujours.

Une citation de :Patrick Aramouny, influenceur et créateur de contenus

Pour ce dernier, le fait de voyager ne veut pas dire qu’il ne prend pas la pandémie au sérieux. Il souligne qu’il n’a jamais enfreint de règles sur la sécurité sanitaire, ni au Canada ni au Mexique.

Je comprends qu'il doit y avoir des mesures, je ne suis pas un de ces gars qui pensent que les restrictions ne servent à rien, assure-t-il.

Par exemple, quand j’étais au Yucatan, où le gouvernement local avait demandé le port du masque même à l'extérieur, on l’a fait! Il faut suivre le règlement.

Patrick Aramouny publie régulièrement des vidéos sur les réseaux sociaux où il montre comment mener un style de vie d’athlète de haut niveau, tout en privilégiant un régime alimentaire végane.

Avec l'arrivée du beau temps dans l’hémisphère nord, l’influenceur prépare son retour au Canada dans les prochaines semaines.

Être dehors, pour moi, c’est très important en tant que créateur de contenus, que ce soit pour pouvoir faire des vidéos à l'extérieur ou pour inviter des gens, leur faire à manger et les recevoir sur ma terrasse, déclare-t-il.

Selon l’ASFC, les citoyens canadiens, y compris ceux qui ont la double citoyenneté, les résidents permanents et les personnes inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens du Canada continuent d’entrer au Canada de plein droit. L'agence précise aussi que tous les voyageurs souhaitant entrer au Canada seront soumis à des mesures de contrôle et de sécurité strictes.

Certains voyageurs ne reviendront pas de sitôt

Yaïza Decaudin mène une séance de yoga.

La Torontoise Yaïza Decaudin travaille comme instructrice de yoga à Santa Teresa, au Costa Rica.

Photo : Gracieuseté de Yaïza Decaudin

Yaïza Decaudin a quitté le Canada en 2019 pour découvrir le Costa Rica. Elle s'est installée dans le village de Santa Teresa, sur la côte Pacifique.

La Torontoise comptait rentrer au pays en 2020, mais quand la pandémie a commencé à s’intensifier au Canada, je me suis dit : "Je reste ici", se rappelle-t-elle.

Si ses amis et sa famille ont insisté pour qu’elle rentre en Ontario, le stress et l'anxiété engendrés par la pandémie, dont elle a témoigné dans les nouvelles et les réseaux sociaux, l’ont poussée à décider de rester au Costa Rica.

Ça ne me donne aucune envie de retourner dans un endroit comme ça. Les taux de dépression et d’anxiété sont en train de monter à une vitesse incroyable et nous, ici, on n’a pas du tout la même réaction.

Une citation de :Yaïza Decaudin, Torontoise résidant au Costa Rica

Je suis en train de faire le processus pour obtenir ma résidence permanente et rester ici, explique celle qui gagne sa vie comme professeure de yoga. Elle souligne qu’en Ontario, elle n’avait aucun moyen de travailler, puisque toutes les salles de sport et les studios de yoga sont fermés. J’ai essayé le travail en ligne, mais pour moi, ce n’est pas pareil.

À Santa Teresa, elle travaille à temps plein comme instructrice de yoga et donne des cours privés ou collectifs presque tous les jours. Elle a aussi un deuxième emploi comme cuisinière.

La ville est pleine de stress. Ici, c’est une vie différente, explique-t-elle.

Ici, on vit à l’air libre, on a la nature autour de nous et on a l’océan. J'habite sur la plage, j’ai beaucoup de ressources qui me nourrissent et qui me permettent de vivre une vie plus saine.

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