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Réduire le nombre d’interventions policières à la suite d’appels au 911

Quatre policiers rentrent dans une petite maison.

Une équipe composée de travailleurs sociaux et de policiers a pu prendre en charge plus de 150 appels pour violence domestique, ce qui a permis d'éviter d'envoyer une patrouille policière. (archives)

Photo : Radio-Canada / Walther Bernal

Radio-Canada

Deux initiatives à Winnipeg contribuent à réduire le nombre d'appels au 911 qui demandent une intervention policière.

En 2019, il y a eu plus de 648 000 appels de service à la police de Winnipeg.

Certains de ces appels ne requièrent pas d'intervention policière et, parfois, l'envoi d'agents de police n’est pas toujours une utilisation optimale des ressources.

Des initiatives pour mieux gérer le nombre grandissant d'appels en y répondant de la façon la plus appropriée commencent à porter leurs fruits à Winnipeg. Des demandes d’aide au 911 peuvent désormais être gérées sans qu’une patrouille policière ne soit envoyée sur place.

Ces mesures sont guidées par une étude de la Bloomberg Harvard City Leadership Initiative, à laquelle la Ville de Winnipeg a participé.

Répondre adéquatement aux violences domestiques

Le projet pilote des Services d’aide à la violence domestique (en anglais, Domestic Violence Support Services Pilot Project) et de la police de Winnipeg est l'une de ces initiatives.

Les policiers travaillent en équipe avec du personnel des services de soutien contre la violence familiale de la province.

L’évaluation de chaque appel permet de déterminer si certains d’entre eux nécessitent un réponse téléphonique plutôt qu’une patrouille policière.

De janvier à mars de cette année, il y a ainsi eu 157 appels qui ont pu se passer d’une intervention de la police, ce qui a permis d’économiser plus de 880 heures de réponse policière.

C’est un bien meilleur service pour ceux qui recherchent de l’information ou des conseils. Ils peuvent aussi parler immédiatement à un travailleur de soutien, explique l’inspecteur Gord Spado, agent responsable de la division opérationnelle qui inclut le service 911.

Gord Spado.

L'inspecteur Gord Spado souligne que le projet pilote est un succès et que l'aide de la communauté est nécessaire à la police.

Photo : CBC/Tyson Koschik

Il ajoute que le projet pilote permet aux policiers et aux travailleurs de soutien de communiquer dans l'heure qui suit avec les personnes qui ont appelé, alors que cela prenait des jours auparavant.

Tout en reconnaissant qu’il y a encore du travail à faire pour envoyer des policiers uniquement lorsque cela est nécessaire, il qualifie le projet pilote de succès absolu.

Des appels dirigés vers les ressources appropriées

La ligne téléphonique 211, mise en service en octobre dernier, a permis quant à elle de traiter environ 9000 appels à ce jour.

De ce nombre, sans l'existence du service 211, certains auraient plutôt été faits au 911, ce qui aurait appelé une réponse policière alors que cela n’était pas nécessaire.

Jodene Baker.

Selon Jodene Baker, de Centraide, la ligne 211 permet non seulement de réduire le nombre d'appels faits au 911, mais aussi de donner des rendez-vous à ceux qui appellent ou des conseils en matière de santé mentale et de dépendance.

Photo : Centraide Winnipeg

Jodene Baker, de l’organisme Centraide, gère le programme manitobain du service 211. Elle affirme que deux téléphonistes répondent aux appels 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et agissent comme guides pour des centaines d’appels du public. Le sujet des appels varie, allant des problèmes de dépendance aux inquiétudes par rapport aux personnes sans-abri, en passant par les troubles de santé mentale.

De là, ces appels sont redirigés vers le service social approprié. Il peut s’agir du Main Street Project, du Downtown Community Safety Partnership ou encore d’organismes communautaires comme la Spence Neighbourhood Association.

Davantage de collaboration à venir

Une coopération plus étroite avec le Service de police de Winnipeg figure dans les projets de Centraide pour sa ligne téléphonique 211 au Manitoba.

À Edmonton, et aussi bientôt à Toronto, la ligne 211 a mis sur pied un programme de triage des appels, qui détermine s’ils requièrent une réponse d’urgence ou plutôt l’intervention d’une équipe communautaire composée de travailleurs sociaux en santé mentale ou en troubles de la dépendance.

Jodene Baker croit que, lorsque la ligne de Winnipeg sera mieux connue, elle pourra jouer un plus grand rôle pour alléger le nombre d’appels que reçoit le 911.

De son côté, le Service de police de Winnipeg a assigné un agent supérieur à la création d’une équipe de crise qui comprend des agents de police et des travailleurs sociaux, mais le projet est toujours en chantier.

Gord Spado admet que le nombre d’heures économisées par les policiers grâce au projet pilote est modeste en comparaison de la totalité des appels auxquels répondent les agents. En cela, reconnaît-il, il s’agit d’une petite victoire.

Il croit que ce projet fait partie d'une série d’initiatives qui s’additionneront et qui pourront, à long terme, apporter des changements importants.

Avec les informations de Sean Kavanagh

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