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Recomptage dans Saint-Jean-Est-Quidi Vidi : des questions pointues pour le NPD

Me Kyle Rees.

Kyle Rees, l'avocat de la cheffe du Nouveau Parti démocratique de Terre-Neuve-et-Labrador, devant la Cour supême provinciale, à Saint-Jean, lundi.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

L’avocat du NDP a évoqué une « situation sans issue », lundi en Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador, alors qu’il tentait de convaincre un juge de tenir un dépouillement judiciaire dans Saint-Jean-Est-Quidi Vidi.

Me Kyle Rees a fait face à une série de questions pointues de la part du juge Donald Burrage, qui lui a demandé à plusieurs reprises de donner des preuves concrètes pour justifier des allégations portant sur des bulletins de vote mal comptabilisés ou rejetés par erreur dans la circonscription de la leader néo-démocrate, Alison Coffin.

Un affidavit fondé sur une opinion n’est pas assez [pour autoriser un recomptage]. J’ai besoin que vous mettiez de la chair autour de l’os, a indiqué le juge Burrage. Je ne vois rien ici qui me montre que ce que clame [la scrutatrice du NPD] est, en fait, ce qui s’est passé.

Me Rees a expliqué qu’il peine à présenter des preuves définitives sur les problèmes du dépouillement, un processus mené entièrement au quartier général d’Élections Terre-Neuve-et-Labrador après l’annulation du vote en personne, parce que la scrutatrice, Judy Vanta, était la seule néo-démocrate à surveiller tout le dépouillement.

Pour limiter le nombre de personnes présentes lors du dépouillement, Élections Terre-Neuve-et-Labrador a permis à chaque parti et candidat indépendant d’avoir un seul scrutateur.

Pour obtenir un recomptage, il faut présenter des preuves spécifiques, mais nous nous trouvons dans une situation, à l’heure actuelle, où nous demandons un recomptage parce que pendant le dépouillement, nous n’avons pas eu accès à ces mêmes données, a affirmé Me Rees après l’audience. Il faut évaluer les preuves en tenant compte de la frustration et des limitations auxquelles Mme Vanta a fait face.

Alison Coffin a perdu contre le libéral, John Abbott, par seulement 53 voix dans Saint-Jean-Est-Quidi Vidi lors des élections provinciales de mars dernier.

Risque de créer un précédent dangereux, clame l'avocat libéral

L’avocat pour M. Abbott, qui est depuis devenu ministre des Enfants, des Aînés et du Développement social, a réitéré lundi qu’on pourrait recompter les bulletins de vote une centaine de fois et toujours avoir le même résultat.

Me John Samms.

John Samms est l'avocat du libéral, John Abbott, qui a gagné contre Alison Coffin par seulement 53 voix.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Les témoignages d’opinion sont inadmissibles et je vous dirais que tout ce qui a été présenté à la Cour s’agit de témoignage d’opinion. Il n’y a pas de faits dans ces affidavits, souligne Me John Samms, qui était également co-président de la campagne libérale. Est-ce qu’on va créer un précédent où on autorise un dépouillement systématiquement quand un candidat perd?

Selon un affidavit déposé par Me Samms, 52 trousses de vote ont été rejetées au dépouillement même avant d’ouvrir les enveloppes. Les électeurs devaient signer les enveloppes avant de les poster, ce qui n’a pas toujours été fait correctement.

Me Rees a demandé au juge Burrage de prendre en considération les enveloppes encore scellées lorsqu’il prend sa décision. Mais le juge a indiqué que à ma connaissance, un juge n’a jamais demandé d’ouvrir des bulletins scellés dans un recomptage.

Une décision mercredi

Me Andrew Fitzgerald, qui représente le directeur général des élections, Bruce Chaulk, indique qu’Élections Terre-Neuve-et-Labrador a fait tout dans son possible pour organiser un scrutin équitable et sécuritaire en pleine pandémie.

Tous les bulletins de vote rejetés ont été examinés par des agents indépendants d’Élections Terre-Neuve-et-Labrador, qui ont prêté serment pour respecter la loi électorale, affirme-t-il.

Me Andrew Fitzgerald.

L'avocat du directeur général des élections de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Fitzgerald, en Cour suprême provinciale, lundi.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

M. Chaulk devait trouver un équilibre entre les consignes de sécurité, l’organisation d’un dépouillement et l’accès au site pour les scrutateurs, ajoute Me Fitzgerald. Le directeur général des élections n’essaie pas d’enlever le droit de vote aux électeurs.

Le juge Buragge n’a pas tranché lundi. Il prendra une décision sur la tenue d’un recomptage judiciaire d’ici mercredi, à 14 h 30.

Trois autres contestations

Au-delà du possible recomptage dans Saint-Jean-Est-Quidi Vidi, trois candidats ont lancé une contestation judiciaire pour faire invalider l’élection dans leur circonscription.

Alison Coffin et un électeur, Whymarrh Whitby, contestent la validité de l’élection dans Saint-Jean-Est-Quidi Vidi. Le progressiste-conservateur, Jim Lester, conteste l’élection dans Mount Pearl Nord et la progressiste-conservatrice, Sheila Fitzgerald, veut faire invalider l’élection dans St Barbe-L’Anse-aux-Meadows.

La prochaine audience sur les trois contestations aura lieu le 21 mai.

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