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Une femme de Shawville se serait servi d'internet pour enlever un bébé à Ottawa

Un écusson du Service de police d'Ottawa.

L'accusée serait entrée de force pour enlever le bébé, avant de prendre la fuite.

Photo : Radio-Canada

Prétextant faire un don sur les réseaux sociaux, une Québécoise de 32 ans, Nicole Shanks, aurait tenté d’enlever un bébé de huit jours dans la journée de dimanche, en se servant d'un vaporisateur chasse-ours, à Ottawa.

Mère de deux enfants, Melissa Armstrong a l’habitude de fréquenter les groupes de dons, sur Facebook.

J’utilise les groupes pour mamans qui ont des affaires d’enfants à donner. Je les ai souvent utilisés, donc j’avais confiance. Je n’ai jamais eu de problèmes à donner mon adresse et je n’avais jamais entendu d’histoire pareille, explique la résidente de l’ouest d’Ottawa.

Sur l’un de ces groupes, elle raconte avoir été contactée par Nicole Shanks qui se proposait de lui porter des vêtements pour son nouveau-né.

J’avais regardé son profil [Facebook], elle avait l’air normale. Elle est venue m’apporter une boîte de vêtements vendredi, tout semblait aller. Elle m’a expliqué que dans son travail, elle distribuait des paniers pour la fête des Mères et m’a demandé si j’en voulais un. J’ai dit que ce serait super, poursuit-elle.

Deux personnes posent avec leur bébé dans les bras.

Melissa Armstrong et Nicholas Freda, les parents du bébé qui a été victime d'une tentative d'enlèvement, dimanche, à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Le rendez-vous est fixé au dimanche. Mais quand on cogne à sa porte, ce jour-là, Melissa Armstrong se fait asperger le visage avec un répulsif à ours. Malgré sa résistance, Nicole Shanks serait alors entrée de force dans sa maison pour s'emparer du bébé avant de prendre la fuite, comme l’a confirmé l’Unité des agressions sexuelles et de la violence faite aux enfants de la police d’Ottawa, par voie de communiqué.

Je ne sais pas où j’allais. J’ai commencé à crier à l’aide. Tout s’est passé très vite, raconte Mme Armstrong. Mais je savais qu'elle ne lui ferait pas de mal, car elle disait que c'était son bébé.

Son conjoint, Nicholas Freda, dit avoir pensé qu’il s’agissait d’un rêve, avant de se mettre à crier et à courir.

Le secours des voisins

Venu rendre une visite à son ex-petite amie, Robert Emmerson se trouvait dans le jardin pour arroser les fleurs quand il a entendu les appels à l’aide de sa voisine, dit-il.

J’ai vu Mel sortir et crier que quelqu’un avait pris son bébé. Ma première réaction, ça a été de crier et de demander de l’aide. Puis, j’ai commencé à courir à travers les rues. Je ne savais pas où j’allais, mais mon fils a repéré la dame et on l’a interceptée. Elle a prétendu travailler pour la Société l’aide à l’enfance et nous a demandé de la laisser partir. Puis, elle a finalement posé le bébé par terre et mon fils l’a vite récupéré pendant que je gardais un œil sur la dame en attendant que la police arrive.

Un homme pose devant une maison.

Robert Emmerson est parvenu à intercepter Nicole Shanks.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Ma famille a sauvé le bébé de mon amie, témoigne encore émue son ex-petite amie, Christina Feher, qui dit avoir recueilli le bébé que son fils lui a apporté. Je passe tous les jours du temps avec ce bébé, je l’aime beaucoup.

Sans eux, je n'aurais jamais revu mon fils

Une citation de :Melissa Armstrong

Lors d’un point de presse lundi, le sergent d’état-major de l’Unité des agressions sexuelles et de la violence faite aux enfants de la police d’Ottawa, Martin Groulx, a précisé qu’une fois les secours arrivés sur place, le bébé a rapidement été confié aux soins des ambulanciers d’Ottawa, qui ont déterminé qu’il n’avait pas subi de blessures.

Les autres membres de la famille ont également profité des soins des ambulanciers pour s’assurer que tout le monde se portait bien, a mentionné M. Groulx.

Prochaine comparution le 14 mai

Quant à Nicole Shanks, elle a été arrêtée, puis accusée, par la police d’Ottawa.

Elle fait face à plusieurs autres chefs d’accusation, notamment d’avoir administré à trois reprises une substance destructive ou délétère avec l’intention de mettre la vie en danger.

Elle a comparu lundi matin et demeurera en détention jusqu’à sa prochaine comparution le 14 mai.

Tous les chefs d’accusation :

  • Enlèvement d’une personne de moins de 14 ans;

  • Possession d’une arme dangereuse pour la paix publique;

  • Introduction par effraction avec l’intention d’y commettre un acte criminel;

  • Agression avec une arme;

  • Port d'une arme dissimulée;

  • De harcèlement criminel en ayant cerné et surveillé une maison d’une personne;

  • Avoir administré une substance destructive ou délétère avec l’intention de mettre la vie en danger;

  • Voies de fait.

Une enquête est en cours pour en savoir davantage sur cet événement et sur les raisons qui ont poussé l’accusée à commettre ce geste. Les enquêteurs croient que l’accusée pourrait avoir été en contact avec d’autres nouvelles mères sur Facebook par le biais dudit groupe de discussion.

Un stratagème via les réseaux sociaux

L’Unité des agressions sexuelles et de la violence faite aux enfants est au courant que l’accusée avait préalablement discuté avec la mère de l’enfant par l’entremise d’un groupe de discussion sur Facebook pour les nouvelles mères.

Martin Groulx a précisé que l’accusée a utilisé son vrai nom et des photos d’elle-même pour contacter la mère du bébé afin de lui dire qu’elle avait gagné un cadeau.

Soyez prudents en ligne. Faites des rencontres dans un lieu public, avec un témoin. Évitez de donner votre adresse, a conseillé Martin Groulx pour éviter que d’autres personnes se fassent prendre par le même modus operandi.

Ancien officier de sécurité informatique au ministère de la Défense nationale et actuellement chargé de cours à l’Université de Sherbrooke en protection de l’information, volet prévention, Steve Waterhouse rappelle à quel point il est important de se méfier de l’information partagée sur les réseaux sociaux.

Monsieur Waterhouse assis dans un studio de CBC à London en Ontario.

Steve Waterhouse chargé de cours à l’Université de Sherbrooke en protection de l’information, volet prévention (archives)

Photo : Radio-Canada

Lorsqu'on fait affaire sur les médias sociaux, il ne faut jamais prendre pour acquis la personne avec qui on parle, à moins qu’on la connaisse dans la vraie vie, en personne. […] On doit assumer que ça pourrait être n’importe qui, dit-il.

J’ai pour habitude de dire : quand c’est trop beau pour être vrai, ce n’est probablement pas vrai.

Une citation de :Steve Waterhouse, chargé de cours à l’Université de Sherbrooke en protection de l’information

M. Waterhouse le reconnaît, le risque zéro n’existe pas, mais certaines précautions sont à prendre, comme de ne jamais divulguer d’information personnelle à des personnes ou des organismes qu’on ne connaît pas.

Assumez que les portes sont débarrées sur internet. [...] C’est pour ça qu’il ne faut pas faire confiance du premier coup aux personnes ou les inviter chez vous, car vous ne savez pas qui vous avez invité si vous ne les avez jamais rencontrées, conseille-t-il, rappelant que les voleurs regardent eux aussi les réseaux sociaux. De grâce, ne divulguez pas à l'avance de l'information qui pourrait compromettre l'intégrité de votre maison, de votre famille, sans savoir à qui vous confiez cette information-là, c’est très important parce que c'est à la base de vol.

Mme Armstrong l’a appris à ses dépens et souhaite alerter les gens autour d’elle.

Je vais être plus vigilante maintenant et ne plus utiliser les groupes de dons. Je vais aussi dire à tout le monde de faire bien attention.

Avec les informations de Frédéric Pepin et de Robyn Miller

Toute personne ayant des renseignements concernant cet enlèvement est priée d'appeler l'Unité des agressions sexuelles et de la violence faite aux enfants au 613-236-1222, poste 5944.

Il est également possible de transmettre des renseignements anonymes en appelant sans frais Échec au crime au 1-800-222-8477 ou en consultant le site crimestoppers.ca (Nouvelle fenêtre).

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