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Zone rouge : les restaurateurs furieux d’être fermés une troisième fois

Une quinzaine de restaurateurs discutent, café à la main, devant le restaurant Auguste de Sherbrooke.

Une quinzaine de restaurateurs se sont rassemblés devant le restaurant Auguste pour protester contre la fermeture forcée, lundi matin.

Photo : Radio-Canada / Marion Bérubé

Radio-Canada

Avec le passage de l’Estrie en zone rouge, lundi, les restaurateurs de la région ont été contraints de cesser leurs activités pour une troisième fois en un peu plus d’un an. La pilule est difficile à avaler pour ces entrepreneurs.

On a reçu cette nouvelle comme une brique sur la tête. Dans les dernières semaines, la santé publique n’arrêtait pas de nous dire que c’était dans les maisons, le problème, que les gens se voyaient en cachette. Nous, on est un milieu protégé, alors on ne s’attendait pas à se faire fermer une troisième fois, témoigne la propriétaire du restaurant Auguste, Anik Beaudoin.

Celle-ci a convoqué une quinzaine de propriétaires devant son restaurant, lundi matin, question de digérer la nouvelle en groupe.

C’est comme si on envoyait comme message que notre industrie n’est pas importante. Pourtant, quand des touristes viennent, de quoi sommes-nous fiers? De nos restaurants. Là, on se sent abandonnés.

Une citation de :Anik Beaudoin, propriétaire du restaurant Auguste

Pas moins sécuritaire qu’ailleurs

Exaspérés, les restaurateurs rejettent du revers de la main l’argument du gouvernement voulant que leurs établissements soient moins bien ventilés que les commerces pouvant rester ouverts.

Que ce soit à l’épicerie ou un peu partout, la ventilation est comme au restaurant. Toutes les cuisines sont bien équipées aujourd’hui. On a même nos plexiglas, nos visières, nos masques. On va faire des courses, tout le monde touche à tout, et ça passe, mais nous, même si personne ne touche à rien, ça ne passe pas. C’est n’importe quoi, indique Mme Beaudoin.

Les manifestations qui ont eu lieu lors des dernières semaines pour protester contre les mesures sanitaires ainsi que la vaccination sont également vivement critiquées par ces entrepreneurs.

Des centaines de personnes manifestent sans masque et le gouvernement ne fait rien, parce que c'est un droit constitutionnel. Il n’y a plus de cohérence. On ne veut pas avoir l’air de petits plaignards, mais présentement, il n’y a aucune logique.

Une citation de :Annie Faucher, propriétaire du restaurant Liverpool

Financièrement, cette nouvelle a aussi eu l’effet d’une bombe sur l’industrie de la restauration en Estrie. Alors qu’ils survivent grâce à de l’aide des gouvernements provincial et fédéral depuis déjà plus d’un an, les propriétaires craignent de voir ces prêts devenir trop lourds à porter.

Ça va prendre des extensions aux prêts avec pardon accordés. Il y en avait pour mars et avril, mais ils vont se rendre jusqu’où? Moi, mon prêt est fait depuis un petit bout, mais le pardon, lui, je ne l’ai pas encore reçu, souligne Annie Faucher, qui dit recevoir de nombreux messages de collègues désespérés depuis l’annonce.

De surcroît, les restaurateurs craignent de voir leurs employés partir vers d’autres milieux.

Jusqu’à présent, j’ai été choyée, je n’ai perdu personne depuis un an, j’ai le soutien de tous mes employés. Toutefois, pour cette troisième fermeture, je commence à avoir des employés qui me disent, lentement mais sûrement, qu’ils se sont trouvé un autre emploi, mentionne Mme Faucher.

Tous s'entendent pour dire que ce sera tout un défi pour la restauration de se relever de ce coup dur.

Un jeune entrepreneur qui a une passion pour la restauration va peut-être y réfléchir à deux fois désormais avant de se lancer dans ce domaine. Ça peut tuer un peu l’industrie sur ce plan, conclut la propriétaire du Liverpool.

Pas d'exceptions pour l'Estrie

S'il admet que la nombre d'éclosions n'est pas plus important dans les restaurants qu'ailleurs, le directeur de la santé publique en Estrie, le Dr Alain Poirier, explique que l'évaluation des différents risques pousse Québec à opter ou non pour la fermeture d'un commerce. De plus, il rappelle que les règles doivent être les mêmes pour tout le monde.

Ce n'est pas une décision spéciale pour l'Estrie. Ce sont les règles entre l'orange et le rouge, souligne-t-il.

Tous les restaurants dans les régions rouges vivent ce qu'on vit depuis ce matin.

Une citation de :Le Dr Alain Poirier, directeur de la santé publique en Estrie

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