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Mal neurologique : des chercheurs étudient les cyanobactéries

Neil Cashman examine le contenu d'une petite bouteille.

Le Dr Neil Cashman, expert en neurologie et professeur de médecine à l’Université de la Colombie-Britannique, affirme que des chercheurs vont étudier les cyanobactéries et l’acide domoïque en tant que possibles causes du mal neurodégénératif observé au Nouveau-Brunswick.

Photo : Gracieuseté/Neil Cashman

Radio-Canada

Des chercheurs se penchent sur les cyanobactéries comme l’une des possibles causes du mal neurologique inconnu qui a coûté la vie de six personnes au Nouveau-Brunswick jusqu’à présent.

Les cyanobactéries, également appelées algues bleues, sont des bactéries présentes naturellement dans les eaux de surface. Il s’agit de vérifier s’il y a un lien entre elles et le mal neurologique, indique le Dr Neil Cashman, professeur à la faculté de médecine de l’Université de la Colombie-Britannique, qui participe à l’enquête sur cette maladie.

Les chercheurs se penchent aussi sur l’acide domoïque, une toxine biomarine qui peut s’accumuler dans les mollusques et qui a été associée à des cas neurodégénératifs à l’Île-du-Prince-Édouard dans les années 1980.

Ce sont deux toxines environnementales qui peuvent entraîner un syndrome neurodégénératif et qui sont inscrites sur la liste, confirme le Dr Cashman. Il ajoute qu’on tente de déterminer si des gens y ont été exposés au Nouveau-Brunswick.

Radio-Canada a rendu publique en mars l’existence de cette maladie, après avoir reçu une note de la santé publique adressée à la Société médicale et aux associations de médecins et d'infirmières. Les autorités font état de 48 cas jusqu’à présent. La plupart de ces patients vivent dans le sud-est ou le nord-est de la province.

La santé publique travaille avec plusieurs agences provinciales et fédérales dans le cadre de son enquête sur l’origine de la maladie, dont le ministère de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches du Nouveau-Brunswick et l’Agence de la santé publique du Canada.

Les tests médicaux effectués jusqu’à présent écartent la possibilité qu’il s’agisse de la maladie de Creutzfeldt-Jakob ou d’autres maladies à prions.

Neil Cashman, qui se spécialise en matière de maladies à prions, est aussi un conseiller au système de surveillance de la maladie Creutzfeldt-Jakob de Santé Canada.

Les chercheurs, dit-il, lancent un grand filet pour tenter de déterminer les causes de la maladie inconnue au Nouveau-Brunswick. Les deux toxines sont des points de départ de l’enquête.

Les cyanobactéries produisent un composé qui peut s’accumuler dans les poissons et les mollusques, explique le Dr Cashman. Lorsque ce composé est consommé en grande quantité, il peut se masquer comme un acide aminé naturel et aboutir dans les protéines du corps humain.

Des cyanobactéries, ou algues bleu-vert.

Les cyanobactéries, ou algues bleu-vert, produisent diverses toxines nocives pour les êtres humains et les animaux (archives).

Photo : CBC / Mike Heenan

Les cyanobactéries ont entraîné la mort de quatre chiens à la suite de baignades en plein air durant les étés de 2018 et 2019.

Ces bactéries sont présentes dans plusieurs lacs de la province, notamment dans le bassin de Turtle Creek d’où provient l’eau potable distribuée dans les villes de Dieppe, Moncton et Riverview.

L’acide domoïque est lié à une éclosion chez des personnes qui avaient consommé des moules dans les années 1980. Ces personnes, précise le Dr Cashman, ont subi une crise et perdu conscience le jour même où elles ont consommé ces moules.

Il est possible, selon lui, que l'acide domoïque consommé à faible dose et à long terme puisse entraîner un syndrome chronique comme celui observé au Nouveau-Brunswick.

Quant à des moyens d’éviter cette maladie, Neil Cashman n’a pas de réponse définitive. Il rappelle que la cause de la maladie n’est toujours pas établie.

Avec les renseignements d’Aidan Cox, de CBC

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