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Bois de sciage : une question de qualité, mais surtout de responsabilité

Un ouvrier manipule des planches dans une scierie.

Les inspecteurs peuvent produire des ordonnances contre les propriétés qui utilisent du bois non certifié pour certaines rénovations structurelles (archives).

Photo : CBC/Erik White

Ezra Belotte-Cousineau

Une ville du Nord de l'Ontario rappelle l'interdiction d'utiliser du bois de sciage pour les constructions structurelles, une option tentante pour certaines personnes en raison de la récente hausse des prix, sans l'approbation préalable d'un inspecteur en bâtiment.

Une version précédente de ce texte indiquait que le bois certifié assure à la fois la qualité et la récolte durable des arbres. Le texte a été modifié pour préciser qu’il s’agit de deux types de certifications données par des organismes distincts.

Avec le lancement d'une saison des rénovations particulièrement occupée, l'offre pour le bois de construction certifié ne répond pas à la demande, et son prix explose.

Cette tendance pousse certains rénovateurs à se tourner vers le bois de sciage non estampillé, qui coûte moins cher.

Cependant, la Municipalité de Kapuskasing a tenu à rappeler à ses citoyens qu'il est illégal d'entreprendre certaines constructions avec du bois qui n'est pas certifié.

Ce bois-là ne peut pas être utilisé de façon générale dans les constructions comme une maison ou un garage. [Pour] tout ce qui est considéré comme structure, donc ce qui supporte du poids [...] le bois de sciage n'est pas acceptable.

Une citation de :Guylain Baril, directeur général de Kapuskasing

Guylain Baril, directeur général de Kapuskasing, souligne que le bois non estampillé est acceptable dans plusieurs autres contextes.

Il cite en exemple les quais, ou les clôtures, et il invite ses concitoyens à bien comprendre les règles entourant l'usage du bois du Code du bâtiment de l'Ontario.

Ce sont les inspecteurs municipaux qui ont la charge de vérifier que les nouvelles constructions respectent les normes du Code du bâtiment de l'Ontario.

Le cas échéant, ils peuvent réclamer jusqu'à la démolition d'une structure dont le bois ne serait pas conforme.

Le cachet du bois de sciage

Guylain Baril explique que le bois de sciage est effectivement disponible, et ce, souvent à meilleur prix que celui certifié.

Ici, dans la région, il y a plusieurs personnes qui ont des petits moulins soit portatifs ou fixes. Ils achètent du bois de Rayonier et de là, ils peuvent faire leur propre bois à la maison.

Une citation de :Guylain Baril, directeur général de Kapuskasing

Il souligne toutefois qu'il ne considère pas que le bois de sciage est de mauvaise qualité.

Au contraire, le directeur général de Kapuskasing affirme qu'il y a du très beau bois qui est produit [de cette façon].

Un homme pose devant un moulin à scie.

Roger Lachance expose fièrement son moulin à scie, situé entre Kapuskasing et Hearst (archives).

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Guylain Baril souligne que pour utiliser ce bois, il faut qu'un ingénieur vienne sur place pour le certifier.

Cary McGlade, de l'entreprise Principle Constructions, à Sudbury, explique pour sa part que l'usage de bois non certifié n'est pas une pratique qu'il voit dans son milieu.

Lorsqu'on lui demande si ses clients lui font ce genre de requête afin d'économiser, il affirme que ça lui arrive parfois, mais que sa réponse est systématiquement négative.

Le bois de sciage, selon l'entrepreneur, est particulièrement prisé pour son cachet.

Parfois nous utilisons le bois de sciage, car les gens recherchent la texture [du vieux bois de grange]. Mais nous leur expliquons qu'il faut qu'un ingénieur vienne approuver les travaux.

Une citation de :Cary McGlade, propriétaire de Principle Constructions Sudbury

Incertitude dans les livraisons

Selon M. McGlade, le problème le plus préoccupant est l'incertitude qui règne lorsqu'il commande ses matériaux.

Et l'entrepreneur explique que le problème ne se limite pas au bois, mais à l'ensemble des matériaux nécessaires afin de construire une maison.

Nous achetons dans l'inconnu. [...] Vous commandez 1000 madriers, mais on vous en promet peut-être 500 et le prix que vous devrez obligatoirement payer vous sera indiqué au moment de la livraison. C'est ce qui arrive présentement.

Une citation de :Cary McGlade, propriétaire de Principle Constructions Sudbury

Mike Phillips, le président de l'association du bois structurel de l’Ontario, estime pour sa part que l’usage du bois non certifié n’est pas un problème important.

Il affirme que la vaste majorité du bois sur les chantiers de construction de l'Ontario est certifié.

Une maison en construction à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Mike Phillips explique que le bois n'est pas le seul matériau dont le prix explose (archives).

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

Il reconnaît que le prix du bois d'œuvre augmente depuis quelques années, mais souligne lui aussi que la tendance est la même pour l'ensemble des matériaux de construction.

Selon lui, le problème est une simple question d'offre et de demande.

La capacité de l'industrie est ce qu'elle est. [...] c'est une industrie cyclique et elle tente de trouver un équilibre pour la production afin de gérer les hauts et les bas du marché.

Une citation de :Mike Phillips, président de l'association du bois structurel de l’Ontario

M. Phillips recommande à tous ceux qui veulent entreprendre des constructions ou des rénovations de commander rapidement leurs matériaux, et de prévoir des livraisons moindres et des retards.

Exploitation durable des forêts

Le président et chef inspecteur de bois d'œuvre de l’Ontario Lumber Manufacturers Agency (OLMA), André G. Boucher, explique que l’homologation de la qualité du bois et celle concernant sa provenance sont deux certifications distinctes, gérées par différents organismes.

Il précise que l’OLMA, par exemple, s'occupe seulement de la qualité. Ce sont des normes nationales reconnues par le code du bâtiment.

Il note que l’utilisation de bois cultivé de façon renouvelable n’est pas obligatoire selon le Code national du bâtiment, et que ce genre de certification a été en partie créé pour répondre à la demande des consommateurs.

En Ontario, la majorité des billots cultivés rencontrent la certification de plantation forestière certifiée.

Une citation de :André G. Boucher, président et chef inspecteur de bois d'œuvre de l’Ontario Lumber Manufacturers Agency

Il ajoute que ce n’est pas nécessairement le cas pour les forêts privées.

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