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Des médecins font des tâches d'infirmières à l'urgence du CHU Dumont

L'urgence du Centre hospitalier universitaire Dr-George-L.-Dumont.

L'urgence du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Radio-Canada

Devant la menace d’une fermeture de l’urgence au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, des médecins ont décidé de prendre le taureau par les cornes et de tout faire en leur pouvoir pour éviter un bris de service à l’urgence du seul hôpital francophone de la région.https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1791993/langue-service-francais-penurie-infirmieres-vitalite-horizon-france-desrosiers

Vendredi, les réseaux de santé Horizon et Vitalité ont annoncé que les ambulances seraient toutes dirigées vers l’Hôpital de Moncton, en raison d’un manque de personnel à l’urgence du CHU Dumont.

Devant la situation, le cardiologue et président du Conseil des médecins et dentistes du CHU Dumont, le Dr Luc Cormier, a convié ses collègues à une réunion d’urgence.

Comment on réagit à ça, qu’est-ce qu’on fait?, se sont-ils demandé.

Ils ont décidé de se relayer de manière à ne pas avoir à diriger des patients vers un autre établissement.

Luc Cormier devant les urgences.

Le cardiologue Luc Cormier est également président du Conseil des médecins et dentistes du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont.

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

On n’est pas des infirmiers et infirmières, on ne prétend pas avoir leurs compétences, mais on peut faire un nombre d’actes communs qui peuvent être posés, explique le Dr Cormier en entrevue à l'émission La Matinale d'ICI Acadie.

On a essentiellement établi une espèce d’horaire où des médecins de tout horizon se sont présentés à l’urgence durant la fin de semaine pour prêter main-forte aux infirmières.

Une citation de :Dr Luc Cormier, cardiologue et président du Conseil des médecins et dentistes du CHU Dumont

Selon lui, anesthésistes, néphrologues, chirurgiens, intensivistes et médecins de famille ont mis l’épaule à la roue.

Une pénurie d’infirmières grave et récurrente

Le Dr Luc Cormier ne s’étonne pas de la situation.

On a été pris de court, par surprise, mais à la fois on sait que la situation est extrêmement précaire en termes de personnel, souligne-t-il.

L’hôpital vit une pénurie d'infirmières récurrente depuis plusieurs mois, voire des années. Depuis mars, le Réseau de santé Vitalité demande presque chaque semaine au public d’éviter les urgences, sauf si leur état de santé nécessite des soins critiques, afin de réduire l’achalandage.

À un moment donné au cours de la fin de semaine, les infirmières à l’urgence n’étaient que trois lors d’un quart de travail, alors qu’elles doivent habituellement être neuf le jour et six lors des quarts de nuit, raconte le Dr Cormier.

Dimanche, les médecins appelés à l’urgence sont parvenus à convaincre des infirmières d’autres services de venir prêter main-forte. Les ambulances ont pu recommencer à s'arrêter au CHU Dumont au cours de l'après-midi dimanche et le service normal a été rétabli en soirée.

Mais l'intervention des médecins n’est qu’une solution temporaire, admet le Dr Cormier.

Ce qu’on a fait c’est extrêmement inhabituel, ce n’est pas des choses qui vont se répéter, indique-t-il en ajoutant que c’était la seule solution pour reprendre le contrôle de la situation.

Il salue également le travail du personnel infirmier dont c’est la semaine nationale de reconnaissance.

Je leur lève le chapeau. Je fais un cri de ralliement à Dumont. On va tourner la situation de bord.

Vitalité doit agir, demande Égalité Santé en français

Selon l’organisme Égalité santé en français, la pénurie de personnel au CHU Dumont est attribuable à la gestion par le Réseau de santé Vitalité.

La centralisation à outrance, la disparition de la gestion locale, une démoralisation et un désengagement du personnel ! Égalité Santé a dénoncé en 2019 et continue de dénoncer cette structure administrative et ce manque de leadership des gestionnaires à distance qui contribuent à créer de toutes pièces la pénurie criante du personnel infirmier, peut-on lire dans un communiqué de presse envoyé lundi matin.

Le Dr Cormier n’est pas prêt à lancer la pierre à quelqu’un, mais admet que des changements seront nécessaires pour trouver une solution à long terme.

Le dialogue est ouvert. Je souhaite maintenant qu’on pose les actions dans la bonne direction. Les médecins à Dumont, on est prêt à tout faire pour stabiliser la situation chez nous, indique-t-il.

On ne vous laissera pas tomber, tient-il à dire aux patients de l’hôpital, mais aussi à ses collègues de tous les métiers.

Vitalité prévient que la situation sera difficile jusqu'en juillet

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, la présidente-directrice générale de Vitalité France Desrosiers indique que des solutions à court, moyen et long terme sont en cours, mais que jusqu'à l'arrivée des infirmières nouvellement diplômées, la situation restera fragile.

La PDG du Réseau de santé Vitalité, France Desrosiers.

La PDG du Réseau de santé Vitalité, France Desrosiers.

Photo : Radio-Canada

On le sait qu’on va avoir une situation difficile d’ici la fin du mois de juillet, indique France Desrosiers.

Elle ajoute que bien que des infirmières aient été recrutées au cours des dernières années, celles-ci ne restent pas longtemps en poste.

Ça met une charge de travail incroyable sur les gens en place. Au contraire, on a recruté beaucoup de gens, mais on a des défis pour les retenir à cause de cette pression au travail, mentionne Mme Desrosiers.

Selon elle, il faudrait une quinzaine d'infirmières supplémentaires pour que le service des urgences au CHU Dumont fonctionne bien.

Lors de cette entrevue, elle a également affirmé qu'en temps de crise, la sécurité des patients était plus importante que l’offre de soins en français.

Avec les informations de Martine Blanchard de l'émission La Matinale d'ICI Acadie et de Marie-Hélène Lange du Téléjournal Acadie

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