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Les travailleurs d'ArcelorMittal déclenchent une grève générale illimitée

Des travailleurs manifestant dans une rue.

La grogne est palpable chez les employés d'ArcelorMittal, qui ont rejeté en bloc la dernière offre patronale.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Félix Lebel

Les 2500 travailleurs de Fermont et de Port-Cartier de la minière ArcelorMittal ont rejeté en bloc la dernière offre patronale pour le renouvellement de leur convention collective et ont déclenché une grève générale illimitée lundi soir.

La nouvelle offre a été présentée lundi matin aux travailleurs représentés par le Syndicat des Métallos et les résultats du vote ont été dévoilés lundi en soirée.

Résultats du vote du 10 mai

  • Mine de Mont-Wright et de Fire Lake : rejetée à 99,6 %
  • Port et chemin de fer : rejetée à 99,4 %
  • Employés de bureau Port-Cartier et force protectrice : rejetée à 97 %
  • Employés de bureau Fermont et force protectrice : rejetée à 99 %
  • Usine de bouletage à Port-Cartier : rejetée à 99,4 %

Les négociations houleuses des dernières semaines se sont faites sous la supervision d’un conciliateur. Aucun terrain d’entente ne semble avoir été trouvé.

Une première offre patronale avait été rejetée en bloc le 1er mai. Le Syndicat des Métallos brandissait déjà la menace d’une grève si les négociations n'aboutissaient pas à une entente avec les travailleurs.

La mine de Mont-Wright.

ArcelorMittal affirme que la précédente offre prévoyait une augmentation salariale d'environ 12 %. Un chiffre que conteste le Syndicat (archives).

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

L'offre finale d'ArcelorMittal a été soumise au syndicat le 7 mai. À l'issue de la rencontre, les Métallos ont appelé les membres à rejeter l'entente.

Les salaires, les primes et les régimes de retraite sont au centre du désaccord entre le syndicat et l’employeur.

Les employés d'ArcelorMittal souhaitent obtenir une entente où le prix élevé du fer se reflète sur les salaires et les conditions de travail, qu’ils jugent insatisfaisantes.

L'employeur n'a pas su saisir l'opportunité et éviter un conflit. La conjoncture est excellente, le prix du fer atteint des sommets. Une portion doit revenir dans la région, revenir au Québec, faire tourner l'économie régionale plutôt que de partir dans les poches des actionnaires à Londres, fait valoir le coordonnateur des Métallos pour la Côte-Nord, Nicolas Lapierre.

Depuis quelques semaines, le prix du minerai de fer atteint des sommets sur les marchés, dépassant les 190 $ US la tonne.

Des manifestants dans une rue.

De nombreux travailleurs se sont réunis mardi matin à Port-Cartier pour dénoncer l'intransigeance de leur employeur.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Sans surprise, ArcelorMittal déplore pour sa part la décision du syndicat d’opter pour la grève.

La minière affirme qu’une grève prolongée ne servirait les intérêts de personne et que ses employés ont des conditions de travail concurrentielles.

Cette entente a été rejetée, mais on continue de vouloir travailler en collaboration avec le syndicat. On demeure disposés à revenir à la table de négociation. L’objectif c’est d’arriver à une entente qui est négociée, mais raisonnable entre les deux parties , explique Annie Paré, directrice des communications d'ArcelorMittal exploitation minière Canada.

Le maire de Port-Cartier demeure optimiste

De son côté, le maire de Port-Cartier, Alain Thibault, indique qu'il y a une volonté à s'entendre, tant du côté de la minière que de celui des travailleurs qui veulent revenir rapidement à la table de négociation. Il dit toutefois suivre la situation de près.

On sait qu'avec la situation économique actuellement à Port-Cartier, avec l'arrêt d'Arbec-Rémabec, ce n'est pas souhaitable qu'il y ait un conflit qui s'éternise pendant quelques mois.

Une citation de :Alain Thibault, maire de Port-Cartier
Alain Thibault devant l'hôtel de ville.

Alain Thibault, maire de Port-Cartier (archives)

Photo : Courtoisie - Alain Thibault

M. Thibault ajoute qu'il est nécessaire que les deux parties fassent preuve de dialogue et de respect pour en arriver à une entente négociée. C'est ce que tout le monde espère, dit-il.

Conséquences à venir dans d'autres usines

La grève soulève également des inquiétudes quant aux activités dans deux aciéries de Contrecœur, en Montérégie, habituellement alimentées par la production des employés de l'installation de la Côte-Nord.

Selon le syndicat, ArcelorMittal préparerait un plan de contingence pour maintenir sa production.

Les réserves actuelles de fer permettraient aux deux aciéries de fonctionner normalement pendant deux à trois semaines.

L'entreprise se préparerait également à acquérir de la matière recyclée chez des fournisseurs externes.

Toujours selon le syndicat, ce plan ne provoquerait pas de variation quant à la quantité d'acier produite, mais plutôt sur sa qualité puisque la teneur en carbone serait moindre.

Avec les informations d'Olivier Bachand

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