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Beaucoup d’appartements luxueux, mais peu de logements abordables disponibles à Winnipeg

Vue sur des édifices à logements de Winnipeg.

1500 nouveaux appartements ont été construits chaque année en moyenne à Winnipeg au cours de la dernière décennie.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

Radio-Canada

Le grand nombre de logements à louer à Winnipeg ne signifie pas qu’il soit plus facile de trouver un logement abordable.

La disponibilité des logements est telle en ce moment que certains propriétaires tentent par tous les moyens d’amener les locataires potentiels à voir leurs appartements, en leur offrant des incitatifs pour une simple visite.

Le taux d’inoccupation des logements a augmenté dans la capitale manitobaine, passant de 3 % en 2019 à presque 4 % à la fin de 2020, selon les données d’un rapport annuel de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Mais la plupart des logements disponibles sont parmi les plus chers, selon la SCHL.

La SCHL estime qu’un logement est abordable si son loyer mensuel ne dépasse pas 30 % du revenu disponible d’un ménage.

Ainsi, l'agence fédérale calcule que le taux d'inoccupation est de 13,8 % dans le cas des appartements dont le loyer est de plus de 2000 $ par mois. Il faut un revenu annuel d’au moins 80 000 $ pour être en mesure de payer un tel loyer.

Dans le cas des logements dont le loyer est de 1000 $ à 1400 $ par mois, le taux d’inoccupation diminue à 4 %. Il faut revenu annuel allant de 41 000 $ à 58 000 $ pour payer un tel loyer.

Mais pour les personnes ayant les revenus les plus bas, qui gagnent moins de 25 000 $ par an et qui ne peuvent payer plus de 625 $ par mois pour se loger, les logements disponibles sont plus rares. Dans ce cas, le taux d’inoccupation est de 2,9 %, selon la SCHL.

Avrom Charach est un gestionnaire de propriétés à Winnipeg. Il est aussi le porte-parole de l’association des gestionnaires, la Professional Property Managers Association.

Selon lui, si la pandémie est en partie responsable de la situation, il note aussi que le boom de construction résidentielle qu’a connu Winnipeg au cours de la décennie a eu pour effet d'ajouter environ 1500 nouveaux appartements chaque année.

Mais cette année, dit-il, les gens qui ont choisi de venir vivre à Winnipeg ont été beaucoup moins nombreux.

Quand on construit entre 1500 et 2000 appartements et qu’il y a moins de gens qui déménagent, ça veut dire que les gens ne viennent pas vivre dans ces unités, dit-il.

Mais ce qui explique la différence entre la disponibilité des logements haut de gamme et des autres logements, selon Avrom Charach, c’est aussi que la Ville a accordé la priorité à la construction d’appartements luxueux au détriment des logements destinés aux personnes à faible revenu.

Il ajoute que les entrepreneurs privés ne construisent pas d’immeubles de loyers à prix modique parce qu’ils ne couvriront pas leurs coûts avec des loyers mensuels de 625 $.

Pour qu’ils construisent des logements abordables, ils ont besoin de mesures incitatives de la part des gouvernements, dit-il.

Chantal Smith dirige le programme de coopération propriétaires-locataires à la corporation du renouveau du North End.

À ses yeux, les programmes d’aide à l'emploi et au revenu de la province n’ont pas suivi l’augmentation des loyers, ce qui représente aussi un enjeu à considérer quand on parle de logements abordables.

Beaucoup de gens sont en difficulté au bas de l’échelle, et il n’y a simplement pas assez de logements pour eux, dit-elle.

Le loyer moyen à Winnipeg est de 1107 $ par mois, selon le rapport de la SCHL.

Comme dans d’autres grandes villes canadiennes, les écarts de revenus entre les plus riches et les plus pauvres continuent de croître à Winnipeg, constate le professeur de géographie urbaine à l’Université de Winnipeg, Jino Distasio.

Il faut diminuer cet écart, autrement nous verrons ces disparités s’aggraver et se répandre du centre-ville vers les autres quartiers, et dans la région environnante aussi, estime-t-il.

Avec des informations de Sarah Petz et Pat Kaniuga

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