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Les troubles alimentaires explosent chez les jeunes, une « crise sans précédent »

Une femme et un pèse-personne.

Des chercheurs de l'Université Concordia ont utilisé l'intelligence artificielle pour mettre au point un outil qui pourrait permettre de repérer, dans les blogues et réseaux sociaux fréquentés par des jeunes, des signes d'anorexie précoces.

Photo : Getty Images / Tero Vesalainen

Psychologues, pédiatres et pédopsychiatres unissent leur voix pour une augmentation rapide des ressources en santé mentale chez les jeunes, le nombre d'hospitalisations pour des troubles alimentaires ou des idées suicidaires ayant littéralement explosé durant la pandémie.

Les chiffres donnent froid dans le dos. Depuis le mois d'août, 25 jeunes de moins de 18 ans ont été hospitalisés à Québec pour des troubles alimentaires, principalement des cas d'anorexie.

C'est deux fois plus que dans une année normale, explique Nathalie Gingras, chef du secteur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent au CIUSSS de la Capitale-Nationale.

30 % des jeunes avaient une problématique de santé mentale avant la pandémie. Actuellement, on est autour du double des consultations, précise-t-elle.

Cette réalité est largement vécue par la Dre Anne Monique Nuyt, directrice et cheffe du département de pédiatrie de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal-CHU Sainte-Justine.

Pour ce qui est des troubles alimentaires chez les adolescents, on a une augmentation d'environ 60 % des visites à l'urgence pour ça.

Une citation de :Dre Anne Monique Nuyt, directrice et cheffe du département de pédiatrie de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal-CHU Sainte-Justine
Des appareils médicaux devant un lit d'hôpital vide.

Les hospitalisations pour des troubles alimentaires ont doublé à Québec depuis août dernier

Photo : Radio-Canada / Laurent Pirot

Deux fois plus de consultations

Les consultations externes pour des troubles alimentaires ont aussi doublé.

On a vu deux fois plus de cas en 2020 que dans les années précédentes. Dans les trois premiers mois de 2021, on a vu autant de cas que la moyenne de 2017-2019. Ça fait une projection de quatre fois plus, c'est un souci majeur, prévient la Dre Nuyt.

Je ne veux pas critiquer la santé publique, mais là il est temps qu'on s'occupe des jeunes, exhorte la médecin. C'est absolument inquiétant, c'est la pandémie des adolescents, ajoute-t-elle.

Jeunes à la dérive, préviennent des psychologues

Les médecins ne sont pas les seuls à vivre cette réalité.

Dans une lettre ouverte envoyée aux ministre et ministre délégué de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé et Lionel Carmant, et aux ministres de l'Éducation et de l'Éducation supérieure, Jean-François Roberge et Danielle McCann, la Coalition des psychologues du réseau public québécois demande une prise en charge de ces jeunes à la dérive. Plus de 500 psychologues et doctorants en psychologie l'ont signé.

Le but de la lettre, c'est vraiment de dire qu'on veut que tout soit fait pour améliorer l'accessibilité à des soins spécialisés pour traiter des problèmes de santé mentale parce qu'on voit une augmentation vraiment importante présentement, lance la Dre Karine Gauthier, présidente de la Coalition.

Des jeunes marchent à Montréal. Certains portent des masques.

Des jeunes quittent une école

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pour améliorer l'accès à des psychologues, la Coalition demande au gouvernement de contribuer à leur rétention dans le réseau public.

40,5 % des psychologues partent dans les 5 premières années, rappelle Karine Gauthier. On arrive à recruter seulement 25 % des jeunes qui sortent du doctorat, estime la psychologue.

En rendant plus accessibles les psychologues dans le réseau public, qui peuvent avoir un accès facile par exemple dans les écoles, dans les groupes de médecine familiale pour que les gens aient des traitements beaucoup plus tôt

Une citation de :Karine Gauthier, présidente de la Coalition des psychologues du réseau public québécois

Une pétition qui presse le gouvernement de mettre fin à cette crise de santé mentale sans précédent est également en ligne depuis dimanche.

Plan d'action

Tous demandent un plan d'action rapide et concerté entre plusieurs ministères, dont celui de l'Éducation, et l'ajout de ressources.

Je pense qu'il faut vraiment faire un plan d'action, il y a beaucoup de choses qu'on peut faire, il faut s'asseoir ensemble pour le faire, espère Nathalie Gingras.

Je pense qu'il faut que ce soit un effort concerté de beaucoup de paliers de la société. D'abord les écoles. Il faut que les écoles accueillent les jeunes 5 jours. Il faut que les écoles puissent appuyer les jeunes. Au niveau du réseau de la santé, les CLSC, nos collègues pédiatres partout au Québec, tous doivent être outillés, estime Anne-Monique Nuyt.

Il y a le principe qui dit que pour s'occuper d'un enfant, ça prend un village. C'est vraiment ça actuellement.

Une citation de :Nathalie Gingras, chef du secteur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent au CIUSSS de la Capitale-Nationale

Avec les informations de Camille Carpentier et de Marie-Pier Bouchard

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