•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les infirmières auxiliaires autorisées luttent contre le stress, selon un sondage

Infirmière dans un hôpital, à côté d'un patient.

30% des travailleurs interrogés envisagent de quitter la profession, selon le sondage.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Radio-Canada

Pam Parks dit qu'elle a une routine pour se remonter le moral avant de commencer chacun de ses quarts de travail, ces jours-ci.

L'infirmière auxiliaire autorisée (IAA) parcourt les cinq minutes qui séparent son logis de son lieu de travail à l'hôpital d'Oshawa, en Ontario, en mettant la radio de sa voiture à fond et en chantant.

Elle essaie de se changer les idées, ne serait-ce que brièvement. Elle est tourmentée par le stress, l'incertitude et la charge de travail considérable qui l'attendent dans la salle d'urgence chaque jour, en plein milieu de la troisième vague de la pandémie de COVID-19.

Mme Parks, qui a 33 ans de carrière, affirme que la pandémie a mis en évidence la fragilité de notre système de soins de santé. Et cette fragilité s’est traduite en stress direct sur les épaules des infirmières, dit-elle.

J'arrive dans le stationnement, je reste assise quelques secondes pour me ressaisir avant d’entrer à l’hôpital, explique-t-elle. Certains jours, il lui est difficile de se rendre au travail.

J'espère qu'aujourd'hui sera une meilleure journée qu'hier. J'espère une meilleure journée, pour tout le monde.

Plus de la moitié des IAA s'en sortent mal : sondage

Selon un nouveau sondage mené par Oraclepoll Research pour le Syndicat canadien de la fonction publique ainsi qu’un second sondage mené par l'Union internationale des employés des services, Mme Parks n'est pas la seule à avoir du mal à s'adapter.

Les deux sondages ont été publiés dimanche.

Le sondage Oraclepoll, réalisé auprès de 2600 infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés membres du SCFP dans toute la province, montre que plus de la moitié des personnes interrogées ont déclaré qu'elles s'adaptaient mal ou extrêmement mal à la charge de travail liée à la pandémie.

Un peu plus de 80 % ont indiqué que leur charge de travail avait beaucoup augmenté , et 86 % ont déclaré croire que le risque d'erreurs médicales avait augmenté au cours des 12 derniers mois.

Plus de 90 % d'entre eux ont peur de ramener la COVID-19 à la maison et d’infecter leur famille. 70 % ont déclaré être confrontés à une violence accrue de la part des patients.

30 % des travailleurs interrogés envisagent de quitter la profession, selon le sondage.

Une étude menée par l'Union internationale des employés des services auprès de plus de 550 infirmières et infirmiers auxiliaires autorisés révèle des niveaux d'épuisement similaires.

La recherche interne du syndicat révèle que 94 % des IAA travaillent régulièrement dans des équipes incomplètes. 72 % estiment qu’il y a un manque de personnel.

Mme Parks a déclaré que la pandémie a un effet profond sur le moral de ses collègues, et elle le constate à chaque quart de travail. Les infirmières qui travaillaient déjà dans des équipes incomplètes doivent compléter d’autres tâches puisque les familles des malades n'ont pas accès aux hôpitaux en raison des restrictions liées à la COVID-19, a-t-elle expliqué.

Nous, en tant qu'infirmières, nous ne nous occupons pas seulement des soins de santé des patients. Nous sommes aussi leur service de soutien, a déclaré Mme Parks.

Nous leur tenons la main. Certains sont au dernier stade de leur vie. Nous essayons de nous assurer qu'ils ne sont pas seuls.

Ashley MacRae, infirmière auxiliaire autorisée à l'hôpital de Thunder Bay, en Ontario, a déclaré que les résultats du sondage reflètent ce qu’elle voit à l’hôpital.

Lorsque vous donnez tout ce que vous avez et que ce n'est pas suffisant, c'est épuisant, a-t-elle dit. J'ai l'impression, quand je parle à mes collègues, qu'ils sont épuisés.

Mme MacRae a expliqué que les infirmières auxiliaires autorisées (IAA) font moins d’argent que leurs collègues infirmières autorisées. En raison de la charge de travail et du stress extrême, beaucoup abandonnent la profession.

Elle ajoute craindre que le traumatisme subi durant la pandémie se fera sentir pendant des années chez ces IAA.

Je pense que beaucoup d'infirmières ne s’en remettront jamais, a-t-elle déclaré.

Plus de soutien pour le personnel infirmier

Michael Hurley, président du Conseil des syndicats hospitaliers de l'Ontario du SCFP, a déclaré que le gouvernement doit s'attaquer au stress croissant que subissent les infirmières et infirmiers, leur offrir davantage de soutien en matière de santé mentale et augmenter les salaires afin de favoriser la rétention de la main-d'œuvre.

Combien de temps peut-on s'attendre à ce que les IAA fassent face à cette situation?

Selon Jackie Walker, de l’Union internationale des employés des services, les syndicats demandent à la province et aux hôpitaux qui emploient des IAA de leur offrir plus de soutien.

Une intervention vraiment significative doit être prise par notre gouvernement provincial et par les employeurs pour soutenir les IAA financièrement ainsi qu’avec leur santé émotionnelle et mentale, a-t-elle dit.

Au printemps dernier, le premier ministre Doug Ford a annoncé une prime de pandémie afin de reconnaître les sacrifices que font les travailleurs essentiels dans leur lutte contre la COVID-19. Elle comprenait une augmentation salariale de 4 $ par heure sur une période de quatre mois et une prime mensuelle de 250 $ s'ils travaillaient plus de 100 heures dans un mois.

Les infirmières auxiliaires autorisées étaient incluses dans ce programme, ainsi que 350 000 travailleurs qui avaient droit à la prime salariale.

Oraclepoll Research indique que son sondage téléphonique a été réalisé du 29 mars au 3 avril et que la marge d'erreur est de 1,6 %, 19 fois sur 20.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !