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Éducatrices et parents dénoncent la pénurie dans les garderies

Des pancartes avec des slogans pour la valorisation de la profession d'éducatrice derrière lesquelles se tiennent des femmes, des hommes et des enfants.

Des éducatrices et des parents s'étaient notamment donné rendez-vous au parc Lafontaine, à Montréal, pour manifester contre le manque de place en garderie et la dévalorisation de la profession.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Si les éducatrices en garderie étaient fatiguées avant même que n'éclate la pandémie, voilà qu'elles sont bel et bien au bout du rouleau. Elles reprochent au gouvernement de ne pas valoriser suffisamment leur profession, ce qui, par effet domino, entraîne une pénurie de main-d'œuvre – et de places pour accueillir les enfants.

De la reconnaissance, tant sur le plan professionnel que salarial : c'est ce que revendiquent de toute urgence les éducatrices en garderie qui ont manifesté dimanche à Montréal, Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières et Rimouski.

Les mouvements citoyens « Ma place au travail » et « Valorisons ma profession » ont été lancés afin que des mesures soient rapidement mises en place pour inciter les éducatrices à ne pas quitter la profession, après un an de pandémie.

La crise sanitaire est venue exacerber l'épuisement des travailleuses du réseau. Des centaines d'entre elles ont décidé de remettre leur démission dans la dernière année.

Il y a beaucoup de départs. Il y a des filles qui envoient leur CV ailleurs. Il y en a qui tombent l'une après l'autre en épuisement, qui sont en arrêt de travail. Ça n'arrête plus, se désole Émilie Dechamplain, éducatrice en CPE.

La charge est tellement difficile pour les éducatrices et les éducateurs que tout le monde quitte le bateau. Tout le monde veut s’en aller.

Une citation de :Annie Patenaude, éducatrice en CPE

Même son de cloche du côté de Myriam Lapointe-Gagnon, qui a fondé le mouvement « Ma place au travail ». Selon elle, tout découle de la dévalorisation de la profession.

Quand on demande à l'opinion à tout citoyen et citoyenne, ils vont nous dire qu'ils pensent que les tout-petits sont importants, mais le financement ne suit pas, souligne-t-elle.

Un problème en entraînant un autre, le manque de ressources et de personnel vient limiter le nombre d'enfants qui peuvent être pris en charge dans les CPE. Ce que dénoncent des parents qui ont eux aussi pris la rue dimanche.

Mère d'un bébé, Loïka Ettien dit avoir seulement trouvé une place en milieu non-subventionné. Elle espère qu'une place se libère dans le réseau public, sans quoi elle redoute de devoir payer aussi cher en loyer qu'en garderie, raconte-t-elle.

Les mouvements citoyens visent aussi à soutenir ces familles qui peinent à trouver une place en garderie pour leur enfant. À l'heure actuelle, près de 51 000 enfants se trouvent sur la liste d'attente du guichet d'accès unique.

Au sein de « Ma place au travail », quelque 9000 parents ont décidé de s'impliquer à peine deux mois après le lancement du mouvement.

Le mouvement « Valorisons ma profession », qui se veut sans affiliation syndicale ou partisane, a pour sa part permis de réunir environ 5600 membres sur un groupe Facebook en un peu plus d'un mois.

Grogne des parents et des éducatrices en garderie

Myriam Lapointe-Gagnon revendique une aide financière immédiate pour les familles privées d'un salaire en attendant de pouvoir placer leur enfant, une réduction de la charge administrative pour créer des milieux de garde et des mesures pour le recrutement et la rétention des éducatrices, qui n'ont bénéficié d'aucune prime en temps de pandémie.

Le ministre de la Famille Mathieu Lacombe a été à l'écoute du mouvement, mais n'a que très peu agi pour régler le problème, soutient Mme Lapointe Gagnon. Il nous dit d'attendre, d'attendre, d'attendre. Mais on lui dit qu'en attendant, il y a des parents qui sont dans des situations de précarité inconcevable.

Notre profession est vraiment magnifique, soutient de son côté Émilie Dechamplain.

Le réseau que le ministre Lacombe, a entre les mains, c'est vraiment un joyau, poursuit-elle. C'est un réseau qui est envié du reste du Canada et ils ont raison de le dire, mais par contre notre réseau est en crise et il faut agir vite.

Pas d'échéancier prévu

Du côté du cabinet du ministre, on réitère la promesse caquiste de compléter le réseau des services de garde, sans toutefois fournir d'échéancier précis.

De 5000 à 7000 places subventionnées en installation verront le jour dans la prochaine année, estime-t-on.

Il faut aussi dire que depuis 2014, nous perdons des milliers de places en milieu familial chaque année et la perte a été encore plus importante avec la pandémie, a fait valoir l'attaché de presse du ministre Lacombe, dans un courriel transmis à La Presse canadienne.

Le processus de construction d'un CPE passera de trois à deux ans grâce à un récent allègement des règles administratives et d'autres annonces sont à venir, affirme-t-il encore.

En campagne électorale, le premier ministre François Legault s'était engagé à libérer 50 000 places et ainsi éliminer la liste d'attente grâce à la création des maternelles 4 ans.

Avec des informations d'Alexis Gacon et de La Presse canadienne

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