•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les arrêts cardiaques plus fréquents et plus dangereux pendant la pandémie

Le nombre d'appels pour des arrêts cardiaques dans la région de Peel, en Ontario, a bondi lors des trois premiers mois de la pandémie

Un coeur dans une cage thoracique.

Chaque année, pas moins de 70 000 Canadiens subissent une crise cardiaque.

Photo : iStock

Nicolas Haddad

Les appels aux urgences pour des arrêts cardiaques ont augmenté depuis le mois de mars 2020. Selon des experts en cardiologie, la pandémie de COVID-19 pourrait aussi avoir des conséquences importantes pour les chances de survie dans ces situations où chaque seconde compte.

En Ontario, des données préliminaires démontrent que le nombre d'arrêts cardiaques dans la région de Peel a bondi lors des trois premiers mois de la pandémie.

Nous savons que dans le monde entier, les taux d'arrêt cardiaque au cours de la pandémie de COVID-19 ont beaucoup augmenté, souligne la cardiologue qui travaille comme chercheuse au réseau hospitalier Unity de Toronto, Katie Allan.

Portrait de la Dre Katherine Allan.

Actuellement associée de recherche à l’hôpital St. Michael’s à Toronto, la Dre Katherine Allan se spécialise dans la recherche sur l’arythmie, en particulier sur l’arrêt cardiaque soudain (ACS) chez les jeunes.

Photo : via stmichaelshospitalresearch.ca

Des données préliminaires fournies par les Services paramédicaux de la région de Peel démontrent que les appels reçus pour répondre à un arrêt cardiaque ont augmenté de 19 % au cours des trois premiers mois de la pandémie.

Selon la Dre Allan, une partie de ce que nous pensons qui se passe, c’est que les gens ont peur d’aller à l’hôpital et d’attraper la COVID. Ils restent donc à la maison plus longtemps , affirme-t-elle.

Les chances de survie diminuent de 10 % chaque minute. Après 10 minutes, si vous n'avez rien fait, les chances de survie sont très proches de zéro. Je pense donc que plus les gens sont conscients de ce qu'il faut faire, meilleures seront leurs chances de sauver la vie de leurs proches.

Une citation de :Dre Katie Allan, cardiologue au réseau hospitalier Unity

Selon la cardiologue, les chances de survie à la suite d’un arrêt cardiaque peuvent s’élever à jusqu'à 70 % si les démarches appropriées sont suivies.

Un défibrillateur dans une boîte installée sur un mur.

De nombreux défibrillateurs se trouvent dans des lieux publics, comme les gymnases, les arénas, les centres commerciaux, etc.

Photo : CBC/Krystalle Ramlakhan

Elle souligne que tout d’abord, il s'agit de reconnaître qu'une personne subit un arrêt cardiaque, puis d’appeler les services d’urgence dès que possible avant d’effectuer une réanimation cardiorespiratoire (RCR), ou de se servir d’un défibrillateur automatisé externe (DAE).

Selon la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada, un arrêt cardiaque signifie que le cœur s'arrête soudainement de battre. Lorsque le cœur cesse de battre, le sang ne circule pas, et la mort cérébrale peut commencer en aussi peu que trois minutes.

Sauriez-vous sauver une vie?

La Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada indique que 8 arrêts cardiaques sur 10 se produisent à la maison ou dans les lieux publics, mais que le taux de survie pour de tels incidents n’est que de 10 %.

Selon la Fondation, les chances de survivre à un arrêt cardiaque peuvent doubler si l’on intervient avec une action immédiate.

En 2019, l’adolescente Raychell Gillis a réussi à sauver la vie d’un homme qui s’est effondré lorsqu’elle assistait au match de hockey de son père.

Une adolescente et deux hommes près d'un défibrillateur automatisé externe.

En 2019, l’adolescente Raychell Gillis a sauvé la vie d’un homme avec l'aide d'un défibrillateur automatisé externe.

Photo : Gracieuseté de Raychell Gillis

Je me disais, j'ai besoin de réveiller ce type et qu’il respire à nouveau. J'ai besoin de le sauver, se rappelle la jeune femme de Newmarket, qui a aujourd’hui 19 ans.

L’adolescente s’est servie d’un défibrillateur automatisé externe pour réanimer l’homme qui subissait un arrêt cardiaque.

Honnêtement, je pense que tout le monde doit savoir comment faire.

Une citation de :Raychell Gillis, résidente de Newmarket
Une élève est penchée sur un mannequin pour pratiquer un massage cardiaque.

Une élève du primaire pratique le massage cardiaque sur un mannequin.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

En Ontario, les élèves apprennent obligatoirement la réanimation cardiorespiratoire en 9e année. Mais la cardiologue Katie Allan craint qu'avec l'apprentissage virtuel, ces compétences ne soient laissées pour compte.

Avec la pandémie, les gens seront-ils moins enclins à intervenir qu’avant?

Des statistiques de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada démontrent que 61 % des Canadiens se disent en théorie prêts à pratiquer la RCR par compression thoracique s'ils voient eux-mêmes une personne s'effondrer.

Mais les taux réels sont beaucoup plus faibles. La Fondation indique que lors d’arrêts cardiaques survenus dans des lieux publics, seulement 36 % à 49 % des personnes qui ont subi un arrêt cardiaque ont reçu une RCR avant l'arrivée des secours professionnels.

Selon la Dre Allan, ce taux va probablement baisser pendant la pandémie.

Maintenant plus que jamais, je pense qu'il est vraiment important que les gens apprennent à reconnaître et à aider quelqu'un qui a une urgence, mais aussi à savoir quelles mesures ils peuvent prendre pour se protéger, affirme la cardiologue.

Cette dernière rappelle qu’en cas de situation qui requiert une RCR, la personne qui offre de premiers soins devra s’assurer de porter un masque avant d’administrer des compressions thoraciques.

Avec des informations de Natalie Kalata de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !