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Comté de Prince Edward : le boom de l'immobilier freine l'embauche d'employés saisonniers

Une femme pose devant un camion de la compagnie Parsons Brewing.

Samantha Parsons, copropriétaire de Parsons Brewing Company, dit qu'elle a perdu des employés potentiels parce qu'ils ne pouvaient pas trouver de logement abordable dans le comté de Prince Edward.

Photo : CBC

Radio-Canada

Le comté de Prince Edward est une destination touristique importante dans le sud de l'Ontario, mais les entreprises locales ont de la difficulté à trouver des travailleurs pour l'été, en raison du prix exorbitant des logements.

Dans sa brasserie artisanale du comté de Prince Edward, Samantha Parsons n'offre présentement que des repas et boissons à emporter. Mais elle s'attend à un autre été achalandé dans la région, et cherche à embaucher une trentaine d’employés saisonniers.

Ces dernières années, c’est devenu tout un défi, selon elle. La raison principale, c’est assurément le problème des logements abordables, après le boom que nous avons connu sur le marché de l’immobilier.

La situation est telle que la propriétaire de Parsons Brewery Company a fait construire une maisonnette permettant d’héberger un travailleur.

Une maisonnette sur un terrain.

Samantha Parsons a fait construire une maisonnette pour être en mesure d'offrir un logement à un employé saisonnier.

Photo : CBC

Cette année, elle a également co-signé le bail d’une maison pour trois de ses employés.

On a même considéré le fait d’acheter une propriété pour y loger nos employés.

Une citation de :Samantha Parsons, propriétaire d’une microbrasserie

Et Samantha Parsons n'est pas la seule dans sa quête de logement pour son personnel. C’est désormais commun pour les propriétaires de petites entreprises d’offrir le logement à leurs employés saisonniers ou de les aider à en trouver un.

Le comté de Prince Edward, situé à l'est de Toronto et au sud de Belleville, en Ontario, est devenu une destination touristique populaire ces dernières années, faisant exploser ses prix de l'immobilier.

Hausse des loyers de près de 40 %

L’explosion du tourisme dans le comté de Prince Edward, situé à environ deux heures de route à l’est de Toronto, a fait grimper les prix de l’immobilier depuis plusieurs années. Et depuis le début de la pandémie, l’exode des centres urbains vers les zones côtières a accentué la tendance.

Selon le rapport annuel de la Société de logement abordable du comté de Prince Edward, au cours de la dernière année, le prix des logements a bondi de 49 % et les loyers de 38 %. À la fin du mois de mars, le prix de vente moyen d'une maison était de 821 000 $ et le loyer moyen pour un appartement d'une chambre, de 1464 $.

Jusqu’où ça va aller? , s’exaspère son directeur général, Charles Dowdall. La Société a justement été établie il y a quatre ans pour tenter d’enrayer cette flambée des prix du logement.

La croissance de nos loyers et celle du prix de nos maisons ont dépassé celles de Toronto ou des zones touristiques comme les Muskokas, ou Kawartha, dit-il.

Selon lui, il faut construire, et vite. Deux projets sont en cours de développement pour créer 56 logements abordables dans le comté au cours des deux prochaines années. La Société étudie également d'autres solutions pour tenter de créer de 50 à 100 logements abordables supplémentaires au cours des deux à trois prochaines années.

Mais en attendant, Samantha Parsons perd des occasions, comme ce fut le cas avec un récent candidat torontois qualifié.

Il a cherché un logement pendant environ deux mois et demi et ce n'était tout simplement pas une possibilité pour lui de louer quelque chose dans le comté, a-t-elle déclaré. Il a donc choisi de déménager à Ottawa à la place, regrette la commerçante.

Mme Parsons emploie six travailleurs à temps plein et, pour un été normal, doit en recruter près de 30 supplémentaires pour gérer le nombre croissant de touristes qui visitent le comté du long week-end de mai à la fête du Travail chaque année.

Le poids de l’inconnu

À cette situation déjà difficile s'ajoute la pandémie qui complique encore les choses.

Il y a beaucoup d'hésitation simplement parce que les contrats que nous sommes en mesure d'offrir en ce moment comportent tous cette mise en garde… Si nous fermons, nous ne pouvons pas soutenir 35 employés à temps plein tout au long de la saison, explique Samantha Parsons.

L'embauche saisonnière est un jeu de devinettes dans les industries de l'hôtellerie et des services du comté à l'heure actuelle, estime Donna Harrison, responsable dans un service d'aide à l’emploi local.

Donner une date de début n'est tout simplement pas faisable pour le moment.

Une citation de :Donna Harrison, responsable en aide à l’emploi, Career Edge

Je pense que la plupart [des employeurs] ne veulent pas offrir un travail auquel ils ne peuvent pas donner suite, explique-t-elle. Mme Harrison prévoit par ailleurs que la réouverture risque d’être difficile. Tout le monde va chercher du personnel en même temps et il y a déjà une pénurie.

La propriétaire du restaurant Flame and Smith, Sarah Zomer, confirme que le recrutement est devenu beaucoup plus difficile en temps de pandémie. Elle a déjà perdu des employés, partis pour des emplois moins bien payés, mais offrant plus de stabilité.

Une femme assiste à un comptoir de restaurant devant un café.

Sarah Zomer, propriétaire du restaurant Flame and Smith, dit que trouver du personnel saisonnier a toujours été un problème, mais que la pandémie l'a aggravé.

Photo : CBC

Ce n’est pas facile de faire des offres alléchantes en tant qu’employeur, car on peut ouvrir ou ne pas ouvrir. On veut embaucher, mais on ne sait pas quand ni combien d’heures on pourra garantir.

Une citation de :Sarah Zomer, propriétaire, restaurant Flame and Smith

À l’approche de la saison estivale, les commerçants comme elle ou Samantha Parsons espèrent avoir assez de personnel pour répondre à l’afflux de clientèle… Pour l’heure, ils attendent encore de pouvoir rouvrir leurs portes.

Avec les informations de Nicole Brockbank, CBC News

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