•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une corvée pour restaurer le Karaboudga

Un vieux bateau délabré

Le chalutier est bien connu des citoyens et a souvent été photographié par les touristes.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Le petit chalutier Karaboudga, installé en cale sèche depuis des années dans le secteur de la Marina, a été cédé par la Ville de Carleton-sur-Mer à l'Écomusée Tracadièche. Depuis, des retraités de Carleton-sur-Mer s'affairent à lui donner une deuxième vie.

Sa cure de rajeunissement ne lui permettra pas de reprendre la mer. Toutefois, le bateau jettera l’ancre sur terre d'ici la fin de l'été, le long de la rue du Quai, dans la zone portuaire municipale. Le Karaboudga servira de porte d’entrée du nouveau site.

L'ancien chalutier, un témoin important de la pêche à la morue aujourd'hui révolue, servira désormais à l’interprétation du patrimoine maritime de la baie des Chaleurs.

Cependant, avant que le bateau s’y installe, de très nombreuses heures de bénévolat sont à prévoir.

La joie de s'engager

Plus on gratte, plus on trouve des choses à gratter. Plus on répare, plus on trouve de choses à réparer. Je dirais qu'on est rendus à peu près au quart de notre projet, commente Carol Morneau, bénévole pour l'Écomusée Tracadièche.

La salle de navigation de l'ancien chalutier.

Le chalutier a été cédé par la Ville de Carleton-sur-Mer à l'Écomusée Tracadièche.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

C’est bien loin de décourager les principaux intéressés. Chaque fois, ils sont cinq ou six bénévoles qui se donnent rendez-vous le matin, au gré de la météo, sur le site actuel du Karaboudga.

Carol Morneau explique s’être porté volontaire aussi pour le plaisir. Le plaisir est là dès la première minute jusqu'à ce qu'on se quitte sur l'heure du dîner , dit-il.

Les bénévoles ne travaillent que le matin. Ce sont des avant-midis bien remplis. Il y a beaucoup de petites taquineries qui se font entre nous, des plaisanteries. On a bien du plaisir à le faire. Malgré tout ça, on avance!, poursuit Carol Morneau.

Un devoir de mémoire

Denis Hanry, ancien maire de Carleton-sur-Mer, vêtu de vêtements de travail.

L'ancien maire de Carleton-sur-Mer, Denis Henry, fait partie des bénévoles qui restaurent le vieux chalutier.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

L’ancien maire de Carleton-sur-Mer, Denis Henry, lui aussi bénévole l'Écomusée Tracadièche, voit dans ce travail de grattage et de recollage une manière de préserver la mémoire collective et de redonner aux autres. À Carleton-sur-Mer et dans la région, il y avait beaucoup de pêcheurs de saumons, de harengs, de homards. Il ne reste presque plus rien de ça. C'est un peu pour ça qu'on s'implique comme bénévoles, pour laisser des traces.

Pour l'ex-maire, ces travaux de restauration sont également un hommage à des gens qui ont mis en valeur le patrimoine gaspésien. Les Jules Bélanger, les Gérald Thériault de ce monde qui, par leur travail, redonnent de la lumière à la Gaspésie.

Un bateau bien connu

Ce bateau-là a aussi été le plus petit chalutier au Canada, souligne le président de l'Écomusée Tracadièche et historien à la retraite, Paul Lemieux. Les chalutiers sont généralement beaucoup plus grands et ne sont pas construits en bois.

Le bateau permet donc, selon l'historien, d’exposer le savoir-faire d'artisans et d'ouvriers de la région dans la construction de bateaux de bois.

Le Karaboudga a d'ailleurs toujours été une petite vedette, à Carleton-sur-mer.

Le Karaboudga et des bénévoles autour.

Le bateau demeure un témoin important de la pêche à la morue et aux poissons de fond avant l'imposition du moratoire en 1993.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

L’ancien navire de pêche, bien connu des résidents de Carleton-sur-Mer, a été photographié par d’innombrables touristes.

Il s’agit du 88e bateau de plus de 30 pieds à sortir, en mai 1989, du chantier naval de Stanley Doucette de Saint-Omer, une entreprise spécialisée dans les bateaux de bois.

Le Karaboudga a une longueur de 11,19 m, soit près de 40 pieds, ce qui est inférieur à la dimension habituelle des chalutiers.

Il a été commandé par Laurent Normand et Sylvain Bujold, de l’entreprise Pêcheries Nord-Sud de Mont-Louis. Ironie du sort, l’année de mise à l’eau du bateau correspond à la fin de l’âge d’or de la pêche à la morue dans l’Est du Canada. En quelques années, l’effondrement des stocks amène Pêches et Océans Canada à décréter en 1993 un moratoire sur la pêche aux poissons de fond.

Le petit chalutier servira un temps à d’autres types de pêche. Le Karaboudga a été mis au rancart et est devenu la propriété de la Ville de Carleton-sur-Mer.

Source : Paul Lemieux, historien Écomusée Tracadièche

M. Lemieux se réjouit de voir l’implication des bénévoles pour la mise en valeur du patrimoine local.

Plaque d'identification à l'intérieur du navire.

Une fois restauré, le navire sera utilisé à des fins d'interprétation et installé dans la zone portuaire de Carleton-sur-Mer.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Avec le Karaboudga et après avoir restauré la cabane à Eudore en 2018 et la glacière en 2019, les bénévoles laisseront effectivement de bien belles et concrètes traces aux touristes et citoyens de Carleton-sur-Mer.

Avec les informations de Roxanne Langlois

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !