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Des Manitobains se préparent à l’entrée en vigueur des nouvelles restrictions

Adriano Augellone est assis à une table dehors et sourit à la caméra.

Étudiant en génie électrique, Adriano Augellone est fatigué par la pandémie, comme de nombreux Manitobains qui doivent maintenant accepter de nouvelles restrictions.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Radio-Canada

Au lendemain de l’annonce de restrictions plus sévères, les Manitobains se préparent à leur entrée en vigueur, dimanche. Le resserrement des restrictions touche entre autres les gymnases, les salons de coiffure, les restaurants et les terrasses, pour qui les prochaines semaines s’annoncent difficiles.

Ces commerces doivent fermer leur porte au public pour les trois prochaines semaines. Dans le cas des terrasses et des restaurants, les commandes à emporter et les livraisons sont toujours autorisées, mais les salles à manger sont fermées.

Le premier mot qui m’est venu en tête a été anéantissement, déclare le directeur général de l’organisme porte-parole de l’industrie de la restauration, Manitoba Restaurant Foodservices Association, Shaun Jeffrey. Nous vivons avec si peu depuis tellement longtemps.

Les restaurateurs à qui il a parlé lui disent qu’ils ne pourront survivre à une autre période de confinement. Shaun Jeffrey s'attend à ce que plusieurs ferment leurs portes définitivement si les nouvelles restrictions durent trop longtemps.

La propriétaire du restaurant Pad Thai à Winnipeg, Claire Venevongsa, est résolue à ce que son établissement parvienne à survivre à cette crise, si elle peut y arriver.

Le restaurant, qui est implanté dans le quartier West End depuis 20 ans, n’a pas reçu de clients depuis le mois d’octobre, se contenant des commandes à emporter et des livraisons. Son loyer a augmenté tandis que ses revenus se sont écroulés. Le restaurant n'a pas assez d'employés et Claire Venevongsa prend désormais les commandes sept jours sur sept pour assurer sa survie.

C’est vraiment dur, dit-elle. Il faut oublier la vie de famille.

Une pancarte sur laquelle est écrit fermé accrochée à la vitre d'un restaurant.

Les restaurants doivent fermer leurs portes pour la troisième fois depuis le début de la pandémie, mais les livraisons et les commandes à emporter sont encore autorisées.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans le quartier de la Bourse, le propriétaire de Corrientes Argentine Pizzeria, Alphonso Maury, se désole aussi de la situation. Les restaurateurs faisaient des plans pour la saison estivale, pour obtenir leur permis de terrasses et embaucher davantage de personnel, et leurs employés s’attendaient à travailler, explique-t-il.

Et voilà que tout à coup nous devons leur dire : "Retournez à la maison, nous n’aurons pas besoin de vous, quoi qu’il advienne." C’est vraiment décevant.

Claire Venevongsa et Alphonso Maury comprennent tous les deux que les nouvelles restrictions ont pour but de protéger la population contre la COVID-19.

Une situation prévisible

Des mesures plus strictes avaient déjà été annoncées par la province, le 26 avril, dans l’espoir d'éviter un confinement complet. Mais l’augmentation du nombre de nouveaux cas et la pression entraînée sur le système de santé ont amené la santé publique à resserrer davantage les ordonnances. Vendredi, le médecin hygiéniste en chef, Brent Roussin, a expliqué qu’il ne pouvait attendre plus longtemps de voir si les mesures mises en place à la fin d'avril seraient suffisantes pour contenir la transmission du virus.

Vendredi, 502 nouvelles infections ont été annoncées par la santé publique, alors que les taux de positivité et les hospitalisations sont en hausse.

Les gymnases, les musées, les établissements de sport intérieur et les églises doivent fermer. Le volume de clientèle admis dans les commerces est maintenant de 10 % de leur capacité habituelle.

Plusieurs experts en santé ont demandé que des restrictions plus sévères soient imposées pour prévenir une troisième vague aussi dévastatrice que celles que connaissent l’Ontario et l’Alberta.

Le Dr Anand Kumar, qui est médecin aux soins intensifs et spécialiste des maladies infectieuses, affirme ainsi que la recrudescence du nombre de cas pouvait être évitée au Manitoba.

Avant l'annonce des nouvelles restrictions, il disait déjà que la situation actuelle était prévisible depuis des mois et que le gouvernement a choisi comme stratégie d’intervenir seulement quand il semble que la capacité des hôpitaux et des soins intensifs est menacée.

Cette stratégie est en soi une menace pour les soins intensifs, dit-il, parce qu’elle perpétue des cercles vicieux qui ne règlent rien à la situation.

Wab Kinew est debout à un lutrin devant un micro et porte un masque.

Le chef du NPD blâme le gouvernement conservateur pour sa gestion de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Tout en reconnaissant que la population est fatiguée après 14 mois de pandémie, le chef de l’opposition officielle à l’assemblée législative, Wab Kinew, demandait aux Manitobains de continuer de se conformer aux ordres sanitaires, vendredi soir.

Les générations futures, a-t-il dit dans une diffusion en direct sur Facebook, vont se souvenir de cette période et des défis que nous connaissons.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) demande aussi au gouvernement de rendre publiques sa modélisation des données sur la pandémie et ses informations montrant dans quels endroits le virus se propage, estimant que cela permettra à la population de mieux comprendre la prise de décision.

Étudiant en génie électrique, Adriano Augellone était sur la terrasse du bar Beer Can vendredi soir. Il a exprimé sa frustration au sujet des restrictions qui semblent punir ceux-là mêmes qui respectent les règles.

On était content à la pensée que les restrictions seront peut-être levées, tout en se disant qu’il y aurait alors plus de cas. Et puis le nombre de cas a augmenté, il y a eu des manifestations anti-masque, et maintenant on en paye le prix, dit-il.

Vaincue par les nouvelles règles

Michelle Braithwaite, masquée, dans le gymnase.

La gérante du gymnase Fit Club à Winnipeg, Michelle Braithwaite, doit maintenant trouver des façons de survivre à cette troisième fermeture du commerce depuis le début de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Karen Pauls

Michelle Braithwaite était au volant de sa voiture quand son téléphone a sonné, vendredi soir, après l’annonce du Dr Roussin. Ces changements signifient que le gymnase dont elle est la gestionnaire, le Fit Club, devra fermer pour la troisième fois depuis le début de la pandémie.

J’étais vraiment triste et je me suis presque sentie vaincue, dit-elle.

Elle explique qu’elle doit maintenant préparer un plan de match pour survivre à cette troisième vague, comme elle a survécu aux deux vagues précédentes.

On a passé au travers et il faut juste garder un esprit positif et faire ce qu’on nous demande de faire.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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