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Prix des loyers : hausse annuelle record dans le Grand Montréal

Une affiche accrochée à un immeuble sur laquelle est écrit : logements à louer, complet.

De plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer la crise du logement à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Tandis que les signes d'une crise du logement se font sentir depuis des mois dans le Grand Montréal, une étude confirme l'« augmentation spectaculaire » du prix des loyers, qui ont connu la plus forte hausse annuelle en 18 ans.

Entre l'automne 2019 et l'automne 2020, l'Observatoire Grand Montréal a évalué que l'augmentation du coût des loyers se chiffrait en moyenne à 4,2 %, un sommet depuis 2003.

Cette variation est estimée à 4,6 % sur l'île de Montréal, à 3,9 % à Longueuil, à 2,2 % à Laval et à environ 3 % dans les régions périphériques, détaille l'Observatoire dans son rapport, qui porte sur tous les logements locatifs, loués ou disponibles, mais pas sur ceux qui ont été construits pendant l'année.

Selon les données compilées par cet organe de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), le coût moyen des loyers présentement inoccupés a bondi à 1198 $ en 2020, alors qu'il se situait plutôt à 910 $ en 2019.

Cette augmentation spectaculaire de 30 % s’explique en partie par le contexte particulier lié à la pandémie de la COVID-19, note l'Observatoire Grand Montréal.

De nombreux logements à « loyer élevé » destinés à une clientèle qui a normalement besoin d'un toit à court terme – comme c'est le cas des touristes, des étudiants étrangers et des travailleurs temporaires –, n'ont pas su trouver preneur en raison de la crise sanitaire.

En outre, le fossé s'est creusé entre le coût des logements déjà loués et ceux qui sont présentement inoccupés, indique le rapport.

Dans l'agglomération de Montréal, où cet écart est particulièrement important, la différence est évaluée à 320 $, soit une variation de 36 %. Un logement occupé, généralement par un même ménage depuis plusieurs années, coûte en moyenne 882 $ par mois, tandis qu'un logement inoccupé se loue en moyenne à 1202 $.

À Laval, où la différence est plus prononcée encore (44 %), un logement déjà loué coûte en moyenne 897 $ par mois, contre 1289 $ en moyenne pour un logement disponible.

Des participants à une manifestation.

Plusieurs personnes ont participé à la manifestation du FRAPRU, samedi.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Trop peu de projets de logements abordables

Pendant ce temps, les logements abordables, soit ceux dont le loyer est inférieur à 925 $, sont de plus en plus difficiles à trouver, comme en témoignent les multiples appels à l'action de locataires récemment évincés.

Le taux d'inoccupation des logements locatifs, mais surtout des logements abordables, demeure très bas dans tous les secteurs de la CMM, selon l'Observatoire.

Afin de permettre aux ménages à plus faible revenu de trouver un logement à prix décent, des organismes comme le FRAPRU rappellent l'importance de construire de nouveaux logements communautaires.

Bien que 46 300 nouveaux logements aient vu le jour entre 2017 et 2020, l'essentiel de ces bâtisses appartiennent au marché privé. Seulement 7,3 % de ces unités sont consacrées au logement social, selon la CMM.

Cette donnée est évocatrice de la crise que traversent les habitants du Grand Montréal – que nient par ailleurs le premier ministre François Legault et sa ministre responsable de l'Habitation –, souligne la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme.

On construit énormément de logements dans le Grand Montréal, dit-elle, mais trop peu de logements hors marché privé.

La hausse du coût des loyers présentement inoccupés nécessiterait pourtant qu’on donne un grand coup pour augmenter la disponibilité de ces logements; les seuls qui ne contribuent pas à la spéculation [immobilière], rappelle Mme Laflamme.

Le FRAPRU, qui a organisé une manifestation samedi après-midi dans les rues de l’arrondissement du Sud-Ouest, à Montréal, afin de réclamer davantage de logements sociaux, juge que les sommes prévues à cet effet par le gouvernement Legault dans son dernier budget sont insuffisantes.

L'heure n'est plus aux mesurettes, il faut des mesures structurantes.

Une citation de :Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU

L'organisme redoute que plusieurs ménages se retrouvent sans bail le 1er juillet. Il dit avoir soumis des propositions au gouvernement afin d'endiguer cette crise, mais ces suggestions sont demeurées lettre morte.

Un peu plus tôt cette semaine, Québec et Ottawa ont annoncé l'octroi d'une enveloppe de 100 millions de dollars sur trois ans afin de rénover 517 logements d'habitation à loyer modique (HLM) du Grand Montréal.

Avec les informations de La Presse canadienne

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