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Fusée chinoise : retour incontrôlé sur Terre prévu cette fin de semaine

Décollage la fusée chinoise Longue Marche 5B.

La fusée Longue-Marche 5B décolle du Centre de lancement spatial de Wenchang dans le sud de la Chine, le 29 avril 2021.

Photo : Getty Images

Agence France-Presse

Un risque « faible », voire « infime », mais pas nul : une fusée chinoise doit faire cette fin de semaine son retour incontrôlé dans l'atmosphère terrestre, la Chine et de nombreux experts jugeant toutefois minime l'hypothèse de dégâts sur Terre.

Le pays asiatique a placé le 29 avril sur orbite le premier module de sa station spatiale grâce à une fusée porteuse Longue-Marche 5B, le plus puissant et imposant lanceur chinois.

C'est le premier étage de cette fusée, actuellement en orbite, qui doit revenir sur Terre. Il perd progressivement de l'altitude et son point de chute est pour l'instant inconnu.

Space-Track, se servant de données militaires américaines, a tweeté que la fenêtre du retour était désormais envisagée entre 21 h 04 et 23 h 04 (HAE) samedi, mais a prévenu que cette marge rendait l'objet difficile à localiser.

L'Escadron chargé du contrôle de l'espace à la base aérienne de Vandenberg, en Californie ne connaîtra la position précise qu'APRÈS l'atterrissage de la fusée, a dit Space-Track.

La Chine est très discrète sur ce dossier et n'a publié aucune prévision sur un potentiel horaire de retour du lanceur dans l'atmosphère terrestre, où il devrait totalement ou partiellement se désagréger.

Pour l'agence spatiale russe Roscosmos, l'entrée pourrait se faire samedi à 19 h 30 (HAE) au niveau du sud de l'Indonésie. Le ministère américain de la Défense table sur 19 h, avec toutefois une marge d'erreur de neuf heures de part et d'autre de cette estimation.

La fenêtre doit progressivement s'affiner au fil des heures.

Après un long silence gêné des autorités spatiales et diplomatiques chinoises, Pékin a enfin réagi vendredi.

La majorité des composants [de la fusée] seront brûlés et détruits lors de la rentrée dans l'atmosphère. [...] La probabilité de causer des dommages aux activités aériennes ou [aux personnes, constructions et activités] au sol est extrêmement faible.

Une citation de :Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères

L'astronome Jonathan McDowell, basé à Harvard, a réagi samedi sur Twitter : De nouvelles prédictions de la 18SPCS Space Force serrent les éléments autour d'une orbite : Costa Rica, Haïti, Espagne, Sardaigne, Italie, Grèce et Crète, Israël, Jordanie, Arabie saoudite, Australie, Nouvelle-Zélande.

Les médias chinois assuraient samedi une couverture minimale de l'événement, se contentant de reprendre les propos tenus la veille par le porte-parole de la diplomatie.

Si des parties de la fusée restent intactes après être rentrées dans l'atmosphère, il y a de fortes chances qu'elles s'abîment en mer car la planète est composée à 70 % d'eau.

Nous espérons qu'elles atterriront dans un endroit où elles ne feront de mal à personne, a déclaré vendredi Mike Howard, un porte-parole du ministère américain de la Défense, soulignant que les États-Unis suivaient à la trace la fusée.

Le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, avait assuré cette semaine que son pays n'avait aucune intention de détruire la fusée. Il a toutefois laissé entendre que son lancement n'avait pas été planifié avec suffisamment de soin par la Chine.

Le risque que des débris du lanceur lourd touchent une zone habitée existe, mais est cependant peu probable, selon plusieurs experts interrogés par l'AFP.

Vu la taille de l'objet, il y a forcément de gros morceaux qui resteront, anticipe Florent Delefie, astronome à l'Observatoire de Paris-PSL.

Mais la probabilité d'un impact sur une zone habitée est infime, de moins d’une sur un million, sans doute, rassure Nicolas Bobrinsky, chef du département Ingénierie et Innovation à l'agence spatiale européenne (ESA).

Pas besoin de trop s'inquiéter, note lui aussi Jonathan McDowell, astronome au Centre Harvard-Smithsonian pour l'astrophysique, aux États-Unis, et grand spécialiste des débris spatiaux.

Mais le fait qu'une tonne d'éclats métalliques s'abatte sur la Terre à des centaines de km/h ne constitue pas une bonne pratique, et la Chine devrait revoir la conception des missions Longue-Marche 5B afin d'éviter cela.

Des précédents

En 2020, des débris d'une autre fusée Longue-Marche se sont écrasés sur des villages en Côte d'Ivoire, provoquant des dégâts, mais sans faire de blessés.

En avril 2018, le laboratoire spatial chinois Tiangong-1 s'est désintégré lors de son entrée dans l'atmosphère, deux ans après avoir cessé de fonctionner.

La Chine investit depuis quelques décennies des milliards d'euros dans son programme spatial.

Le pays asiatique a envoyé son premier astronaute dans l'espace en 2003 et a posé début 2019 un engin sur la face cachée de la Lune, une première mondiale. L'an passé, il a rapporté des échantillons de Lune et finalisé Beidou, son système de navigation par satellite (concurrent du GPS américain).

La Chine prévoit de faire atterrir un robot sur Mars dans les prochaines semaines. Elle a également annoncé vouloir construire une base lunaire avec la Russie.

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