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Des jours très éprouvants pour les résidents du Pavillon Beau-Lieu et leurs proches

Gaétane Rioux et sa fille, du Pavillon Beau-Lieu de Grand-Sault.

Même si elles se considèrent entre de bonnes mains, les dernières semaines laissent les résidents et familles dans l’incertitude.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Cinq résidents du Pavillon Beau-Lieu de Grand-Sault ont perdu la vie en moins d’une semaine. Les résidents de ce foyer de soins spéciaux et leurs proches vivent des jours difficiles et sont inquiets que la première dose de vaccin n’ait pas suffi à sauver ces vies.

La résidente Gaétane Rioux se considère comme une des rares chanceuses qui n’a pas contracté la COVID-19.

De la soixantaine de résidents au Pavillon Beau-Lieu, 35 ont contracté le virus.

Autour de moi, ils ont tous été positifs, confie-t-elle. Qu’est-ce que j’ai fait que l’ai pas eu ? Parce que ma santé n’est pas bonne, moi non plus. Comme on dit : “un jour à la fois.”

Gaétane Rioux, résidente du Pavillon Beau-Lieu de Grand-Sault.

Gaétane Rioux, résidente du Pavillon Beau-Lieu de Grand-Sault.

Photo : Radio-Canada

Gaétane Rioux a passé un test de dépistage jeudi.

Sa fille, Lisa Boulet, attend un appel de la santé publique pour connaître les résultats. Ces moments sont très éprouvants pour la famille.

Des fois on a de bonnes journées, et des fois de mauvaises journées, dit Lisa Boulet.

Des journées qu’on essaye de se garder positives, il y a d’autres journées qu’on appelle entre familles pour garder le moral.

Cinq deuils

Le deuil a accompagné chaque décès annoncé dans l’établissement cette semaine pour Gaétane Rioux.

Elle souligne que tous les résidents se considèrent comme une petite famille et que la mort de cinq des leurs la semaine dernière est un dur coup.

Ils s’attachent ensemble. Chaque fois que je l’appelle pour lui annoncer un autre décès, ce n’est pas facile, affirme Lisa Boulet.

Isolée dans sa chambre, Gaétane Rioux fait face à plusieurs défis On ne peut pas parler à d’autres [résidents] parce qu’ils sont tous isolés, dit-elle.

On ne peut pas jaser ensemble, on ne peut pas partager ce qu’on ressent.

Samedi dernier, les Anges bienveillants d’Edmundston et Grand-Sault ont bien tenté d’égayer ces personnes isolées du monde. Pierre Thibault, l’un d’eux, était présent.

Il souligne qu’une majorité des bénévoles ont eux aussi perdu un membre de la famille, ou un ami. Qu’ils insistent pour faire le service à la communauté, je trouve ça très très fort, dit-il.

C’est de la résilience à son meilleur à mon point de vue.

 Les Anges bienveillants d’Edmundston et Grand-Sault, le 1er mai 2021 à l'extérieur du Pavillon Beau-Lieu.

Les Anges bienveillants d’Edmundston et Grand-Sault, le 1er mai 2021 à l'extérieur du Pavillon Beau-Lieu.

Photo : Radio-Canada

Les premiers résidents infectés sont maintenant guéris, 14 jours plus tard.

D’autres, comme Gaétane Rioux, attendent jour après jour les derniers résultats du dépistage.

Vaccination et la transmission

Le virologue Benoit Barbeau, qui enseigne au département des sciences biologiques à l’UQAM, insiste sur le fait que le vaccin, généralement, va grandement diminuer la transmission, la contagiosité de la COVID-19.

Il ajoute que les personnes vaccinées auront moins d’effets secondaires, et de symptômes sévères qui pourraient amener à un décès.

Toutefois, il est possible de contracter le virus tout en étant vacciné.

Le vaccin est extrêmement efficace, mais il n’est pas 100 % efficace, dit-il. Il y a certains des individus qui malheureusement n’auront pas une protection complète.

Benoit Barbeau, virologue et enseignant au département des sciences biologiques à l’UQAM.

Vacciné et malade de la COVID-19, comment est-ce possible?

Photo : Radio-Canada

Les cinq patients décédés dans la dernière semaine avaient reçu leur première dose de COVID-19.

Selon Benoit Barbeau, recevoir une deuxième dose augmente la protection contre le virus.

Bien qu’on aient voulu maximiser la première dose au plus grand nombre de Canadiens, lorsqu’un délai de 3 ou 4 mois est présent entre la première et la deuxième dose — et plus particulièrement chez les personnes vulnérables — il se peut que certains d’entre eux auront une protection qui va être un peu plus partielle lorsque le délai est plus long.

Le virologue ajoute que le rapprochement entre l’injection des deux doses aux patients pourrait être une solution pour augmenter l’efficacité de la protection des groupes vulnérables.

D’après le reportage de Jean-Philippe Hughes et avec les informations de Margaud Castadère.

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