•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Recensement fédéral : « On ne veut pas se faire effacer de la terre »

#IAMHONGKONGER invite les Canadiens de Hong Kong à s’identifier comme tels dans le recensement.

Henry Lam, à gauche, et Guy Ho, à gauche, tiennent une enveloppe du recensement entre leurs mains.

Henry Lam et son conjoint, Guy Ho, militent auprès des Canadiens d'origine hongkongaise pour que ceux-ci s'affichent dans le recensement 2021.

Photo : Henry Lam

Des Sino-Canadiens de Hong Kong veulent inciter leurs compatriotes à s’identifier comme tels dans le recensement fédéral, afin de faire reconnaître l’importance de leur communauté dans la société canadienne.

Même si Guy Ho et son mari, Henry Lam, vivent présentement à Vancouver, leur regard est toujours tourné vers leur ville d'origine, Hong Kong. Les événements qui s'y sont déroulés récemment ont incité le couple à s'engager pour que la diaspora cantonaise au Canada s’affiche comme telle.

Les Canadiens qui viennent de Hong Kong ont peur que leur identité soit effacée complètement, dit-il en français. Tout le monde a travaillé très fort pour garder leur culture, leurs racines. On ne veut pas se faire effacer de la terre.

Guy Ho a déménagé une première fois au Canada à l’adolescence, en 1977. Après des études à l’Université de Calgary, il s’est installé à Montréal avant de retourner vivre à Hong Kong, en 2004. Lui et son conjoint sont revenus pour se marier et s'installer au Canada en 2015.

Vue aérienne de la ville de Hong Kong.

Environ 300 000 Canadiens vivraient présentement à Hong Kong.

Photo : iStock

Les deux militants représentent bien la diaspora de cette île de 7,5 millions d’habitants, qui a immigré au Canada en vagues successives.

Plusieurs membres de la communauté ayant grandi à Vancouver, Montréal ou Toronto vont aller vivre, à un moment ou un autre, à Hong Kong. Environ 300 000 ressortissants canadiens y vivraient actuellement.

On a déjà vécu là-bas et on est chanceux d'être ici au Canada. Mais pour ceux qui sont là-bas, ce n'est pas facile de se battre contre un gouvernement comme ça, ajoute-t-il, faisant référence aux manifestations prodémocratie des dernières années à Hong Kong et à l’emprise de plus en plus grande de la Chine sur l’ancienne colonie britannique.

Un écran d'ordinateur avec une enveloppe du recensement en cantonais.

La campagne #IAMHONGKONGER est diffusée sur les réseaux sociaux.

Photo : Susana Da Silva/CBC

Ces dernières semaines, toutefois, les efforts du couple pour que leur culture ne soit pas oubliée se tournent vers le recensement canadien, où, pour la première fois, l'identité hongkongaise aura une place spécifique dans le long questionnaire.

Par des vidéos en langue cantonaise et des messages en chinois traditionnel, le groupe à l'origine de la campagne #IAMHONGKONGER, dont ils font partie, compte ainsi mobiliser une diaspora sur l’importance de s’afficher auprès de Statistique Canada.

Un recensement plus inclusif

Selon le recensement de 2016, 215 750 citoyens canadiens identifiaient Hong Kong comme leur lieu de naissance. Par ailleurs, 594 030 personnes, soit 1,7 % de la population, rapportait le cantonais comme langue parlée, ce qui en faisait la 2e langue immigrante au pays, juste derrière le mandarin.

Hongkongais n'était pas une des 255 origines ethniques suggérées dans le recensement de 2016. Ceux qui s’identifiaient de la sorte étaient inclus dans la catégorie des Sino-Canadiens.

Cette année, plus de 500 exemples d’identités ethniques et culturelles ont leur place dans le long questionnaire. Parmi elles, l’identité hongkongaise.

Il n’y a jamais eu de désir aussi fort pour des données ciblées, qui ne mélangent pas différents groupes, confirme le directeur du recensement, Geoff Bowlby.

Obtenir les services auxquels les Hongkongais ont droit

Cette campagne pour la reconnaissance des Hongkongais, c’est aussi un effort pour obtenir des services spécifiques aux Sino-Canadiens d’origine cantonaise. Quand on m’envoie des sondages, explique Henry Lam, on me les envoie en chinois simplifié et en mandarin, mais ce n’est pas notre langue écrite.

Le geste pourrait ainsi avoir des répercussions sur les services offerts à la communauté cantonaise dans certaines localités, rappelle Guy Ho. C’est très important que le gouvernement ait des données précises, dit-il. Ça va aider le gouvernement à distribuer ses ressources de façon efficace.

S’identifier comme Hongkongais : un geste politique

Ancienne colonie britannique, Hong Kong a été rétrocédée à la Chine en 1997 en vertu d'un accord qui lui garantissait, jusqu'en 2047, une autonomie et des libertés inconnues sur le continent, selon le principe un pays, deux systèmes.

Au cours de la dernière décennie, à mesure que la présence chinoise devenait plus importante sur l’île, un mouvement de contestation a vu le jour, menant à une vague de répression.

Un policier asperge des journalistes de poivre de Cayenne.

La police antiémeute a aspergé de poivre de Cayenne des journalistes qui couvraient la manifestation contre la nouvelle loi sur la sécurité nationale de Hong Kong, le 1er juillet 2020.

Photo : AFP / DALE DE LA REY

Moins d'un an après avoir imposé sa loi sur la sécurité nationale sur la région administrative spéciale, le Parlement chinois s'apprêtait, ce printemps, à réformer le système électoral dans le territoire autonome.

L’empreinte grandissante de Pékin incite plusieurs observateurs à affirmer que Hong Kong est en train de perdre son âme et sa spécificité.

Il existe une perception que quelque chose de hongkongais est en train de disparaître, explique le sinologue Leo Shin. Le recensement est utile pour permettre aux gens de défendre cette part de leur identité.

Une personne tient une statuette de Lady Liberty Hong Kong avec un drapeau canadien.

Une personne tient une statuette de Lady Liberty Hong Kong avec un drapeau canadien, lors d'un rassemblement en faveur de la démocratie à Hong Kong, à Vancouver, en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Le professeur au département d’études asiatiques de UBC croit que cet effort de reconnaissance en sol canadien pourrait aussi être remarqué à Pékin.

Dans le monde hyper branché où l'on vit, ce sera sans doute remarqué, dit-il. Je crois qu’il y aura des réactions, peut-être pas de la part du gouvernement, mais de la part d’internautes qui en feront un enjeu politique.

Avec des informations de Susana Da Silva

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !