•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le long parcours pour obtenir la reconnaissance des ultramarathoniennes

Une personne attache son soulier de course dans un sentier.

La plupart des ultramarathons se déroulent en sentier et peuvent atteindre jusqu'à 360 kilomètres.

Photo : Radio-Canada / Justine Beaulieu-Poudrier

Justine Beaulieu Poudrier

L’ultramarathon, cette discipline d’endurance dans laquelle les athlètes doivent parcourir des centaines de kilomètres en sentier, attirerait autant d’hommes que de femmes, selon Audrée Lafreniere, elle-même ultramarathonienne. Mais malgré la parité sur la ligne de départ et souvent même sur la ligne d’arrivée, les femmes auraient tendance à avoir plus de difficulté à obtenir de la visibilité et du financement.

Les courses d’aussi longue distance ne nécessitent pas seulement de la force physique. Elles sollicitent aussi les capacités psychologiques de l'athlète. Ce serait d’ailleurs un avantage qu’auraient les femmes, selon Audrée Lafrenière, pour qui la passion pour les ultras distances a débuté en 2016.

Pour avoir le désir de couvrir ces distances-là et la détermination de terminer la course, malgré la douleur et les embûches, il y a une grosse partie qui se joue entre les deux oreilles, affirme l'athlète.

Un portrait de l'ultramarathonienne Audrée Lafrenière.

La visibilité des ultramarathoniennes, des pas dans la bonne direction

Photo : Radio-Canada / Justine Beaulieu-Poudrier

Déplacements, repas, inscriptions, équipement… L'entraînement et la participation aux événements ne seraient pas sans implication financière. On dit que la course, c’est un sport qui ne coûte pas cher, mais ça s’additionne assez vite!, confirme l’ultramarathonienne.

Malheureusement, elle croit qu'il est difficile de trouver des commanditaires en raison d'un manque de visibilité dans les médias. C’est encore un petit monde, et ce n’est pas très connu, malgré que le sport grandit, explique Audrée Lafrenière.

Habituellement, à la fin d’une course, on nous donne une médaille… puis une pinte de bière!, rigole-t-elle.

Selon l’adepte d’ultras distances, les femmes feraient face à une difficulté encore plus grande lorsqu’il est question d’obtenir de la visibilité et du support financier, et ce, malgré le fait que plusieurs athlètes féminines surpassent les résultats d’athlètes masculins.

Une personne portant des vêtements de course regarde sa montre.

L'entrainement pour un ultra-marathon peut représenter d'environ 20 à 35 heures par semaine.

Photo : Radio-Canada / Justine Beaulieu-Poudrier

La gérante des opérations du magasin Vancouver Running Company, Clare Wilkes, reconnaît elle-aussi que les femmes ont généralement moins de visibilité que les hommes dans l’univers de la course à pied.

Vers de nouveaux sommets

Malgré les moyens financiers limités de cette petite compagnie indépendante, il y existerait un désir d’aider des personnes qui seraient sous-représentées. La compagnie commandite d'ailleurs deux athlètes qui se démarquent sur la scène locale, et toutes deux sont des femmes.

Ce que nous faisons depuis quelques années, c’est que nous commanditons deux athlètes féminines de la relève. Nous travaillons en collaboration avec elles afin de rehausser leur visibilité, et on les soutient aussi en leur fournissant de l’équipement et un peu d’argent, explique Clare Wilkes. 

Une personne en habit de course regarde un arbre centenaire.

La proximité avec la nature fait partie intégrale de la pratique de l'ultramarathon.

Photo : Radio-Canada / Justine Beaulieu-Poudrier

De son côte, l’entreprise canadienne de vêtements Ciele Athletics compte une quinzaine d'ambassadeurs dans son programme Tout le monde court, une initiative qui se veut inclusive. De ce nombre, presque la moitié des athlètes seraient des femmes.

En 2021, on est finalement à un stade où on peut soutenir les athlètes de façon plus importante, raconte Dan Marrett, directeur des ventes et du marketing de Ciele Athletics.

La compagnie s’est notamment engagée à soutenir l’ultra marathonienne britanno-colombienne Kat Drew, en assumant ses frais de déplacement pour la course d’endurance Western States, qui devrait normalement se tenir en juin, en Californie.

Les exploits des femmes susciteraient par ailleurs l’admiration de plusieurs hommes, selon Julie Bertrand, qui court des ultra distances depuis 2013.

« J’ai beaucoup d’amis, des hommes, qui courent des ultra marathons. Je les entends souvent discuter des femmes, comme Courtney Dauwalter, qui est une excellente coureuse sur la scène internationale. Ils vont parler d’elle comme d’une grande championne! », soutient l'athlète.

L'ultramarathonienne Audrée Lafrenière court dans une forêt de Vancouver-Nord.

L'ultramarathonienne Audrée Lafrenière s'entraine généralement dans les montagnes de Vancouver-Nord.

Photo : Radio-Canada / Justine Beaulieu-Poudrier

« Je pense que le monde de trail fait des pas dans la bonne direction », affirme Audrée Lafrenière. J’ai vraiment l’impression que les femmes s’élèvent entre elles. Elle rappelle d’ailleurs l’importance de partager les histoires d’athlètes féminines, pour les encourager et pour contribuer à faire connaître leurs exploits.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !