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En difficulté dans le golfe, le phoque du Groenland est loin du déclin

Un phoque du Groenland.

Un phoque du Groenland (archives)

Photo : Radio-Canada / CBC

Dans une récente présentation effectuée au congrès de l’Acfas (Association francophone pour le savoir), le biologiste Mike Hammill, de l'Institut Maurice-Lamontagne, signalait qu’un déclin du phoque du Groenland pourrait survenir dans quelques décennies dans le golfe du Saint-Laurent. Même si les scientifiques ont observé beaucoup de carcasses de veaux morts cette année dans ce secteur, l’espèce se porte plutôt bien, selon lui. Elle se déplace plutôt au nord pour s’adapter.

Ces dernières années, les conditions ont été peu favorables aux naissances dans le golfe. La quasi-absence de banquises permettant aux femelles de mettre bas et les tempêtes ont causé beaucoup de mortalité, souligne M. Hammill.

Le dernier recensement de la population de phoques du Groenland, effectué en 2017, dénombrait 7,6 millions d’individus pour l’est du Canada, dont près de 2 millions dans le golfe. 

Un phoque du Groenland sur une banquise au large des Îles-de-la-Madeleine

Un phoque du Groenland sur une banquise au large des Îles-de-la-Madeleine (archives).

Photo : Gil Thériault

Le recensement a aussi permis de constater que 96 % des naissances avaient eu lieu plus au nord, près de Terre-neuve, et seulement 4 % dans le golfe. Il y a 20 ans, on parlait plutôt de 25, voire 30 % des naissances dans le golfe et de 75 % à Terre-Neuve.

Mais tout va bien pour les phoques du Groenland, en général, dans l'est du Canada, précise-t-il. On en observe beaucoup dans le secteur de Terre-Neuve.

Si un réel déclin se produit dans le golfe, ce ne sera pas avant 30 à 50 ans. Ça ne va pas arriver demain.

Une citation de :Mike Hammill, biologiste à l’Institut Maurice-Lamontagne
Un phoque gris de l'île de Sable.

Un phoque gris de l'île de Sable (archives)

Photo : Université Dalhousie/Jarrett Corke

Le phoque gris, lui, est plutôt en croissance dans le golfe. Il s’est adapté parce qu’il peut mettre bas sur les plages, comme à l’île Brion, où il prolifère, explique le scientifique. Une nouvelle colonie a aussi été découverte en janvier sur l’île d’Anticosti.

Le troupeau était de moins que 20 000 têtes au début des années 1960, et là, on en compte 424 000 pour tout l'est du Canada, selon M. Hammill, qui ajoute que c’est le phoque gris qui consomme beaucoup de morue, pas le phoque du Groenland, qui mange surtout du capelan, du hareng et des crevettes.

Précision : une première version du texte laissait entendre que la population de phoques gris était de plus de 400 000 têtes dans le golfe du Saint-Laurent alors qu'il aurait fallu comprendre que ce nombre concernait tout l'est du Canada.

Le recensement des populations de phoques a lieu tous les cinq ans. Le prochain est prévu pour 2022.

Les chasseurs s’adaptent, comme les phoques

Pour sa part, le directeur de l’Association des chasseurs de phoques intra-Québec, Gil Thériault, n'a aucune crainte pour le phoque en général.

Le phoque gris mettait bas sur la banquise et s'est adapté en se rendant sur les plages, je ne vois pas pourquoi ce serait différent avec le phoque du Groenland, considère-t-il.

On a constaté des taux de mortalité importants chez les jeunes, mais dans des conditions particulières, comme un dégel rapide de la banquise, selon M. Thériault.

Les carcasses de phoques qui flottent, tel que rapporté par les observateurs, ça peut paraître impressionnant, mais cette espèce compte presque 8 millions d’individus. Il faut relativiser, dit-il.

S’il y a une espèce qui va bien s’adapter aux changements climatiques, c’est bien le phoque.

Une citation de :Gil Thériault, directeur de l’Association des chasseurs de phoques intra-Québec

C'est un animal qui mange de tout, qui est très intelligent et opportuniste, ajoute-t-il. On en trouve aussi bien sur les plages de l’Afrique du Sud à 35 degrés Celsius qu’au nord et à moins 40.

De jeunes phoques gris dans un milieu dunaire.

La colonie de phoques gris de l'île Brion, une réserve écologique à 16 kilomètres au nord de Grosse-Île, est évaluée à au moins 10 000 individus (archives).

Photo : Jonathan Vigneau

Le phoque est loin d’être en déclin pour Gil Thériault. Les changements climatiques vont affecter le phoque comme toutes les espèces, mais ce ne sera pas le plus affecté, assure-t-il.

Il note également qu’il y a de plus en plus de phoques communs.

Aujourd’hui, les chasseurs se sont aussi adaptés et comptent surtout sur le phoque gris.

Les phoques gris prolifèrent à l'île Brion.

Les phoques gris prolifèrent à l'île Brion.

Photo : Anonyme

Une chasse commerciale sous supervision scientifique s’est tenue en février à l'île Brion et l’essai a été concluant, selon M. Thériault. L’impact écologique de la chasse est très minime à la période où nous la pratiquons, dit-il.

Il mentionne toutefois que le phoque gris est plus difficile à chasser parce qu’il se tient en plus petits groupes que le phoque du Groenland, ce qui implique plus de déplacements.

Selon lui, la population de phoques communs semble être en croissance.

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