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Des résidents du CHSLD Argyll déplacés de leur chambre en raison de la COVID-19

Francine Grenier, assise à l'extérieur.

Francine Grenier dénonce que des résidents du CHSLD Argyll aient dû céder leur chambre en raison d'une veille d'éclosion de COVID-19 dans l'établissement.

Photo : Radio-Canada / Alexis Tremblay

Radio-Canada

Depuis 13 jours, une « zone COVID » a été implantée à la suite d'une veille d'éclosion au CHSLD Argyll, à Sherbrooke. Des résidents ont été déplacés de leur chambre et attendent maintenant le retour à la normale dans une salle commune. L’amie d’une proche aidante qui a eu vent de la situation dénonce cette façon de faire et le « déracinement » des résidents.

Je me dis souvent, les personnes en CHSLD qui sont, on va se le dire, en perte d’autonomie, souvent, ont peu de voix au chapitre. On les informe, on les déplace, puis personne ne parle pour eux, pour s’opposer, pour questionner, soutient Francine Grenier, amie d’une proche aidante d’une résidente au CHSLD Argyll, à Sherbrooke.

Elle explique que le 24 avril en matinée, les résidents du CHSLD se sont fait avertir que leur chambre allait faire place à des patients atteints de la COVID-19.

Tout de suite, on commençait à emballer tout, tout, tout, ce qu’il y avait dans leur chambre, tous leurs effets personnels, leurs vêtements, on les a mis dans des sacs. Le soir, ces personnes-là n’avaient plus de chambre, déplore Mme Grenier. Ils se sont fait déplacer dans une salle commune, où plusieurs lits temporaires ont été aménagés.

Ils n’avaient plus de lieu où se reposer. En perdant leur chambre privée, ils perdaient l’accès à leur salle de bain privée, leur accès à l’eau, au lavabo. Parce que dans la salle où ces personnes-là ont été relogées, il n’y a pas de salle de bain, donc il n’y a pas de toilette. Il faut qu’ils aillent aux toilettes dans le corridor sur une autre aile. Ils n’ont pas de lavabo non plus pour prendre un verre d’eau, se brosser les dents, ajoute-t-elle.

Ça fait un an qu’on parle des CHSLD, qu’on nous dit qu’il faut faire attention à ces gens-là, qu’on rectifie le tir, et tout ce qu’on se rend compte, c’est que ça continue.

Une citation de :Francine Grenier, amie d’une proche aidante d’une résidente au CHSLD Argyll

Pour l’amie dont je parle, on a fourni, premièrement, deux jours plus tard, un bureau pour ses vêtements, car ses vêtements étaient par terre, étaient partout, et une table de chevet. Mais ça veut dire qu’elle n’avait plus accès à sa télévision, qu’elle paie, et elle n’avait plus accès au téléphone.

Elle souligne que les résidents continuent d’ailleurs de payer leur pension.

C’est comme déshabiller Pierre pour habiller Paul : on a besoin de ton logement pour quelqu’un, mais toi, on va te mettre dans une salle commune on ne sait pas pour combien de temps.

Une citation de :Francine Grenier, amie d’une proche aidante d’une résidente au CHSLD Argyll

Prévoir en avance

On sait que pour ces personnes-là en perte d’autonomie, la stabilité, c’est très important [...]. La seule intimité qu’ils ont, c’est leur chambre, dénonce Francine Grenier.

Elle se demande pourquoi le CIUSSS n’avait pas mieux prévu cette situation, pour éviter de devoir déplacer des résidents.

Ça fait un an qu’on vit avec la COVID. Quand des personnes quittent, [le CIUSSS aurait pu] les relocaliser à mesure, vider une aile, si c’est ça qu’on prévoyait en cas d’ éclosion. Est-ce qu’on n’aurait pas pu faire ça sur plusieurs mois? Parce qu’on le sait, c’est arrivé presque partout dans les CHSLD au Québec, remarque-t-elle.

Elle ne rejette pas la faute sur les préposés aux bénéficiaires qui sont responsables du relogement.

On comprend que ce sont des décisions administratives. Les personnes qui ont décidé de fermer cette aile-là de leur bureau, elles n’ont aucune idée de qui sont ces gens-là, de comment ils vivent. C’est ça des fois qui me choque, avance-t-elle.

Dans un courriel à Radio-Canada, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a indiqué être conscient que cette situation peut être difficile pour les résidents lors d'une veille d'éclosion.

L’établissement a également reconnu que les mesures pour limiter la propagation de la COVID-19 pouvaient notamment inclure l'analyse des lieux et le réaménagement de ceux-ci, pouvant même aller jusqu'au déplacement de résidents si cela est nécessaire. Cela permet la mise sur pied d'une zone chaude pour isoler les personnes qui recevraient un résultat positif, pour ainsi sécuriser l'ensemble des résidents et les membres du personnel.

Dans un autre courriel, le CIUSSS indique qu’il ne serait pas possible d’établir des zones chaudes pour la COVID de façon préventive, comme le suggère Mme Grenier.

Dans une optique d'utilisation judicieuse des ressources humaines et matérielles et dans un contexte de rareté de main-d'œuvre, il ne serait pas possible de maintenir des zones chaudes dans toutes les installations de manière préventive. Ainsi, elles sont rapidement mises sur pied selon les plans de contingences établis à l'avance. La priorité étant toujours la qualité et la sécurité des soins. De plus, lorsqu'il est possible, nous redonnons les espaces aux résidents pour qu'ils puissent bénéficier de leur milieu de vie, conclut l’établissement. 

Avec les informations d’Alexis Tremblay

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