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Favoriser la protection des enfants autochtones par des familles d'accueil autochtones

Geneviève Boivin, son fils Calvin-Lee et sa soeur.

Calvin-Lee discute avec sa soeur et sa mère, Geneviève Boivin.

Photo : Radio-Canada / Romy Boutin St-Pierre

Radio-Canada

La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, dont le rapport final a été déposé la semaine dernière, recommande que les enfants autochtones restent, dans la mesure du possible, au sein de leur famille et de leur collectivité.

La présidente de la Commission, Régine Laurent, estime ainsi que les Autochtones sont les mieux placés pour identifier les besoins de leurs enfants et y répondre.

La recommandation a été accueillie favorablement à Mashteuiatsh. Ce qu’on souhaite, c’est de faire en sorte que les jeunes demeurent à Mashteuiatsh, trouver des familles, impliquer des familles dans notre communauté, explique la directrice de la santé et du mieux-être collectif, Véronique Larouche. D'ailleurs, ce désir concorde avec le message véhiculé par la Commission.

On a déjà commencé à mettre en place des cercles de famille et à assurer une attention vraiment particulière à tous les enfants qui devaient être hébergés en famille d’accueil pour éviter qu’ils ne soient placés à l’extérieur, ajoute Mme Larouche.

Malgré cette volonté exprimée, les jeunes Autochtones doivent parfois être confiés à des familles allochtones. C’est ce qui s’est produit pour Calvin-Lee Boivin, un jeune de 18 ans originaire de Mashteuiatsh qui a passé 13 ans en famille d’accueil. Il avait cinq ans quand sa mère biologique, Geneviève Boivin, a demandé qu’il soit placé.

J’étais jeune, ce n’était pas par mauvais choix, ce n’était pas parce que je ne l’aimais pas. C’était juste pour ne pas le déstabiliser. , explique-t-elle.

Calvin-Lee a habité brièvement dans deux familles d’accueil avant de rencontrer celle chez qui il a trouvé plus qu'un foyer. Comme elle m'a dit, depuis qu'elle m'a vu, je suis son petit rayon de soleil, raconte-t-il. Bien qu’elle ne soit pas autochtone, Lili est devenue comme une mère pour lui.

Un système propre à Mashteuiatsh

La communauté innue de Mashteuiatsh est encore sous l’égide de la Loi québécoise en matière de protection de la jeunesse. Avant même le dépôt du rapport de la Commission, elle effectuait des démarches pour mettre en place son propre système.

Les Centres d’amitié autochtones sont aussi présents pour les Autochtones vivant à l’extérieur des communautés. On vulgarise avec la famille. Entre le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux et la famille, on s’assure qu’il y a une bonne compréhension, souligne la directrice du Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean, Mélanie Boivin.

Les Centres d’amitié autochtones du Saguenay-Lac-Saint-Jean travaillent d’ailleurs avec le CIUSSS pour officialiser leur rôle dans les interventions auprès des enfants et des familles autochtones en milieu urbain.

On tente d’amener les enfants dans des familles autochtones, mais la disponibilité n’est pas toujours présente. C’est difficile. Alors on les amène dans les familles allochtones. Et la compréhension de la réalité des Autochtones n’est pas toujours évidente, souligne Mélanie Boivin.

Expérience positive

L’expérience de Calvin-Lee avec sa famille d’accueil a été très positive. Il a entre autres pu s’épanouir à travers de nombreux sports. J’avais tout le temps mon cinq jours en famille d’accueil, mon trois jours avec ma grand-mère et ma mère.

Calvin-Lee Boivin se trouve avec son frère et sa soeur.

Calvin-Lee s'occupe de son frère et de sa soeur.

Photo : Radio-Canada / Romy Boutin St-Pierre

Il est retourné vivre chez sa grand-mère biologique lorsqu’il a atteint la majorité, fort de l'expérience enrichissante qu'il a vécue en famille d'accueil. Ce qu'il a aujourd'hui, moi je ne lui aurais peut-être pas donné. C'est un bon petit garçon et je vois qu'il a une tête sur les épaules, croit sa mère Geneviève Boivin.

Oui, ma famille d'accueil m'a éduqué. J'ai appris d'elle aussi. Mais mon ADN, mes gènes, tout ça, mon caractère, ça vient de deux personnes précises : mon père et ma mère. Ma mère, je sais comment elle est. Mon père, je ne sais pas trop. Et j'aimerais aller le rencontrer pour savoir comment il est, comment il agit, conclut Calvin-Lee, qui souhaite aussi devenir un modèle pour les autres enfants de sa famille.

D'après le reportage de Romy Boutin St-Pierre

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