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COVID-19 : les défis des militaires dans les Premières Nations éloignées du Manitoba

Des militaires débarquent d'un avion dans un environnement hivernal.

Les membres des Forces armées canadiennes venues prêter main-forte à la Première Nation de Shamattawa sont arrivées dans la communauté le 13 décembre à bord d'un avion Hercules.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Radio-Canada

Des documents internes obtenus par CBC/Radio-Canada dans le cadre de demandes d’accès à l’information montrent les défis des Forces armées canadiennes déployées dans les Premières Nations touchées par la COVID-19.

Entre novembre et mars, les Forces armées canadiennes ont répondu aux demandes d’aide de sept collectivités éloignées du Manitoba qui étaient aux prises avec le virus.

Dans certaines régions, il y avait une paralysie complète de la collectivité en fonction de l’exposition quasi totale au virus, explique un rapport interne en faisant référence aux Premières Nations de Shamattawa et de Red Sucker Lake dans le nord-est de la province.

Les collectivités n’étaient plus capables de subvenir à leurs besoins, peut-on aussi lire.

Pour les dirigeants des Premières Nations, ces défis puisent leur source dans les problèmes systémiques comme la pauvreté, le surpeuplement des logements, le manque d’accès à l’eau et à d’autres ressources, ainsi que les défis liés à la situation géographique des Premières Nations.

À Shamattawa, à environ 745 kilomètres au nord-est de Winnipeg, le chef Eric Redhead décrit une situation désastreuse avec la plupart des 1300 personnes de la collectivité en isolement.

À l’époque, nous n’avions pas de ressources, se remémore-t-il, notre main-d’œuvre était complètement à plat.

Le chef de la Première Nation de Shamattawa se tient debout dehors.

Le chef de la Première Nation de Shamattawa, Éric Redhead, ne sait pas comment sa communauté s'en serait sortie sans l'aide des Forces armées.

Photo : Radio-Canada / Patrick Foucault

Une adaptation rapide

En décembre, à l’arrivée du personnel militaire dans la Première Nation de Red Sucker Lake pour contenir une éclosion de COVID-19, le chef Samuel Knott ne s’attendait pas à ce que les soldats soient chargés de couper du bois de chauffage.

Presque tous les 1100 membres de la collectivité, située à environ 535 kilomètres au nord-est de Winnipeg, ont dû s’isoler en raison de l'épidémie, rendant difficiles des tâches simples du quotidien.

Par exemple, bon nombre des maisons sont chauffées avec des poêles à bois et l’eau du robinet n’est pas potable. Aider à couper et à livrer du bois à des températures avoisinant les -40 °C et livrer de la nourriture et de l’eau potable étaient donc presque aussi importants que les soins médicaux.

Ils ont pratiquement tout fait, raconte Samuel Knott.

Un avion militaire au second plan avec au premier plan des motoneiges.

Les militaires étaient présents entre le 20 janvier et le 9 février dans la Première Nation de Garden Hill pour aider à contenir l'éclosion de COVID-19 dans la communauté.

Photo : Facebook / Opérations des Forces armées canadiennes

En janvier et au début de février, les militaires présents dans la Première Nation de Garden Hill ont été chargés d’aménager un espace dans l’école secondaire pour les membres de la communauté qui ne pouvaient pas s’isoler chez eux.

Mais il n’y avait pas d’expertise locale sur la façon de mettre en place une telle infrastructure, et aucun expert externe n’avait pu se rendre dans la Première Nation, située à environ 475 kilomètres au nord-est de Winnipeg.

L’équipe a dû rapidement s'adapter, planifier, mettre en place l’installation avec très peu d’expérience, peut-on constater dans le rapport.

Je sais qu’au début, ils [les militaires] ne savaient pas vraiment quoi faire, comment gérer les autres centres d’isolement, souligne Oberon Munroe, directeur de la santé de Garden Hill.

Il ajoute que le processus est devenu plus facile une fois qu’il y a eu plus de communication entre les membres de la communauté et les militaires.

Deux militaires devant une maison et un habitant devant eux.

Les militaires ont parfois dû assister les membres des commuautés éloignés dans des tâches quotidiennes comme ici dans la Première Nation de Garden Hill.

Photo : Facebook / 3e Division du Canada

Apprendre des défis pour l'avenir

Dans de nombreuses collectivités, les militaires ont dû composer avec des températures hivernales glaciales, ce qui a nui à l’équipement dont ils avaient besoin.

Les membres des Forces armées stationnés dans la Première Nation de Pauingassi entre le 6 et le 20 février ont dû faire face à des refroidissements éoliens de -35 °C.

Certains matins, les véhicules ne pouvaient pas être démarrés. Les véhicules prêtés par la communauté et la GRC ont également eu des difficultés, raconte un rapport militaire.

Un autre problème était la rareté des ressources dans la région.

Non seulement il était difficile de trouver suffisamment de véhicules pour que les troupes puissent s’en servir, mais des pièces devaient être commandées dans les centres urbains et expédiées par avion, ce qui a pris plusieurs jours.

Les rapports militaires indiquent que ce sont là des leçons et des obstacles dont il faut tenir compte et qui peuvent éclairer les futures missions dans les collectivités éloignées, y compris l’opération Vector, une mission permanente visant à aider les collectivités éloignées à administrer des vaccins.

Avec les informations de Rachel Bergen.

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