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La diminution des vols internationaux a eu des impacts jusque sur les bleuets

Gros plan d'une abeille qui pollinise une fleur.

Abeille

Photo : iStock

Radio-Canada

Les abeilles se font rares pour la pollinisation des champs de bleuets du Lac-Saint-Jean, alors que la diminution des vols internationaux causée par la pandémie de COVID-19 a réduit l'importation de ruches en provenance d'outre-mer.

Sans ces abeilles, il est difficile pour les producteurs du Lac-Saint-Jean de polliniser leurs champs. Il s'agit d'un vrai casse-tête pour les apiculteurs qui doivent déjà jongler avec des pertes d'environ 25 % de leur inventaire chaque année à cause de l'hiver.

Il y a moins de ruches actuellement sur le marché, donc moins de ruches à des fins de pollinisation. S'il y a moins de ruches qui vont en pollinisation, il y aura des pertes de rendement chez les producteurs de bleuets, il y aura des producteurs qui n'auront pas accès à leurs ruches et les rendements vont être très faibles comparativement à habituellement, a rapporté Raphaël Vacher, président des Apiculteurs et apicultrices du Québec (AADQ).

Au cabinet du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne, on se dit sensibilisé au problème. En planification pour la prochaine saison de pollinisation en 2022, il a été convenu avec l’AADQ d’appuyer leurs démarches auprès du gouvernement fédéral afin que les importations puissent reprendre à un rythme normal, a fait savoir, par courriel, Laurence Voyzelle, attachée de presse du ministre.

Un problème qui a empiré

Au Québec, on compte 60 000 ruches. Du nombre, 35 000 servent à la pollinisation. Le milieu apicole estime qu'il manque 5000 ruches pour répondre à la demande qui est de plus en plus forte, principalement pour le bleuet au Lac-Saint-Jean. L'offre de reines est à la baisse, mais les prix, eux, sont à la hausse. Non, ce ne sera pas optimal cette année parce qu'il manque d'unités de pollinisation, depuis quelques années déjà, a précisé Jean-Pierre Senneville, président de l'entreprise Les Bleuets sauvages du Québec. Et l'autre impact que ça a, n'étant pas capable de se replier sur l'option de l'Ontario comme on pourrait bien le vouloir, ça a une incidence sur le prix des ruches.

Des mesures sanitaires sont en place avec l'Ontario pour empêcher la propagation de maladies liées aux abeilles. Mais avant de penser aux autres provinces, les producteurs aimeraient que le gouvernement aide les apiculteurs à se lancer dans la pollinisation. Pourquoi ne pas subventionner les apiculteurs qui n'ont jamais fait de pollinisation de bleuets?, a demandé Daniel Gobeil, président du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec (SPBQ). Les petits apiculteurs avec 50, 100 ruches, ils n'ont pas l'équipement nécessaire pour venir au Lac-Saint-Jean.

En ce sens, le MAPAQ a rappelé, dans sa réponse courriel, que des programmes financiers sont accessibles pour les apiculteurs. L’achat de ruches, de reines et de matériel apicole est admissible au programme Investissement croissance (PIC) de la Financière agricole du Québec (FADQ). De plus, les apiculteurs peuvent compter sur les programmes Agri-stabilité, Agri-Québec Plus, Agri-investissement et Agri-Québec pour compenser leurs pertes financières, a ajouté Mme Voyzelle.

En attendant de trouver des solutions à long terme, les producteurs utilisent les bourdons et les mégachiles. Si on ne faisait pas appel à ces deux autres pollinisateurs-là, on serait en grave manque de pollinisateurs pour l'industrie du bleuet sauvage au Québec. Je n'aime pas employer le mot catastrophique, mais ce serait très nocif pour l'industrie. La récolte serait peut-être du tiers en fait, a chiffré Jean-Pierre Senneville.

L'an dernier, 86 millions de livres de bleuets ont été récoltés dans la région.

D'après un reportage de Roby St-Gelais

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