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Cibles de harcèlement, les inspecteurs de la santé publique formés pour y faire face

Une devanture de restaurant.

Les inspecteurs de la santé publique font face à des comportements parfois agressifs lors de leurs interventions et à des divulgations d'informations sur Internet. Cette semaine, le propriétaire du Whistle Stop Café, situé à Mirror, a même filmé la scène qui l'a opposé à des employés d'AHS et à des policiers.

Photo : CBC / Scott Neufeld

Radio-Canada

Services de santé Alberta met en place une nouvelle formation pour que ses inspecteurs puissent faire face à des comportements de plus en plus hostiles pendant leurs interventions.

Des inspecteurs font face à des menaces, à du harcèlement en ligne et à la divulgation de données personnelles sur Internet, communément appelée doxing. C'est le cas, notamment, lorsque leurs interventions sont enregistrées ou diffusées en direct par les personnes auprès desquelles ils tentent d’intervenir.

Meaghan Allen, présidente de la branche albertaine de l'Institut canadien des inspecteurs en santé publique, affirme que des numéros de téléphone et de plaque d'immatriculation des inspecteurs sont parfois publiés en ligne. Certains ont même été suivis, ce qui engendre des craintes pour leur sécurité personnelle.

Mme Allen, elle-même inspectrice sanitaire d'AHS à Edmonton, avoue qu'il était rare autrefois qu'elle soit filmée pendant une inspection. Maintenant, c’est courant d'avoir quatre ou cinq personnes avec leurs caméras de téléphone dans votre visage qui nous suivent jusqu'à notre voiture, raconte-t-elle.

Selon elle, ces vidéos se retrouvent ensuite sur d’autres plateformes Internet, parfois sorties de leur contexte. Ce sont des plateformes sur lesquelles les gens publient des commentaires haineux, ajoute-t-elle.

Une récente intervention dans un lieu qui refuse de se plier aux ordonnances de la santé publique, le Whistle Stop Café, à Mirror, est un triste exemple de ce à quoi les inspecteurs font face pendant certaines de leurs interventions, même quand ils sont accompagnés de membres de la GRC.

Chris Scott, le propriétaire de l’établissement, situé à l’est de Red Deer, a diffusé en direct sur Facebook les inspecteurs d'AHS et de membres de la GRC alors qu’ils l’escortaient hors de son café, mercredi.

Sur la vidéo, qui dure 40 minutes, on pouvait l’entendre crier à l’intention de ces derniers : C’est dégoûtant, comment pouvez-vous dormir la nuit après ce que vous faites?

Une autre vidéo virale montre Artur Pawlowski, le pasteur de Street Church Ministries, à Calgary, en train de crier après un inspecteur d'AHS arrivant dans son église avec des policiers et des agents de la paix de Calgary.

L'église de M. Pawlowski continue d'organiser des services qui ne respectent pas les limites de capacité d’accueil.

Prévenir la violence avec une formation en ligne

Si Meaghan Allen affirme que la plupart des propriétaires de commerces collaborent et sont respectueux, il n’en reste pas moins que ces situations tendues ont poussé AHS à mettre en place une formation en ligne sur la prévention de la violence et du harcèlement qui répond davantage à la réalité du terrain.

Selon Kerry Williamson, une porte-parole de l’agence, les employés sont également encouragés à signaler tout incident à leurs supérieurs. Ceux qui le souhaitent ont également accès à du soutien par les pairs et des conseillers.

Ce genre de comportement et de harcèlement ne sera jamais accepté, affirme-t-elle.

Pour sa part, Mme Allen, souhaite que les gens soient plus gentils les uns envers les autres. Elle précise par ailleurs qu'AHS permet à ses inspecteurs de louer des véhicules s'ils craignent d’être suivis ou que leur numéro de plaque d’immatriculation ne se retrouve publié sur Internet. Elle précise aussi que ces employés peuvent être accompagnés d’agents de police quand cela est nécessaire.

Avec les informations de Michelle Bellefontaine

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