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Une Hollandaise raconte l'importance d'un héros de guerre québécois pour son pays

Photo d'archives de Léo Major. Source : <i>Le fantôme borgne</i>, de Bruno Desrosiers, 2018.

Photo d'archives de Léo Major. Source : Le fantôme borgne, de Bruno Desrosiers, 2018

Photo : Radio-Canada

L’annonce qu’une route de Québec sera bientôt renommée en l’honneur du héros de guerre Léo Major a ravivé beaucoup de souvenirs pour l’ancienne consule des Pays-Bas à Québec.

L’histoire de Léo Major a toujours fait partie de la vie de Willeke Pieric. Elle a été profondément émue quand elle a appris qu’une partie de la rue de Montolieu portera le nom de Route Léo-Major à compter du 11 novembre prochain.

J'ai réagi en disant '''enfin!'' Je suis contente que Léo Major soit enfin honoré. Quand j'étais consule, j'ai eu l'occasion de raconter l'histoire tellement souvent, se remémore Willeke Pieric.

L'intersection de la Route de la Bravoure et de la future Route Léo-Major, près de Valcartier.

L'intersection de la Route de la Bravoure et de la future Route Léo-Major, près de Valcartier.

Photo : Capture/Google Map

Geste héroïque

L'ancienne consule est née à Zwolle, aux Pays-Bas. Le paysage de cette ville médiévale, aujourd’hui une des plus importantes au nord du pays, serait bien différent aujourd’hui sans l’acte héroïque posé par Léo Major pendant la Seconde Guerre mondiale.

La ville ne serait probablement même plus là. Elle aurait été bombardée, affirme Willeke Pieric.

Alors qu'il servait dans le régiment de la Chaudière, Léo Major a libéré à lui seul du joug nazi la ville de Zwolle, dans la nuit du 13 au 14 avril 1945. Au cours de ce conflit, il a abattu et capturé plusieurs soldats allemands, en plus de perdre l'usage d'un œil.

Photo d'archives de Léo Major. Source : <i>Le fantôme borgne</i>, de Bruno Desrosiers, 2018.

Photo d'archives de Léo Major. Source : Le fantôme borgne, de Bruno Desrosiers, 2018

Photo : Radio-Canada

Il est entré directement dans le centre-ville. Il y avait un genre de club, près de la gare. Il y avait un Allemand là. Alors qu'il était seul, Léo Major lui a dit que les troupes canadiennes étaient à l'entrée de la ville et qu'elles allaient attaquer. Il a fait la même chose plusieurs fois dans la ville et les soldats allemands se sont rendus prisonniers, raconte Willeke Pieric.

Un autre soldat, l’ami de Léo Major William Arsenault, l’accompagnait. Il a cependant perdu la vie avant d’atteindre Zwolle.

Léo Major enseigné aux Pays-Bas

Cette histoire et bien d’autres faits d’armes des soldats canadiens, le père de Willeke Pieric les racontait à ses enfants tous les dimanches. Elles sont aussi enseignées dans les écoles néerlandaises, encore aujourd’hui.

Les jeunes écoliers hollandais entretiennent les tombes des soldats canadiens. Une fois par année à notre jour du Souvenir, les écoles se rendent au cimetière canadien. L'élève doit apprendre le nom d'un militaire canadien, son parcours, de quelle ville il venait, combien de frères et sœurs il avait, explique l’ancienne consule.

Photo d'archives de Léo Major. Source : <i>Le fantôme borgne</i>, de Bruno Desrosiers, 2018.

Photo d'archives de Léo Major. Source : Le fantôme borgne, de Bruno Desrosiers, 2018

Photo : Radio-Canada

Après la Seconde Guerre mondiale, Léo Major a servi dans le Royal 22e Régiment lors de la guerre de Corée, où il s'est également illustré en faisant preuve de courage pour permettre à son peloton, durement éprouvé, de repousser sept attaques de troupes chinoises pendant trois jours.

Échange unique

Willeke Pieric a eu la chance de pouvoir remercier personnellement Léo Major pour ses exploits, un 11 novembre, alors qu’elle était en entrevue avec l’animateur de radio de Québec André Arthur et qu’elle parlait du soldat québécois.

La belle-sœur de Léo Major était à l'écoute et la recherchiste nous a mis en contact. Tout d'un coup, il était en ondes! C'était très émouvant de lui parler. Ma fille, qui avait 15 ans, était très émue. J'ai réalisé le rêve de mon père de le remercier d'avoir libéré Zwolle et la Hollande, raconte-t-elle.

Léo Major et son épouse, Pauline. Source : <i>Le fantôme borgne</i>, de Bruno Desrosiers, 2018.

Léo Major et son épouse, Pauline, qui n'a rien su de ses exploits avant 1970. Source : Le fantôme borgne, de Bruno Desrosiers, 2018

Photo : Radio-Canada

Soldat hors du commun

Léo Major est le seul Canadien à avoir reçu deux fois la Médaille de conduite distinguée pour ses actions dans deux guerres différentes.

Il est décédé le 12 octobre 2008 à Longueuil. Sa dépouille a été portée en terre au Champ d'honneur national du Fonds du Souvenir à Pointe-Claire, sur l'île de Montréal. Willeke Pieric et le maire de Zwolle étaient présents lors des funérailles.

Devoir de mémoire

Aujourd’hui, elle souhaite que les gestes héroïques posés par les soldats canadiens soient mieux connus ici, dans leur propre pays.

Les jeunes devraient apprendre à l'école ce que les militaires québécois et canadiens ont fait pour la liberté du monde. Je sais que c'est politique, mais ça n'empêche pas qu'il y a beaucoup de jeunes hommes canadiens qui ont été enterrés en sol néerlandais et ailleurs. On devrait les mettre beaucoup plus en vue, affirme-t-elle.

Willeke Pieric habite à Québec depuis maintenant plusieurs années. Elle assure qu’elle sera présente, le 11 novembre prochain, si on inaugure officiellement la nouvelle route Léo-Major.

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