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Le SPSO dénonce les délais d'immigration pour les infirmières

Les portes de l'Unité COVID-19 de l'Hôpital de Hull.

L'Outaouais compose déjà avec une pénurie de main-d'œuvre dans le réseau de la santé (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Radio-Canada

Le président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Outaouais (SPSO), Patrick Guay, juge inadmissible qu'un « bourbier administratif » concernant leur processus d'immigration pousse des infirmières à quitter la province. Il demande au ministre responsable de la région, Mathieu Lacombe, d'agir.

Jeudi, on apprenait que des infirmières ayant immigré pour travailler dans le réseau de la santé québécois faisaient des démarches pour changer de province, jugeant beaucoup trop longs les délais administratifs quant à la procédure d'immigration.

Dans ce même texte, une infirmière qui travaillait initialement à Gatineau a affirmé avoir déjà emménagé à Ottawa, l'été dernier. D'ici quelques semaines, Loudia Ghars devrait obtenir sa résidence permanente et quittera son emploi à l'Hôpital de Gatineau, au profit d'un hôpital de l'Ontario.

C’est triste qu’à cause d'un bourbier administratif, on se prive collectivement d’infirmières qui proviennent d’ailleurs, a lancé le président du SPSO, Patrick Guay.

Capture d'écran d'une entrevue virtuelle avec Patrick Guay. Un homme parle à la caméra.

Patrick Guay, président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (Archives)

Photo : Capture d'écran/FaceTime

Pour immigrer au Québec, chaque travailleur qualifié doit préalablement obtenir un certificat de sélection. Son dossier est ensuite envoyé au gouvernement fédéral qui octroie la résidence permanente. Tout cela est fait en fonction des seuils d’admission fixés par Québec.

Il aura fallu moins d'un an à Mme Ghars pour obtenir sa résidence permanente en Ontario, alors que le délai s'allonge jusqu'à trois ans au Québec.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais a fait savoir, par courriel, que tous ses dossiers concernant le personnel immigrant étaient à jour et qu'il assurait régulièrement des suivis sur les dossiers en cours.

Les délais envers les gouvernements du Canada et du Québec sont malheureusement hors de notre contrôle et de notre responsabilité.

Une citation de :Extrait du courriel du CISSS de l'Outaouais

Nous nous assurons, par contre, d'appuyer les infirmières étrangères dans le processus de renouvellement de leur permis de travail dans l'attente que le processus d'immigration soit complété, a ajouté le CISSS de l'Outaouais.

L'Outaouais déjà en pénurie de main-d'œuvre

M. Guay souligne que dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre aussi important dans le réseau de la santé de l'Outaouais, on ne peut se permettre plus de départs.

Selon les chiffres du syndicat, le nombre de départs parmi tous les professionnels de la santé confondus se chiffre à 375 pour l'année 2020-2021, en Outaouais seulement.

Il ne faut pas rajouter d’autres [départs] avec les infirmières qu’on essaye d’aller chercher en France ou dans d’autres pays.

Une citation de :Patrick Guay, président du Syndicat des professionnels en soins de l'Outaouais

M. Guay a également ajouté qu'une augmentation de 62 % avait été enregistrée du côté des demandes de permis de pratique en Ontario pour des infirmières résidant au Québec.

Il a aussi dénoncé le programme de recrutement agressif de l'Ontario qui n'hésite pas à offrir un incitatif de 10 000 $ aux infirmières du Québec pour qu'elles viennent travailler dans la province voisine.

Je fais appel au ministre Lacombe, qui est supposé être là pour la région, de faire pression auprès du gouvernement, a-t-il conclu.

Le député de Pontiac, André Fortin a aussi demandé à la ministre québécoise de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Nadine Girault, de trouver une solution. On ne peut pas continuer de perdre des infirmières ici en Outaouais, mais [aussi] partout au Québec, a-t-il fait valoir en entrevue.

C’est hallucinant, on ne peut pas continuer comme ça [...] on ne peut pas se permettre de perdre une seule infirmière en ce moment.

Une citation de :André Fortin, député de Pontiac

Ce dernier a attribué la responsabilité aux deux paliers de gouvernement.

Le gouvernement du Québec a fait le choix de diminuer le nombre d’immigrants qu’on accueille et ça a retardé l'ensemble du processus. Et le gouvernement fédéral ne peut pas avoir une situation où ça prend 27 mois pour avoir une résidence permanente au Québec et six mois dans le reste du Canada, a-t-il expliqué.

Dans un courriel, la ministre Girault a dit partager l’impatience de [ces infirmières] en attente de leur statut de résidente permanente.

La ministre a ajouté que le fédéral a la responsabilité de délivrer la résidence permanente et doit le faire dans un délai raisonnable et que le Québec avait déjà sélectionné milliers de travailleurs qualifiés dont des infirmières.

Avec les informations de Laurie Trudel et de Denis Babin

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