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Baleines noires : fermeture de zones de pêche au crabe et inquiétude chez les homardiers

Deux baleines nagent à la surface de la mer.

Au moins trois baleines noires de l'Atlantique Nord ont été observées près des Îles-de-la-Madeleine depuis le début de la saison (archives).

Photo : Gracieuseté/Florida Fish and Wildlife Conservation Commission's Fish and Wildlife Research Institute

Radio-Canada

Pêches et Océans Canada a ordonné la fermeture d’une portion de la zone 12F de pêche au crabe pour le reste de la saison, après des observations d'au moins trois baleines noires de l'Atlantique Nord au large des Îles-de-la-Madeleine. La situation inquiète les pêcheurs madelinots à la veille du début de la pêche au homard.

Les secteurs GY55, GZ55 et GZ56, HA55 et HA56 de la zone 12F sont ainsi fermés jusqu'à l'automne, puisque des baleines noires y ont été observées deux fois à l'intérieur de de 15 jours.

De plus, neuf quadrilatères de la zone 12 et 12E sont fermés pour 15 jours en raison d'une première observation de baleine noire. Depuis le début de la saison, six observations ont été enregistrées d'au moins trois baleines différentes.

Gros plan sur la queue d'une baleine noire qui plonge dans l'eau.

Depuis 2018, plusieurs mesures de protection des baleines noires de l'Atlantique Nord ont été mises en place par les ministères de Pêches et Océans et Transports Canada (archives).

Photo : Associated Press / Stephan Savoia

On ne s'attendait pas à ce que la baleine arrive si vite, admet le crabier de Cap-aux-Meules, Michel Cormier, qui a dû déplacer ses engins de pêche.

Les années passées, elles ne nous ont pas gênées. Cette année, à notre grande surprise, il y en a une qui est apparue dans le milieu de la zone, ajoute-t-il.

Les experts estiment qu’il ne reste actuellement que 366 baleines noires de l’Atlantique Nord dans le monde.

Inquiétude pour la pêche au homard

Pour l'instant, aucune zone de pêche au homard n'est touchée par ces fermetures.

Les baleines noires observées jusqu'à maintenant étaient situées à l'extérieur de la zone d'une profondeur de 20 brasses, soit 40 mètres de profondeur, qui ceinture l'archipel et dans laquelle se trouvent les fonds de pêches traditionnellement fréquentés par les homardiers.

Or, les baleines observées se trouvaient très près de ces zones de pêche au homard.

Si on voit que la baleine se tient au large, on ne fermera pas l'intérieur du 20 brasses. Si elle se situe dans le 20 brasses, on fermera jusqu'au 10 brasses et si jamais, comble de malheur, elle se situe dans le moins de 10 brasses, on va devoir fermer jusqu'à la côte, explique le directeur du bureau des Îles pour Pêches et Océans Canada, Cédric Arseneau.

On espère vraiment que la baleine ne passera pas à l'intérieur du 20 brasses, mais ça n'a jamais été aussi proche des Îles que ce qu'on observe présentement; alors, il faut être conscient qu'il y a un risque et, si ça arrive, il va falloir fermer les quadrilatères près des côtes.

Une citation de :Cédric Arseneau, directeur du bureau des Îles-de-la-Madeleine de Pêches et Océans Canada

M. Arseneau indique avoir prévenu les associations de pêcheurs de la situation, qui inquiète déjà plusieurs homardiers madelinots.

Olivier Renaud est l'un de ceux-ci. Il y a eu un léger vent de panique aux Îles. C'est vraiment préoccupant. Les pêcheurs sentent qu'ils n'ont aucun contrôle, souligne-t-il.

Un pêcheur lance une bouée à l'eau. Il se trouve sur un bateau et est entouré de casiers pour la pêche au homard.

Certains homardiers estiment que leur pêche, qui se fait en eau peu profonde, ne représente pas un danger pour la baleine noire de l'Atlantique Nord (archives).

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Le pêcheur admet que la situation de la baleine noire de l'Atlantique Nord doit être prise au sérieux, mais se demande si les homardiers représentent un réel danger pour ces mammifères, puisqu'ils pêchent dans des zones très peu profondes.

C'est vraiment des affaires administratives, et c'est ça qui a toujours dépassé les pêcheurs. Dans un bureau, tu n'as aucune conscience de la complexité et de la réalité des pêcheurs. Ce sont des décisions rationnelles basées sur des faits, oui, mais pas adaptées à la réalité, déplore Olivier Renaud.

Les 325 homardiers madelinots vont prendre le large samedi matin à 5 heures, heure locale.

Avec des informations de Félix Lebel et d'Isabelle Larose

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