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La juge refuse de faire avorter le procès de Benoit Cardinal

Plan rapproché de Benoit Cardinal.

Benoit Cardinal est accusé de meurtre prémédité.

Photo : Facebook

Alors que le jury délibère sur le sort de Benoit Cardinal, ses avocats ont reproché à la juge du procès d’être « partiale ». Ils lui ont demandé de se récuser et de faire avorter le procès pour le meurtre prémédité de Jaël Cantin. Visiblement irritée, elle a rapidement refusé cette demande exceptionnelle.

La requête est rejetée avec motifs à suivre, a tranché la juge Johanne St-Gelais, moins d’une heure après avoir quitté la salle d’audience en coup de vent dans une ambiance très tendue.

Vendredi matin, l’avocat de Benoit Cardinal a plaidé qu’il avait une crainte de partialité face à la juge de la Cour supérieure. Me Ghassan Toubal, visiblement nerveux, a exprimé son malaise de demander à la juge de se récuser, en disant que c’est possiblement l’exercice le plus difficile de ma carrière.

Mais vous avez choisi de le faire, a rétorqué la juge St-Gelais, d’un ton ferme.

La défense blâme la juge

Dans leur requête écrite, les avocats de l’accusé ont blâmé la magistrate pour avoir fait une insinuation mal fondée et blessante qui a durement atteint les avocats de la défense, mardi, puisqu’ils ont eu l’impression qu’elle leur reprochait d’avoir voulu tromper le tribunal.

Benoit Cardinal, qui est accusé du meurtre de la mère de ses six enfants, estime que la juge s’adresse de façon différente à ses avocats en comparaison avec les procureures du ministère public. Moi je lui dis que ça arrive… mais là, ça s’additionne, a expliqué Me Toubal à la juge.

Les avocats de la défense affirment qu’elle les a pris en aversion. Elle se serait adressée à eux avec un ton abrupt et péremptoire qui laissait croire que son idée était faite, alors qu’ils débattaient des directives à donner aux jurés.

Elle aurait causé un immense préjudice à Benoit Cardinal en faisant des erreurs dans ses directives finales, puisqu’elle aurait dit au jury de ne pas se laisser distraire précisément par la thèse proposée par la défense.

Farfelu et frivole, selon la Couronne

Le terme farfelu est le seul mot qui me vient à l’esprit, a répondu la procureure aux poursuites criminelles et pénales Caroline Buist.

Il n’y a rien dans cette requête-là, a-t-elle poursuivi, accusant ses confrères de faire une mauvaise utilisation du temps de la Cour.

La défense a mal choisi sa stratégie. C’est une requête complètement frivole pour tenter de faire déraper le procès, a soutenu Me Buist.

Si je me trompe, vous irez en appel

La juge Johanne St-Gelais a semblé excédée par la demande de la défense. J’en ai assez entendu et ma patience a ses limites. Je suis capable de rendre une décision; si je me trompe, vous irez en appel. La Cour d’appel déterminera si j’ai été partiale. J’en ai assez entendu pour ce matin, a-t-elle conclu avant de quitter la salle d’audience brusquement.

Moins d’une heure plus tard, elle est revenue sur son siège pour indiquer que la requête est rejetée et qu’elle produira une décision écrite pour expliquer ses motifs.

Le jury délibère

Pendant ce temps, sans avoir conscience des débats puisqu’il est isolé, le jury a entamé sa première journée de délibérations. Les douze jurés doivent s’entendre à l’unanimité sur l’un des trois verdicts suivants : meurtre prémédité, meurtre au deuxième degré ou acquittement.

La poursuite a tenté de démontrer que Benoit Cardinal a tué sa conjointe Jaël Cantin, mère de six enfants, en la rouant de coups afin de bénéficier de son assurance vie et ainsi régler ses problèmes financiers.

La défense a essayé de soulever un doute sur la possible présence d’un intrus dans la maison familiale la nuit du drame, le 16 janvier 2020.

Louis-Alexandre Martin et Ghassan Toubal représentent l’accusé. Caroline Buist, Valérie Michaud et Geneviève Aumond sont les procureures aux poursuites criminelles et pénales.

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