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Brent Roussin questionné sur son pouvoir de décréter des restrictions sanitaires

Brent Roussin descend les marches de l'escalier du Palais législatif.

Le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin, témoignait devant la cour vendredi.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Radio-Canada

Le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin, doit défendre son pouvoir de décréter des restrictions sanitaires, vendredi, dans le cadre d'une contestation judiciaire.

Au lendemain du jour où le Manitoba a enregistré le plus grand nombre de nouvelles infections par la COVID-19 en cinq mois, le Dr Brent Roussin, qui a le pouvoir de recommander de nouvelles restrictions, verra son autorité remise en question devant la Cour du Banc de la Reine à Winnipeg.

Le Dr Roussin doit témoigner toute la journée dans le cadre de la contestation judiciaire qui soutient que les ordonnances de santé publique du médecin sont trop répressives.

Les ordonnances sanitaires imposées par le médecin hygiéniste en chef du Manitoba en raison de la COVID-19 violeraient les droits garantis par la Charte canadienne des droits et libertés, selon la contestation judiciaire mise en place par un regroupement d’individus et d'églises.

Droits et libertés invoqués

Cette contestation judiciaire est formulée par sept églises et trois particuliers. Ils dénoncent le fait que les libertés religieuses, protégées par la Charte, sont bafouées par l’imposition de consignes de santé publique qui obligent les Manitobains à être séparés les uns des autres pour des raisons de sécurité.

L'audience pourrait avoir des répercussions à l'échelle nationale. Le Centre de justice pour les libertés constitutionnelles (Justice Centre for Constitutional Freedoms), qui représente les requérants contestant les mesures de confinement du Manitoba, tiendra aussi des audiences similaires en Colombie-Britannique et en Alberta.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a déclaré à plusieurs reprises qu'il suivait les conseils du Dr Roussin lorsqu'il s'agissait de restreindre les libertés individuelles et les activités commerciales.

La Loi sur la santé publique exige aussi que Brent Roussin obtienne le consentement du ministre de la Santé avant d'entreprendre toute mesure visant à protéger la vie de la population manitobaine.

Un système de santé à bout de souffle

L'infirmière en chef de Soins communs Manitoba, Lanette Siragusa, a elle aussi témoigné cette semaine. Elle a déclaré à la cour que la COVID-19 n'avait pas détruit les hôpitaux du Manitoba, mais que les effets à long terme ne sont pas encore connus. Lors du contre-interrogatoire, Lanette Siragusa s'est opposée à l'idée que le système de santé du Manitoba aurait pu prendre en charge plus de patients que le nombre de personnes qui ont été soignées pendant la deuxième vague de la pandémie.

L'épidémiologiste en chef de la santé publique du Manitoba, Carla Loeppky, a déclaré jeudi que les hôpitaux de la province avaient atteint le maximum de leur capacité d'accueil.

Des données obtenues jeudi par CBC/Radio-Canada semblent indiquer que le nombre de patients atteints de la COVID-19 dans les unités de soins intensifs du Manitoba pourrait, d'ici la fin du long week-end de mai, dépasser le pic de la deuxième vague. D’après les prévisions, ce nombre pourrait encore doubler avant l'été. Actuellement, près de 1000 décès sont attribuables à la COVID-19 au Manitoba.

L'audience, qui doit durer neuf jours, est présidée par le juge en chef, Glenn Joyal.

Selon les informations d'Ian Froese

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