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Une députée néo-écossaise démissionne, les libéraux perdent leur majorité

Margaret Miller répond aux journalistes après une session parlementaire.

La députée de East Hants, en Nouvelle-Écosse, Margaret Miller, a annoncé sa démission vendredi.

Photo : CBC / Robert Short

Radio-Canada

La députée de la circonscription de East Hants, Margaret Miller, a annoncé sa démission vendredi. Cette annonce fait suite à un courriel envoyé plus tôt cette semaine à la cheffe de cabinet de Iain Rankin faisant état d’allégations de comportements inappropriés de la part d’un employé haut placé au bureau du premier ministre.

La députée a fait parvenir une lettre au président de l’Assemblée législative, Kevin Murphy, l’informant que sa démission prendra officiellement effet le 1er juin. Elle en a également informé ses électeurs par le biais d'une publication sur Facebook.

Elle a indiqué que sa situation familiale et « des événements récents » ont justifié sa décision.

Margaret Miller avait menacé de démissionner plus tôt cette semaine dans un courriel adressé à la cheffe de cabinet d'Iain Rankin, Joanne Macrae. Elle souhaitait ainsi protester contre l'embauche de Stephen Tobin, qui se serait montré irrespectueux et misogyne envers elle et d'autres députées.

Ce dernier, qui a déjà été directeur des communications au Parti libéral de la Nouvelle-Écosse, vient d’être nommé comme directeur des initiatives stratégiques au bureau du premier ministre.

Dans le courriel, elle indique sa déception dans le choix du premier ministre Iain Rankin.

Stephen m’a manqué de respect et j’ai été témoin de son comportement envers mes collègues féminines. De récompenser un tel comportement est quelque chose que je ne peux pas tolérer et je n’arrive pas à comprendre le processus par lequel il a été possible qu’un tel comportement misogyne puisse se produire, écrit-elle mardi dans un courriel obtenu par CBC.

Stephen Tobin nie catégoriquement les allégations.

Iain Rankin indique ne pas être au courant

Jeudi, Iain Rankin a indiqué avoir été informé de l'existence du courriel, mais de ne pas l’avoir lu.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse dit qu'il n'est pas au courant d'allégations de comportement inapproprié visant un membre de son personnel.

Stephen Tobin.

Stephen Tobin nie catégoriquement les allégations de comportement inapproprié qui pèsent contre lui.

Photo : CBC

Il a souligné n’avoir aucune tolérance pour les gens qui ne respectent pas les autres, mais qu’il n’avait pas eu d’indications que de tels agissements ont eu lieu.

La députée de l'opposition Karla MacFarlane a demandé à Iain Rankin de lancer une enquête et, entre-temps, de suspendre Stephen Tobin.

Contacté par CBC jeudi, Stephen Tobin a indiqué ne pas savoir à quels comportements Mme Miller fait référence. Il a ensuite refusé de commenter davantage les allégations avancées dans le courriel.

Une mauvaise excuse selon un politologue

Selon le politologue de l'Université du Cap-Breton Tom Urbaniak, les arguments de Iain Rankin tiennent peu la route.

La réponse du premier ministre n'était pas suffisante. Sa réponse n'était pas appropriée jusqu'à maintenant. Il a démontré une façon un peu maladroite d'agir dans une telle situation et il doit maintenant prendre au sérieux les allégations et les plaintes qui étaient partagées par la députée Miller, pense le spécialiste.

Ce dernier croit que le premier ministre a manqué de jugement et a démontré un manque d'expérience dans sa gestion du dossier jusqu'à présent.

Je pense qu'il devra maintenant dire "je prends les allégations au sérieux, je vais convoquer une enquête et je vais lancer un message à chaque membre de mon équipe qu'on doit agir de façon complètement professionnelle", estime M. Urbaniak.

Vers des élections?

Avec le départ de l’ancien premier ministre Stephen McNeil et la démission de la députée Margaret Miller, le gouvernement libéral perd son statut majoritaire à l’Assemblée législative.

Des élections pourraient donc être déclenchées cet été ou cet automne, avant une prochaine session parlementaire.

Selon Tom Urbaniak, le gouvernement libéral n'est toutefois pas en danger imminent, puisque Iain Rankin n'aura pas à faire face à un vote de confiance.

 Iain Rankin (à gauche), premier ministre de la Nouvelle-Écosse, et le Dr Robert Strang (à droite), médecin hygiéniste en chef de la province, le 4 mai 2021 à Halifax.

Iain Rankin (à gauche) affronte sa première crise politique depuis qu'il est devenu chef du Parti libéral en février.

Photo : Communications Nouvelle-Écosse

Les membres de l'opposition pourraient demander au président de l'Assemblée législative de convoquer l'assemblée, mais le président peut toujours dire non, pense le politologue.

La situation n’est pas idéale pour le premier ministre, puisque la province traverse sa plus importante vague de COVID-19 depuis le début de la pandémie. Jeudi, la Nouvelle-Écosse a annoncé la découverte de 182 nouveaux cas de la maladie.

Tom Urbaniak pense que les partis d'opposition pourraient profiter de la démission de Margaret Miller pour devenir plus incisifs envers le gouvernement.

Je prévois que les chefs des partis de l'opposition vont devenir un peu plus agressifs, un peu plus visibles au cours des prochaines quelques semaines parce qu'ils ont un certain pouvoir moral maintenant, un certain pouvoir politique, en disant que le premier ministre a perdu une certaine marge de manoeuvre d'agir comme un seul chef.

Avec les informations de CBC et d'Adrien Blanc

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