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Transformer le métal en œuvre d’art

Un homme dans un atelier de soudure.

Laval Bouchard dans son atelier de soudure.

Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau

Laval Bouchard donne une deuxième vie aux métaux que les citoyens de Massey, dans le Nord de l’Ontario, lui apportent. Le soudeur à la retraite transforme le tout en animal à quatre pattes, en fleur ou en train.

Je nettoie les cours, résume-t-il en s'époumonant de rire tout en pointant une montagne de barils en acier.

Et l'artiste ne manque pas de matière première. Les résidents de Massey ne cessent de lui proposer davantage de pièces en métal.

J’ai pas loin de 12 barils. J’en ai assez, tranche l'artiste.

C'est à partir de cette matière récupérée que l’imagination de l’homme de 75 ans prend forme.

J’ai ça dans le coco. Un artiste, c’est ça!

Une citation de :Laval Bouchard, sculpteur
Un croquis d'un esturgeon.

La planche à dessin de Laval Bouchard à l'origine de l'esturgeon. La sculpture sera installée prochainement à Sturgeon Falls.

Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau

Au fil des années, le sculpteur s’est spécialisé dans la construction de bisons, d'orignaux et de chevaux.

Un corps de cheval, ça prend deux drums [d’huile]. Ça se ressemble beaucoup, raconte-t-il comme si sculpter était tout naturel.

Des années de travail

L’ancien soudeur au moulin de pâte et papier d’Espanola a pourtant mis des heures à peaufiner son art. J’ai commencé par faire de petites sculptures pour des événements spéciaux ou pour les employés qui prenaient leur retraite [de l'usine].

Des projets qu’il complétait en rentrant à la maison dans son garage transformé en atelier de soudure. Laval Bouchard était passionné par son métier.

J’ai travaillé au moulin pendant 32 ans. On était 16 soudeurs à un moment donné, on dirait que c’était juste une job pour les autres. Moi, j’aimais ça.

Laval Bouchard fait ensuite sa marque de commerce avec des sculptures grandeur nature qu’il positionne devant sa maison.

Un samedi après-midi, un homme d'Hamilton a acheté toutes les œuvres placées devant la demeure de M. Bouchard pour les mettre sur son terrain de golf.

Le cœur du Franco-Ontarien a fait trois tours. Je n’en revenais pas, souffle-t-il encore ému par cet acheteur qui a été un véritable mécène pour lui.

Le terrain de la résidence familiale à Massey devient sa galerie d’art. Des citoyens d’un peu partout en Amérique du Nord s'arrêtent à son domicile, par pur hasard, alors qu’ils empruntent ce chemin pour se rendre sur l'île Manitoulin.

Son bison a trouvé preneur de cette façon. Une Américaine de Cincinnati. Elle me donne l’argent et me dit : “Pourrais-tu me l’amener?”, raconte-t-il. Il n’a pas pu dire non à cette demande.

Lui et sa femme en ont fait des voyages un peu partout afin de livrer des commandes à ses clients.

Ils disent tous que c’est moi qui ai mis Massey sur la map. J’ai du stuff dans les États-Unis et tout partout dans le Canada. Je suis bien connu à cause de ça, mais personne ne me reconnaît dans la rue.

Des œuvres marquantes signées Laval Bouchard

Dans le Nord de l’Ontario, deux de ses œuvres ont marqué l’imaginaire.

Sur l’autoroute 69, au nord de Parry Sound, son batteur attire les curieux depuis 2014.

La statuette est dédiée à la mémoire de Cole Howard. Le jeune homme allait célébrer son 20e anniversaire dans quelques mois lorsque la Honda Civic que conduisait sa copine a été impliquée dans une collision frontale avec trois voitures. L’accident a coûté la vie à sept adolescents.

Un drummeur en bordure de l'autoroute.

La statuette de Cole Howard est devenue un lieu de recueillement. Des citoyens lui ont même laissé une tuque, des colliers, un masque et des lunettes.

Photo : Pat Dubreuil

Le père du jeune Cole, Jimmy Howard, contacte alors Laval Bouchard afin de rendre hommage à son fils qui joue dans un groupe de métal.

Jimmy savait que je faisais ça, les sculptures. Il travaillait avec moi dans les machines à papier. M. Howard est venu me voir pour faire une œuvre en sa mémoire, se souvient le sculpteur.

Laval Bouchard est aujourd’hui ému de voir autant de monde s’arrêter devant cette sculpture.

Un train.

L'une des pièces favorites de Laval Bouchard se trouve à Blind River.

Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau

La sculpture la plus marquante de l'artiste est son train qui se trouve à Blind River.

Ça m’a pris trois mois à faire. J’étais malade pour celle-là, je travaillais au moulin en plus et j’en avais assez. Je voulais toujours travailler là-dessus, je ne voulais pas [mettre le projet de la locomotive] sur pause. Ma femme m’aidait et on l’a peinturé, se remémore-t-il.

Un projet qui, sans l'ombre d'un doute, est celui dont Laval Bouchard est le plus fier.

Avec les informations d'Ezra Belotte-Cousineau

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