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Les restrictions ne bafouent pas le droit de religion, selon des chefs religieux

Une vingtaine de personnes rassemblées devant un bâtiment. Cinq personnes se tiennent devant les autres avec un micro. Des manifestants brandissent des affiches ainsi que des croix.

Une manifestation contre les restrictions sanitaires s'est tenue devant le palais de justice de Winnipeg lundi, première journée d'audiences dans la cause de sept églises manitobaines qui contestent les mesures de la santé publique.

Photo :  CBC / Cameron MacIntosh

Radio-Canada

Alors que la Cour du Banc de la Reine du Manitoba entend cette semaine la cause de sept églises manitobaines qui contestent les ordonnances sanitaires, plusieurs leaders religieux se dissocient de ces églises et disent ne pas voir les choses du même oeil.

J’ai entendu beaucoup d’autres chrétiens dire que cela ne nous représente pas au Manitoba, et dans le sud du Manitoba, indique Michael Pahl, ministre de culte de l’Église mennonite du Manitoba, une association regroupant plus de 30 congrégations.

Les églises qui sont en cour espèrent convaincre le juge que les restrictions sanitaires violent de manière injustifiable leurs libertés de conscience et de religion, d’expression et de réunion pacifique garanties par la Charte canadienne des droits et libertés.

Depuis le début de la pandémie, les autorités de santé publique manitobaines ont interdit ou limité les rassemblements à l’intérieur, dont les rassemblements religieux.

Respecter les restrictions pour aimer son prochain

Bien que les rassemblements soient une composante essentielle de plusieurs confessions, dont le christianisme, les fidèles chrétiens sont appelés à faire attention aux autres, fait valoir Michael Pahl.

Quand nous devons prendre la décision d’annuler notre service en présentiel afin de mieux aimer notre prochain, à mon sens, la décision est facile à prendre, ajoute-t-il.

Michael Pahl.

Michael Pahl, ministre de culte de l’Église mennonite du Manitoba, dit qu'il ne sent pas que ses droits religieux sont bafoués par les restrictions sanitaires.

Photo : Gracieuseté de Michael Pahl

Selon lui, les chrétiens peuvent faire valoir leur liberté de foi en montrant de la compassion pour ceux qui souffrent et pour les plus vulnérables. Cette attention apportée aux autres passe par le respect des restrictions sanitaires et des interdictions de rassemblement, par le port du masque ou la vaccination, explique-t-il.

Michael Pahl ajoute qu’il est frustrant de voir de tels groupes religieux utiliser la foi, et le christianisme en particulier, pour justifier leurs actions.

Des motivations politiques?

Erik Parker, pasteur de l'Église luthérienne Sherwood Park, à Winnipeg, dit éprouver de la compassion pour ces regroupements religieux et comprendre leur sentiment de deuil face à l’interdiction de regroupement, tout en s’inscrivant en faux contre leurs arguments.

Personne n’a dit que nous ne pouvions pas croire en ce que nous croyons, que nous ne pouvions pas être des personnes de foi, affirme-t-il, en insistant sur la valeur du sacrifice pour le bien de la communauté .

Erik Parker.

Le révérend Erik Parker, de l'Église luthérienne Sherwood Park, croit que les motivations des églises en cour sont plus politiques que religieuses.

Photo : Gracieuseté d'Erik Parker

Par ailleurs, il se questionne sur les motivations de ces contestations judiciaires, qu’il croit davantage liées à des enjeux politiques qu’à la liberté de religion.

Il espère que les membres de son église et les autres chrétiens ne seront pas associés à cette petite, mais bruyante, minorité.

Protéger la société

Bien qu’il n’aime pas critiquer ce que font les autres, particulièrement les groupes religieux, Kliel Rose, le rabbin de la Congrégation Etz Chayim, se demande lui aussi ce qui pousse ces églises devant les tribunaux.

Si le gouvernement n’a pas le droit de s’immiscer dans la vie religieuse d’un individu, il a l’obligation fondamentale de protéger la société, fait-il valoir.

Et si cela signifie d’éviter de se rassembler dans des espaces clos [...] je ne suis pas certain de comprendre pourquoi nous ne suivrions pas ces directives, ajoute-t-il, se disant perplexe.

À l'instar d'Erik Parker, il comprend néanmoins les frustrations générées par les restrictions, s’inquiétant lui-même du bien-être affectif et spirituel de ses fidèles.

Comme la majorité de mes fidèles, j’aspire à revenir à des rassemblements en personne, explique-t-il.

Il rappelle que les leaders religieux font tout ce qu’ils peuvent pour atteindre et réunir les gens, par la vidéoconférence, des groupes d’étude ou les réseaux sociaux.

Je suis bien conscient de la solitude et de l’isolement qui résultent de la pandémie, dit-il, mais je ne crois pas que cela l’emporte sur les mesures de protection sur le plan médical.

Les regroupements religieux qui ont saisi la justice sont les suivants : Gateway Bible Baptist Church, Pembina Valley Baptist Church, Redeeming Grace Bible Church, Grace Convenant Church, Slavic Baptist Church, Christian Church of Morden et Bible Baptist Church. Un diacre, Thomas Rempel, Ross MacKay, de Winnipeg, ainsi que Tobias Tissen, le pasteur de l’église Church of God Restoration, près de Steinbach, se joignent aussi à la cause.

À plusieurs reprises, Tobias Tissen et son église ont reçu des amendes pour avoir contrevenu aux ordonnances de la santé publique du Manitoba.

Avec les informations de Holly Caruk

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