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Témoignage : 14 ans à combattre des tumeurs au cerveau

Mai est le mois de la sensibilisation aux tumeurs cérébrales. À Moncton, une jeune femme se bat contre ce cancer depuis 14 ans, aidée de son « armée », d'un côté par désir de survie, de l'autre pour faire avancer la recherche médicale.

Un egoportrait de Rachelle Leger en hiver.

Rachelle Leger se bat contre des tumeurs au cerveau depuis l'âge de 23 ans. Elle est aujourd'hui âgée de 37 ans.

Photo : Gracieuseté de Joanne Doiron

Marie-Ève Brassard

La vie de Rachelle Leger a basculé alors qu’elle n’avait que 23 ans. Diagnostic : une tumeur cancéreuse au cerveau alors qu’elle était déjà maman d’un jeune garçon de 7 ans.

Aujourd’hui, soutenue par son entourage qu’elle appelle son « armée », elle mène son dernier combat contre une quatrième tumeur au cerveau.

Déjà lors de son premier diagnostic, Rachelle Leger a adopté l’attitude qu'elle affiche toujours aujourd'hui. Elle l’a pris comme elle allait se battre pis le cancer allait jamais la prendre, se remémore sa mère, Bernice Leger, entre rires et larmes, malgré le pronostic assez sombre avancé par les professionnels de la santé qui ne lui donnaient que quelques années à vivre.

Rachelle subit alors sa première de trois opérations au cerveau. Bien que les médecins aient réussi à retirer toute la masse cancéreuse, la jeune femme se met à faire des crises d'épilepsie fréquente, ce qui l'empêche de travailler depuis cette époque.

Le désir de vivre

La maladie n’enlèvera toutefois pas à Rachelle sa joie de vivre. Dans les années qui suivront, Rachelle se soumettra au plus de traitements possible pour tenter d’enrayer la maladie.

De ce nombre, 30 cures de chimiothérapie ainsi que 30 traitements de radiothérapie, soit le nombre maximal recommandé par les médecins dans une vie.

Rachelle Leger et sa famille à l'extérieur.

De gauche à droite: James Leger (fils ), Rachelle Leger, Frank Leger (père), Bernice Leger (mère) et Lisa Leger (soeur).

Photo : Gracieuseté de Joanne Doiron

Elle subira aussi des traitements expérimentaux, afin de mettre toutes les chances de son côté, mais aussi pour faire avancer la recherche, comme en témoigne sa mère : Elle a dit si ça travaillait pas pour elle, ça travaillerait pour tous les autres [...] elle a été jusqu’au bout [...] et elle a dit : "je l’ai fait pour les autres, pour qu’ils aillent jusqu’au bout".

Sans oublier ses deux autres opérations au cerveau pour tenter de déloger une deuxième, puis une troisième tumeur.

Tout ça, elle le fait aux côtés de son armée : sa famille et ses amis.

Rachelle Leger et ses amies avec un chandail portant l'inscription "le cancer a choisi la mauvaise diva", en anglais.

Rachelle Leger et une partie de son « armée ».

Photo : Gracieuseté de Joanne Doiron

D’ailleurs, si elle a défié plusieurs pronostics au fil des ans, c’est grâce à son entourage, selon Bernice Leger.

Elle avait tous ses amis. Ils l’ont suivie avec moi et ils m’ont aidée moi aussi. Tous les étés au chalet, c’était sa place, se remémore-t-elle. À toutes les visites au docteur [les médecins] disaient : "Rachelle, ce que tu fais, continue à le faire", raconte fièrement sa mère.

Joanne Doiron, amie avec Rachelle depuis le tendre âge de 14 ans, souligne aussi le positivisme de sa complice.

Comme amis, on était tous là [...] On faisait sûr de célébrer. Elle aimait assez célébrer, témoigne Mme Doiron. Une chose que Rachelle souvent aimait, c’était juste de pas parler de son cancer, elle voulait savoir comment [on allait]. Elle voulait vivre la vie normale.

Les médias sociaux de Rachelle en sont la preuve. Ils sont parsemés de photos qui la montrent entourée d’êtres chers, profitant de la vie.

Rachelle est tellement courageuse. Elle ne lâche pas. Elle inspire toute le monde autour d’elle et elle ne le réalise pas. C’est comment elle est, comme personne.

Une citation de :Joanne Doiron, amie d'enfance de Rachelle

Et c’est également cette armée qui a amassé environ 35 000 $ au fil des années par l’entremise de diverses levées de fonds, selon Joanne Doiron, afin d'appuyer financièrement Rachelle et son garçon, et pour soutenir la recherche.

Mai : le mois de la sensibilisation aux tumeurs cérébrales

En mars 2020, Rachelle est passée sous le bistouri pour une troisième fois. En raison de la COVID-19, elle a dû passer plusieurs mois seule à l’hôpital à faire de la réadaptation, comme l’explique sa mère.

Il n’y avait personne pour aller la voir, personne pour lui tenir la main déplore-t-elle. Elle a tout fait ça toute seule : de la physio, réapprendre à marcher. Elle était juste faible.

Malheureusement, en raison de l’emplacement de sa troisième tumeur, les médecins n’ont pas réussi à la retirer complètement.

Une quatrième tumeur, celle-là plus agressive encore que les précédentes, a aussi été découverte dans le cerveau de Rachelle dans les mois suivants.

En avril dernier, les choses se sont détériorées rapidement. Après une grave crise d’épilepsie, la jeune femme a dû être hospitalisée, après quoi les médecins lui ont permis de rentrer chez elle afin d’y passer ses derniers jours.

Son entourage souhaitait lui rendre hommage avant son départ, mais aussi poursuivre la mission que s’est donnée Rachelle en ce mois de sensibilisation aux tumeurs cérébrales.

Jusqu’à ce que les docteurs ont dit qu’elle n’était plus capable de prendre de traitements, elle en prenait. [...] Elle était toujours la personne qui levait la main pour essayer des nouveaux traitements pour aider la cause, souligne son amie Joanne Doiron.

Les tumeurs cérébrales au Canada

Selon la Fondation canadienne des tumeurs cérébrales, environ 55 000 Canadiens vivent avec ce type de pathologie et en moyenne, on découvre des tumeurs chez 27 personnes par jour au pays.

En moyenne, les patients doivent se rendre à 52 reprises à l'hôpital la première année, toujours selon la Fondation.

Bernice Leger désire exprimer sa gratitude à tous ceux et celles qui ont partagé la vie de sa fille. C’était un petit village, décrit-elle, en parlant du réseau de Rachelle.

Joanne Doiron et Bernice Leger souhaitent toutes deux que le message de courage et d’espoir véhiculé par Rachelle se rende à toutes les personnes atteintes d’une tumeur au cerveau, mais aussi à leur entourage.

Une chose est certaine : le départ de Rachelle Leger laissera un grand vide parmi les siens.

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